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Passes clés, régression offensive, fautes, etc, retour sur la dernière saison de Meunier au PSG

Publié le dimanche 5 juillet 2020 à 20:25 par Thibaut Brossard
Nous concluons notre revue d’effectifs des latéraux parisiens par celui qui fut le titulaire du poste à droite, Thomas Meunier. Comme pour ses trois coéquipiers, cet article s’appuiera sur les statistiques pour décrire les points positifs et négatifs de sa saison en Ligue 1.

Après Juan Bernat, Colin Dagba et Layvin Kurzawa, place au dernier latéral parisien ayant eu un réel rôle au cours de la saison, à savoir le Belge Thomas Meunier. Retour sur la quatrième et dernière saison du nouveau joueur de Dortmund sous les couleurs du PSG. De quoi avoir des regrets de le voir partir libre ?

On a aimé

Sa capacité à créer le danger offensivement

A lui seul, il a presque délivré la moitié des passes clés de tous les latéraux de l’effectif (19 sur 44). Pour rappel, une passe clé est une passe qui aboutit à un tir.

C’est même le 6ème total de passes clés de tout l’effectif, à égalité avec Sarabia. A la moyenne par match, il est juste derrière Verratti, à la 5ème place ! Une sacrée performance.

Il a délivré une passe avant un tir dans 10 des 16 matches qu’il a disputés en championnat, avec deux pointes à 4 : à Bordeaux et à St Etienne, deux parties où il fut d’ailleurs excellent dans son couloir droit. Sur un match, seuls Di Maria (8), Mbappé (6) et Neymar (5) ont fait mieux en terme de passes clés. Excusez du peu.

Cette moyenne de 1.2 par match (ou de 1.4 par 90 minutes) constitue d’ailleurs ses records depuis qu’il est à Paris, signe qu’il était en jambes et/ou que le plan de jeu parisien lui permettait souvent d’avoir le champ libre à droite pour servir un coéquipier pour une frappe.

Un petit bémol cependant : ses 19 passes clés n’ont généré que 2.7 expected assists. Cela signifie que chaque passe clé délivrée par Meunier n’avait que 14 % de chances de se transformer en passe décisive. C’est assez faible comparativement à Bernat notamment (24 %) ou Kurzawa (23%) ou même à la moyenne de l’équipe (17 %).

Son aptitude à jouer long 

Meunier est le latéral qui utilise le plus cette arme souvent délaissée au PSG : 3.8 passes longues tentées/90 minutes, et plutôt avec succès (69.8 %)

Parmi les latéraux, seul Kehrer a un meilleur taux de réussite que lui (81 %) mais sur un plus faible volume (13/16). Il en réussit en moyenne autant que Di Maria (2.7/90 minutes), ce qui le situe au 7ème rang de l’effectif parisien (1er Paredes avec 6.5).

Il s’agit de ses meilleures performances en carrière en Ligue 1, que ce soit en terme de taux de réussite ou de tentatives. La progression par rapport à la saison dernière est même flagrante puisqu’il en tentait seulement 2.6 à 57 % de réussite.

Sa régularité est aussi à souligner puisqu’on ne relève que deux rencontres où il n’a pas tenté ni réussi la moindre passe longue. Il est même allé jusqu’à en tenter sept au cours d’un même match (à Bordeaux et à Nice). A titre de comparaison, son pendant côté gauche Juan Bernat, a disputé 13 matches sur 18 sans passe longue réussie et n’a jamais dépassé les trois tentatives au cours d’un match.

Son surprenant répondant dans les duels, notamment aériens

Une stat qui peut surprendre : le Belge est le latéral avec le pourcentage de duels gagnés le plus haut (52 %).

Le nombre de duels disputés est néanmoins plutôt faible (7.7/90 minutes). Cela s’explique d’une part par la propension des équipes adverses à attaquer davantage le côté gauche de la défense parisienne où Neymar défend peu et où Kurzawa et Bernat ne sont pas réputés pour leurs capacités défensives ; et d’autre part par le fait que sur son côté droit Meunier se retrouve souvent à la fin des actions, une fois le décalage déjà fait, avec par conséquent pas ou peu d’adversaires à éliminer.  On ne recense ainsi que trois rencontres de championnat avec plus de dix duels joués, dont un parfait 11/11 face à Monaco.

