Article 

Duels, interceptions, dribbles, etc, la saison 2019/2020 de Kurzawa passée au crible

Publié le samedi 4 juillet 2020 à 20:11 par Thibaut Brossard
Troisième latéral étudié au cours de notre revue d’effectifs des joueurs parisiens, Layvin Kurzawa. Si l’on n’a toujours pas retrouvé le Kurzawa de Monaco, il a au moins stoppé l’hémorragie qui le voyait afficher un niveau de performance déclinant saison après saison depuis son arrivée au PSG. Retour en chiffres l’exercice 2019-2020 du latéral gauche parisien.

Après Juan Bernat et Colin Dagba, retour sur la saison de Layvin Kurzawa sous les couleurs parisiennes. Le latéral gauche de 27 ans a-t-il mérité la très inattendue prolongation de contrat de quatre ans qu'il a récemment signée ? Voici quelques éléments de réponse.

On a aimé : 

Son niveau de jeu général

Avec 6.78 d’évaluation selon le site spécialisé Whoscored, il stoppe enfin l’hémorragie après trois saisons consécutives de baisse depuis son arrivée au PSG.

Un niveau technique enfin digne du PSG

Avec 90.8 %, il affiche son plus haut taux de réussite aux passes de sa carrière. Cela tombe bien puisque c’est aussi la saison avec le plus haut plus volume de passes effectuées !

Il a dépassé les 90 % de réussite aux passes lors de la moitié des rencontres de Ligue 1 disputées (soit 7/14), dont un coquet 97 % à Nantes (68/70).

Il se situe donc désormais dans les mêmes eaux en termes de réussite aux passes que les autres latéraux. Mais il se distingue par une prise de risque plus importante puisque son taux de passes vers l’avant est bien plus important : 32 % contre 21 % en moyenne pour Meunier-Bernat-Dagba (source : PSG.fr).

Cela témoigne bien de sa volonté d’aller de l’avant et c’est un gros point positif qu’il ait pu, cette saison, concilier cette exigence avec un haut niveau de maîtrise technique.

Le meilleur intercepteur de l’équipe !

Avec 1.9 interceptions toutes les 90 minutes, il est le meilleur Parisien dans cet exercice en Ligue 1.

Il en a réalisé 18 en 14 matches et 856 minutes. Il devance Gueye et Paredes. A son actif notamment quatre matches avec 3 interceptions.

Pas réputé pour son aptitude à résister au duel, Kurzawa se distingue défensivement par son flair et sa capacité à « sentir les coups » en interceptant les passes adverses. Cela a été plutôt profitable sur la saison puisqu’il est le leader parisien mais c’est évidemment une stratégie à risque car elle implique souvent d’anticiper et de se jeter, quitte à se faire éliminer définitivement si l’attaquant s’est montré plus malin…

Sa capacité à tirer au but

C’est lui qui frappe le plus au but parmi les latéraux : 0.6/90 minutes, soit 6 tirs en tout en Ligue 1.

Le nombre de tirs peut faire sourire mais ils ont le mérite d’exister. En outre, 4 de ses 6 tirs ont été pris au cours d’un même match : face à Montpellier, début février, pour un but en fin de rencontre.  Et, chose surprenante, 4 de ses 6 tirs ont été effectués de la tête, l'un des points forts du joueur.

On a moins aimé

Son manque d’impact face au but adverse

Il n’a délivré aucune passe décisive : c’est la première fois en carrière depuis sa saison « rookie ».

En 14 matches de championnat (et 3 de Champions League), Kurzawa n’a distribué aucune passe décisive. Parmi les latéraux, c’est aussi le cas de Dagba et Kehrer. Le hic, c’est que, pour sa part, c’est la première fois de sa carrière (hormis sa toute première saison à 5 matches à 18 ans à Monaco) que cela lui arrive…

Pour un joueur réputé talentueux offensivement, c’est évidemment une déception. Et ce n’est pas forcément de la faute de ses coéquipiers de l’attaque puisque le modèle des expected goals ne le crédite que de 0.46 expected assists.

Pour sauver l’honneur, il a marqué un but (face à Montpellier, début février). Sinon, sa saison serait complètement vierge pour la première fois.

Kurzawa n’a par ailleurs réalisé que 2 passes clés en 14 matches. C’est sa pire saison en la matière. La comparaison avec ses années monégasques est édifiante (57 en 2 saisons).

