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Centres, tacles, dribbles, etc, le bilan chiffré de Juan Bernat

Publié le dimanche 28 juin 2020 à 19:34 par Thibaut Brossard
La saison de Ligue 1 étant terminée, le bilan individuel des joueurs de la saison peut être réalisé, au moins sur les performances en championnat. Nous débutons cette revue d’effectif des joueurs du Paris SG par les latéraux, à commencer par Juan Bernat.

Pour chaque joueur analysé, l’article sera tout simplement divisé en deux parties, les aspects positifs de la saison d’une part, et négatifs d’autre part. Les statistiques concernent la Ligue 1 et sont majoritairement issues du site spécialisé Whoscored.

On a aimé : 

Son niveau général qui en fait le meilleur latéral du PSG cette saison

C’est le latéral du PSG avec le meilleur rating de la saison en Ligue 1 (7.05 selon Whoscored), mais c’est, comme l’an passé, en Champions League qu’on relève ses meilleures performances (2 passes décisives face au Real, buteur face à Dortmund). En championnat, ses meilleurs matches, à l’évaluation, sont face à Amiens (passeur décisif pour Icardi) et à Lyon en septembre. 

Ses 4 passes décisives : 5ème meilleure performance de tout l’effectif parisien

Il est le latéral le plus décisif du PSG en Ligue 1 et même le 5ème joueur de tout l’effectif, à égalité avec Draxler, en terme d’assists. 

Il avait d’ailleurs commencé la saison sur les chapeaux de roue avec deux passes décisives lors de ses trois premiers matches : pour Mbappé face à Nîmes lors de la journée inaugurale sur un parfait centre en retrait, avant de réaliser le quasi copier-coller pour Choupo-Moting quinze jours plus tard face à Toulouse. Il faudra ensuite attendre l’hiver et deux rencontres face au même adversaire (Amiens) pour qu’il soit de nouveau décisif : avec à chaque fois un bon centre au 2ème poteau pour Icardi en fin de match tout d’abord juste avant Noël, puis en février. 

Ce nombre de passes décisives est légèrement supérieur aux passes décisives attendues par le modèle des expected goals qui le crédite de 3.39 expected assists (source : understat.com). Il a donc légèrement bénéficié du réalisme offensif de ses attaquants. 

Il s’agit de sa saison la plus prolifique depuis le début de sa carrière en championnat puisqu’il n’avait jamais fait mieux que deux passes décisives en championnat jusque-là.

En outre, à ces 4 passes décisives en championnat, il faut ajouter les 2 autres en Champions League, ainsi que, bien sûr, son but face à Dortmund. Bref, encore un bilan, toutes compétitions confondues, très positif face au but adverse pour l’Espagnol. 

Son volume de jeu, en forte augmentation

Il est passé de 71 ballons touchés toutes les 90 minutes à 88, soit une progression de 24 %. Son nombre de passes effectuées connaît également une hausse sensible (de 50.9 à 64.4), sans que son taux de réussite ne s’en ressente (de 90.8 % à 91 %).

Jamais dans sa carrière, il n’avait connu un tel volume de jeu. Il retrouve des stats proches, même légèrement supérieures, à celles de sa saison 2015-16 avec le Bayern de Guardiola. La forte activité côté gauche parisien (41 % des attaques en sont issues) tout au long de la saison contribue logiquement à lui faire grossir ce type d’indicateur statistique. 

Qu’il réussisse à lui seul plus de dribbles que tous les autres latéraux du PSG

Il a en effet réussi 28 dribbles en championnat contre seulement 26 pour les quatre autres latéraux étudiés ici (Dagba, Kehrer, Kurzawa et Meunier). 

Malgré la présence dans l’effectif global du PSG de quelques beaux manieurs de ballons, Bernat s’en sort très bien au moment de comparer ses stats à celles de ses coéquipiers. Il est en effet le 4ème joueur du groupe parisien qui tente le plus de dribbles (2.7 toutes les 90 minutes) et avec une réussite meilleure que ceux qui en tentent plus que lui (68 % contre 61 % pour Neymar par exemple) !

Pas de performance à la Neymar avec plus de 10 dribbles tentés quand on regarde le détail de ses matches mais une certaine régularité dans le nombre de tentatives et de réussites (seulement 2 rencontres sans le moindre dribble). Et l’impression qui se dégage, c’est que ce sont quasiment tout le temps des dribbles utiles, pour repartir proprement de derrière, sans prise de risque inconsidérée non plus. 

C’est le latéral parisien qui provoque le plus de fautes 

Il provoque en effet en moyenne 1 faute toutes les 90 minutes. 

A lui seul, Bernat a provoqué sur la saison de Ligue 1 plus de fautes que les quatre autres latéraux du PSG analysés ici : 16 contre 15. L’écart avec Meunier, même si l’Espagnol a eu un temps de jeu plus important (146 minutes de plus) est quand même saisissant (16 à 2) et vient encore confirmer que le début des actions parisiennes avait souvent lieu côté gauche, avec donc des duels à disputer et potentiellement des fautes, pour se conclure idéalement à droite, mais avec moins d’adversité. 

Son record sur un match ? 5, face à des Montpelliérains décidemment bien nerveux contre le côté gauche parisien. 