Parmi ces duels, les duels aériens ont fait partie cette saison des points forts du grand Belge (1.90 m) puisqu’il en a remportés 61 %, soit le taux le plus haut des latéraux.

Qu’il montre qu’il savait tacler

C’est le latéral qui a le mieux taclé puisqu’il a réussi 73 % de ses tentatives.

Pas réputé pour son jeu défensif, Meunier n’a pas à rougir de ses statistiques en matière de tacles sur l’exercice 2019-2020. Il tacle à bon escient près de 3 fois sur 4, ce qui est mieux que ses confrères du poste. Dans tout l’effectif du PSG, seuls les défenseurs centraux Thiago Silva (90 %), Kimpembe (85 %) et Diallo (77 %), ainsi que le surprenant Choupo-Moting (75 %) font mieux que lui.

Beaucoup de bonnes surprises à la lecture des stats de la saison de Thomas Meunier, en particulier dans le domaine défensif (duels, tacles). Voyons maintenant les aspects plus négatifs de sa saison. 

On a moins aimé :

Il s’agit de sa moins bonne saison depuis qu’il est à Paris

L’évaluation produite par le site spécialisé Whoscored est clairement en baisse chaque année depuis son arrivée dans la capitale française.  Il avait commencé très fort lors de sa première saison (2016-2017) mais son niveau de jeu ne cesse de décliner depuis, y compris cette saison, selon cet algorithme basé sur les statistiques.

Son inefficacité face au but adverse

Pour la première fois depuis son arrivée au PSG, il n’a marqué aucun but en championnat.

Pourtant huit fois buteur en Ligue 1 depuis son arrivée au PSG en 2016, Meunier n’a pas trouvé le chemin des filets cette saison en championnat. Il a en revanche marqué en Ligue des Champions face au Real Madrid (sur un service d’un autre latéral, Bernat en l’occurrence).

Ce sont clairement ses moins bonnes stats en Ligue 1 depuis son arrivée. Ses deux passes décisives (pour Mbappé face à Lyon et Di Maria à Nice) constituent aussi sa moins bonne performance depuis son arrivée dans la capitale française.

Il perd trop de ballons 

Meunier est crédité de 13.4 ballons perdus toutes les 90 minutes. C’est le maximum pour un latéral du PSG. C’est même le 5ème total de l’ensemble de l’effectif du PSG. Un soir de janvier à Lille, il en a même perdu presque autant que Neymar (19 contre 22) !

Son manque de justesse technique

Son taux de passes réussies est seulement de 85 % : c’est de loin le plus faible taux des latéraux et cela le situe plutôt dans les mêmes eaux qu’Icardi ou Cavani, c’est-à-dire tout en bas de la hiérarchie parisienne en terme de réussite aux passes.

Il a même réalisé quatre matches sous les 80 % de réussite, dont une rencontre à 12 passes ratées (sur 56) à Nice.

Il est en outre coutumier du fait puisque cela correspond à sa moyenne sous les couleurs parisiennes en Ligue 1.

Son incapacité à provoquer des fautes adverses

Il a subi seulement 2 fautes sur toute la saison de Ligue 1 !

Il est le joueur de champ ayant disputé plus d’un match qui en a subies le moins, à égalité avec Cavani.

Les Amiénois Mendoza et Aleesami auront donc été les seuls à faire faute sur Meunier cette saison en Ligue 1, le 21 décembre 2019 (victoire 4-1) puisque le Belge a subi ses deux uniques fautes lors du même match.

Il n’a jamais été un grand provocateur et sa réputation de « Cafu belge » est donc bien usurpée, comme le montre son historique de fautes subies depuis qu’il porte le maillot parisien.

Les chiffres sont très bas avec un maximum de sept fautes provoquées sur une saison (en 2016-17) et une tendance clairement à la baisse jusqu’à ce « paranormal » 0.1 faute subie toutes les 90 minutes de la saison écoulée.

Une dernière année décevante

Saison décevante au final pour Thomas Meunier : ses stats défensives témoignent de sa bonne volonté, mais celui qui s’était fait le spécialiste de buts et de passes décisives lors de ses premières saisons a montré ses limites dans le secteur offensif cette saison alors que l’organisation parisienne lui offrait pourtant beaucoup de liberté.  

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.
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