Parmi les joueurs de champ à plus d’un match joué cette saison, seuls Kimpembe (1 passe clé) et Thiago Silva (0) ont fait moins bien que lui.

Il paye là ses propres limites (centres ratés) bien sûr, son manque de complicité avec Neymar également, mais aussi la construction des attaques parisiennes qui avait souvent pour origine le côté gauche mais dont la finalité était de se sortir de ce côté à forte densité pour conclure dans l’axe ou côté droit.

Ses échecs répétés dans le dribble

C’est le seul joueur de tout l’effectif (avec Icardi) à avoir raté plus de dribbles (12) qu’il n’en a réussis (8) en Ligue 1 cette saison ! C’est la première fois que cela lui arrive dans sa carrière.

Alors que sa moyenne en carrière en Ligue 1 jusque-là était de 58 %, il n’a réussi que 40 % de ses dribbles cette saison. Surtout, ce taux de succès décline saison après saison depuis 2016 où il était à 70 %, un taux tout à fait excellent.

Alors qu’il en a tenté au moins un lors de 11 des 14 matches disputés, il n’a réussi au moins un dribble que lors de sept matches de championnat et son record sur un match est seulement de 2 (à Monaco). Sa plus grande contre-performance ? A Brest avec 1 seul dribble réussi pour 4 tentatives.

Son incapacité à résister aux nombreux duels proposés

Il est le 3ème joueur de l’effectif à disputer le plus de duels (ramenés à 90 minutes), mais avec un taux de réussite plus que douteux (43 %)

Avec Neymar et Gueye, il complète en effet le podium des joueurs le plus souvent au duel de l’effectif. Avec cependant une grosse différence par rapport à ses deux coéquipiers : il en perd plus d’un sur deux !

Cela s’explique principalement par la propension des équipes adverses à cibler le côté gauche parisien pour attaquer. D’une part parce que le latéral gauche est souvent abandonné par Neymar dans ce couloir, et d’autre part parce que la résistance aux duels défensifs n’est pas la qualité première de Kurzawa. Ce ciblage semble justifié puisque Kurzawa affiche l’un des plus mauvais taux de réussite dans les duels de l’effectif parisien (42.6 %).

On a notamment en mémoire les difficultés qu’il a éprouvées à Nantes face à Blas et Abeid, avec seulement 5 duels remportés sur 15 et 4 fautes commises.

Les nombreuses fautes commises 

Il est le 3ème joueur de tout l’effectif parisien en termes de fautes commises (2.1/90 minutes).

Kurzawa figure juste derrière Draxler et Paredes aux nombres de fautes rapportées à 90 minutes (20 en 856 minutes de jeu). C’est le défenseur le plus haut de ce classement et les autres latéraux sont assez loin derrière : Dagba 1.8, Meunier 1.4, Bernat 1.1 et Kehrer 1.1.

Avec 4 cartons jaunes récoltés, il est également parmi les Parisiens les plus sanctionnés, mais Bernat, 5 fois sanctionné, fait encore moins bien que lui. Avec ces 4 avertissements, il égale, malgré une saison tronquée, son record de la saison passée.  On recense seulement 4 matches sur 14 sans faute commise, avec un maximum à 4 fautes face à Reims et Montpellier et à Nantes.

Ce nombre important de fautes provient de ses limites dans le duel mais est aussi la contrepartie de sa manière risquée de défendre et de ses tentatives d’interception : quand celle-ci est manquée, il n’a souvent d’autre choix que d’accrocher son adversaire de manière illicite, parfois de manière grossière.

En carrière, c’est sa deuxième saison la plus haute après la saison dernière (2.5 fautes/90 minutes).

Il faisait donc moins de fautes en début de carrière à Monaco que depuis qu’il joue au PSG, notamment ces trois derniers exercices sous les couleurs Rouge et Bleu.

Un bilan mi-figue mi-raisin

Bien sûr tout n’est pas à jeter dans la saison de Kurzawa. On peut positiver en mettant en avant ses efforts défensifs symbolisés par ses stats d’interception ou sa volonté de jouer vers l’avant. Mais la production offensive, qui permettait parfois de relativiser ses lacunes défensives, est vraiment trop pauvre cette saison. Et pourtant...

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.
Joueur(s) lié(s) 


News 

Aujourd'hui

mercredi 12 août

mardi 11 août

lundi 10 août

dimanche 09 août

samedi 08 août

vendredi 07 août

jeudi 06 août

 

Soutenez-nous 
Réseaux sociaux