 

Comme on vient de le voir, il y a beaucoup de choses positives à retenir de la saison de Juan Bernat, même en se concentrant uniquement comme on l’a fait sur la Ligue 1. Il fut d’ailleurs logiquement le latéral le plus utilisé par Thomas Tuchel. Pourtant, tout ne fut évidemment pas rose. Penchons-nous donc maintenant sur les aspects plus négatifs de sa saison.  

On a moins aimé :

La « qualité » de ses centres

Selon les stats de Whoscored, il n’a réussi que quatre centres sur toute la saison de Ligue 1… Sur 24 tentatives, soit un taux de « succès » de 17 % qui en fait le plus mauvais centreur des latéraux cette saison au PSG. 

On peut tout autant retenir le déchet dans les centres puisque plus de 80 % des centres ne trouvent pas preneur, que le très faible nombre de centres tentés : Whoscored en recense 24 sur toute la saison de Ligue 1. Soit 1.3 par match. Dans une équipe qui monopolise autant le ballon et dont le jeu penche autant à gauche, c’est très peu (il était à 1.7 l’an passé). 

Entre le 27 janvier (match face à Rennes) et le 17 mars (au Parce face à Marseille), il a disputé sept matches avec seulement 2 centres tentés en tout et pour tout !

Son jeu long défaillant 

Il ne réalise en effet qu’1.3 passe longue toutes les 90 minutes à seulement 40 % de réussite. 

 

Comme le montre le graphique ci-dessus, c’est l’un des « cancres » de l’effectif parisien en terme de jeu long puisqu’il cumule faible nombre de tentatives et taux de réussite calamiteux. Il a réussi en Ligue 1 seulement 8 passes longues (en 18 matches joués) ! Parmi les latéraux, seul Kurzawa fait encore pire que lui.

Il a d’ailleurs disputé plus de parties sans passe longue réussi qu’avec (13 sur 18) et n’a jamais dépassé les trois tentatives au cours d’un match.

Pour un joueur de sa justesse technique, on s’attendait à plus et mieux. Hormis ses tout débuts à Valence, ce sont ses plus bas niveaux en carrière en terme de passes longues réussies. 

Ses duels aériens 

Il n’a gagné que 9 des 37 duels aériens disputés. Sa relative petite taille (il est annoncé à 1.77 m sur le site du club) n’aide évidemment pas.

Son gabarit léger peut également être mis en avant pour expliquer son faible taux de succès global dans les duels (48 %). 

Sa faible réussite dans ses tacles

Les statistiques de l’Espagnol sont contrastées en terme de tacles : il a une grosse activité, en partie due au fait que les adversaires le ciblent beaucoup (on fera le même constat pour Kurzawa), mais avec une faible réussite, très faible même pour un défenseur. 

On voit sur le graphique qu’il tacle autant que Gueye par exemple, mais avec un bien moins bon taux de réussite (58 % contre 72 %). Alors que tous les défenseurs sont sur la partie gauche du graphe, avec des ratios compris entre 66 % et 90 %, lui figure sur la partie droite avec un taux de 58 %, davantage digne des attaquants de l’équipe. 

Paradoxalement, c’est la saison où il a le plus faible taux de succès dans cet exercice, qu’il utilise le plus cette arme.

Alors qu’il n’avait jamais dépassé les 3.2 tacles par 90 minutes avant de signer en France, il vient de signer deux saisons à 3.5 puis 4.7 tacles ! Il est clairement plus ciblé et sollicité en France qu’il ne l’était en Allemagne. Il montre, ou confirme, ainsi malheureusement ses limites dans le duel défensif. 

Ses 5 cartons jaunes qui en font le 3ème joueur le plus averti de l’effectif

Malgré un nombre de fautes réduit (17 sur toute la saison, soit 1.1 par 90 minutes), il a reçu 5 cartons jaunes, ce qui en fait le 3ème Parisien le plus averti après Kimpembe et Verratti (6 chacun).

Par conséquent, son faible nombre de fautes commises (17) associé à son total de cartons jaunes (5) en font un des joueurs les plus avertis rapportés au nombre de fautes (courbe bleue dans le graphique ci-dessus). Il reçoit en effet un carton jaune toutes les 3.4 fautes ! La moyenne de l’équipe est de 6.7. Ses collègues latéraux Meunier et Kurzawa, malgré un nombre fautes commises supérieur, ont reçu moins de cartons. Seuls Kimpembe (2.7) et Bakker (1) ont un ratio cartons jaunes/fautes commises encore moins favorable. 

On relèvera enfin pour l’anecdote que les deux matches où il fut aligné au milieu de terrain par Thomas Tuchel (à Dijon et contre Reims) ont correspondu à deux des trois défaites de la saison en championnat du PSG. 

Une bonne saison de latéral dans un poste sinistré

Voilà pour ce tour d’horizon de la saison de Ligue 1 de Juan Bernat vue des stats. On peut donc retenir en synthèse qu’il fut le meilleur latéral parisien grâce à sa capacité à être décisif, son volume de jeu et sa maîtrise technique. Il a néanmoins pêché dans les centres, les duels défensifs, et le jeu long. Cela en dit quand même beaucoup sur l’état des forces en présence au poste de latéral au PSG…     

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.
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