En marge de l'ouverture d'une boutique éphémère du PSG à Londres, le directeur général Victoriano Melero a expliqué la stratégie de développement du club et son ambition de concurrencer des marques internationales comme Ferrari ou les Lakers.
Plus qu'un club de football. Depuis plusieurs années maintenant, le PSG a décidé de développer son image à l'international en s'associant à des marques de renommée internationale comme Jordan, ainsi qu'à des artistes du monde entier venus du monde de la musique, de la mode et de l'art.
Une ambition autant qu'une obligation pour un PSG qui vise le milliard d'euros de revenus d'ici cinq ans après avoir généré 837 millions d'euros de recettes la saison passée selon la dernière étude du cabinet d'experts financiers Deloitte.
Une étude qui place le PSG à la 4e place des clubs les plus puissants financièrement sur la saison passée derrière le Bayern Munich (860,6 M€), le FC Barcelone (974,8 M€) et le Real Madrid (1,16 milliard d'euros), mais devant Liverpool, Manchester City, Arsenal et Manchester United par exemple.
Un chiffre d'affaires qui s'explique par la folle saison sportive 2024/2025 du PSG, mais aussi par ses excellents revenus commerciaux. Directeur général du PSG, Victoriano Melero a expliqué cette semaine au Daily Telegraph la stratégie du club en matière justement de développement de son image de marque en marge du lancement d'une boutique éphémère "lifestyle" à Londres.
Le PSG veut devenir le 2e club des Anglais
Conscient qu'il ne pourra jamais devenir le club numéro un d'un jeune supporter anglais, le PSG l'ambition assumée de devenir son club étranger favori. Pour cela, il ne suffit pas de soulever la Champions League et d'avoir des stars dans son effectif, même si cela aide forcément. « Ils nous voient jouer à la télévision, en Ligue des Champions, et nous voulons transformer une marque qu’ils aiment en une marque pour la vie. En faisant jouer les enfants au football avec le Paris Saint-Germain, ils deviendront nos supporters pour toujours », explique ainsi Melero, en référence aux 1500 enfants qui jouent dans les académies du PSG en Angleterre et au Pays de Galles.
Mais pour devenir une marque tendance auprès des jeunes anglais et du monde entier, le PSG se sert aussi et surtout de la culture et de ses collaborations avec des artistes reconnus pour attirer de nouveaux supporters. Quitte à se couper de ses fans historiques, avant tout attirer pour le football ? Pour Melero, c'est un faux débat, pour au moins deux raisons.
La première est plutôt spirituelle et liée à l'histoire du PSG : « Si l'on se penche sur l'histoire du club, on constate qu'il a été créé par le couturier Daniel Hechter et Jean-Paul Belmondo en 1970, explique-t-il au Daily Telegraph. Dès les débuts du club, la mode et l'art étaient donc présents, avec un acteur de cinéma à l'époque. »
La seconde raison est davantage commerciale. Pour exister au très haut niveau et espérer rivaliser avec ses concurrents européens, le PSG ne peut plus se contenter de n'être qu'un simple club de football, surtout avec un stade plus petit que celui de ses concurrents et qui ne lui appartient pas, et avec des droits TV nationaux ridicules par rapport à ses voisins européens.
Lakers, Yankees, Ferrari, les inspirations du PSG pour sa marque
« Sur le terrain, nous sommes en concurrence avec des équipes comme la Juventus et Manchester United, et sur le marché des marques, nous sommes en concurrence avec, par exemple, les Lakers de Los Angeles », confie Melero avant de prendre une autre image : « Quand on voit la casquette des Yankees de New York, tout le monde pense qu'elle vient de New York, mais en fait non, elle vient de l'équipe (des Yankees). Sur ce point, c'est certain, nous sommes en concurrence avec eux. Mais j'irais même jusqu'à dire qu'actuellement, nous sommes en concurrence avec une marque comme Ferrari. »
Pour Melero, « Ferrari est un bon exemple. C'est bien sûr un constructeur automobile, puis une écurie de Formule 1, et enfin la marque Ferrari. Très peu de gens peuvent s'offrir une Ferrari, mais ils développent tout un marché de produits dérivés autour de la marque. C'est aussi une source d'inspiration pour nous. »
Et quand on lui demande s'il n'y a pas un risque que la marque glamour voulue par le club soit trop en décalage avec la réalité d'un supporter de football lambda, Melero répond : « Je ne le crois pas vraiment. Pour reprendre l'exemple de Ferrari, on ne cesse pas d'être fan parce que la voiture coûte un million d'euros. »