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Luis Enrique avant PSG/OM : « Un match d'une importance vitale »

Publié le samedi 7 février 2026 à 23:57 par Fouzia
Avant un PSG/OM qui va avoir un sérieux impact au classement pour les deux équipes, Luis Enrique n'a pas tenté de minimiser l'importance de la partie, bien au contraire. Il a aussi évoqué quelques cas individuels, comme ceux de Dembélé et Dro.
Avant un PSG/OM qui va avoir un sérieux impact au classement pour les deux équipes, Luis Enrique n'a pas tenté de minimiser l'importance de la partie, bien au contraire. Il a aussi évoqué quelques cas individuels, comme ceux de Dembélé et Dro.

Cette saison dans les deux matchs contre Marseille, les expected goals offensifs de Marseille ont été supérieurs aux vôtres. Est-ce que ce sont les circonstances ou y a-t-il quelque chose dans le jeu de l’OM qui vous gêne ? 

« Ce qu’on peut juger, c’est que l’OM a une très bonne équipe avec beaucoup de joueurs de qualité individuelle top, avec un très bon entraîneur et avec une idée de jeu prônant l’attaque. C’est une chose, un truc que j’aime. En ce sens là, c’est une équipe pareille à la nôtre dans cette mentalité de jouer l’attaque. Ça signifie que ce sera difficile comme ça l’a été lors des derniers matchs contre eux. Mais je pense que nous avons la capacité de nous améliorer encore (davantage). Et demain, nous savons l’importance du match. C’est un match particulier, différent de ceux que nous jouons normalement. Et on sait clairement l’importance de ce match pour nos supporters. »

Justement vous parliez d’amélioration. Nous arrivons dans les moments décisifs. Il y a l’OM ; après il y a la ligue des champions. C’est le moment où se joue la saison. Que faudrait-il encore améliorer ? Est-ce que votre équipe est exactement comme vous voulez ou y a-t-il encore des choses à transformer, à améliorer ?

« C’est impossible d’être comme le veulent les entraîneurs parce que nous voulons gagner tous les matchs, nous voulons que tous les joueurs soient à 100 % à tous les matchs. Mais c’est impossible. Pendant cette saison, nous avons connu différentes circonstances. Je pense qu’on a bien fait le boulot et on est premiers du championnat, clairement à côté de Lens. Et en Ligue des Champions, ça commence [maintenant]. Ce que nous pouvons encore améliorer, c’est d’être plus précis, plus efficaces. Mais ce sont des choses que tous les entraîneurs veulent, et que toutes les équipes veulent aussi. »

On sait que ce match est particulier pour vous, pour les supporters particulièrement. On a connu par le passé beaucoup d’ambiance qui peut laisser place parfois à des chants considérés comme déplacés ou haineux. La Ligue est de plus en plus intransigeante sur ces questions, avec la possibilité même d’interrompre le match. Est-ce que c’est une chose que vous redoutez et avez-vous un message à faire passer aux supporters ? 

« Chaque fois qu’on joue ce type de matchs, - et je me rappelle le match qu’on a joué à Marseille - c’est une ambiance différente. Ce type de matchs, c’est la même chose qu’on aura demain au Parc des Princes parce que l’ambiance est incroyable. C’est une ambiance de football. Ce que j’aimerais, c’est de ne pas avoir de violence, d’aucun type. Nous chercherons à jouer un très bon match offensif - avec la tension parce que c’est la différence dans ce type de matchs - de profiter du match, de la façon dont joue le Paris-Saint-Germain. Profiter de ce match, c’est ce que j’aimerais voir. Et bien sûr, l’ambiance, c’est important pour nous. L’ambiance de soutien à l’équipe et j’espère voir la même chose qu’à tous les autres clásicos (en espagnol dans le texte). »

Ousmane Dembélé alterne le bon et le moins bon depuis quelques temps. Comment jugez-vous son évolution récente et l’attendez-vous au tournant demain au Parc des Princes, contre le grand rival marseillais ?

« Chaque fois qu’Ousmane Dembélé est à 100 %, il est très régulier »

« Je pense que chaque fois qu’Ousmane est à 100 %, il est très régulier. Très. Le problème, c’est qu’il a eu des blessures au cours de cette saison. Et je pense qu’on a bien géré le sujet des blessures, en cherchant à ne pas prendre de risques. Mais parfois, il y a le calendrier, parfois la fatigue… Mais chaque fois qu’Ousmane a été dans les conditions pour jouer titulaire, il a très bien joué. Il montre qu’il est un joueur différent. Et pour nous, c’est très important. Nous sommes contents quand nous pouvons profiter de lui. »

On a beaucoup parlé ici depuis le début de la saison des qualités de Lucas Chevalier et de Renato Marin aussi. Est-ce que vous pouvez nous dire ce qu’apporte Matveï Safonov au quotidien dans la vie du groupe ? Et quel bilan faites-vous de son évolution alors que cet été, ça fera deux ans qu’il est arrivé au PSG ?

« Pour faire un bilan, je pense qu’il vaut mieux attendre la fin de la saison et parler de chaque joueur. En tout cas, je ne sais pas. Je suis très content d’avoir les trois gardiens que j’ai dans l’équipe, avec leurs qualités. Et je suis en confiance parce qu’ils sont différents, mais qu’en même temps, ils ont montré qu’ils étaient prêts à aider l’équipe. Et c’est ça le plus important pour moi. »

Qu’avez-vous précisément retenu comme leçons du match aller perdu au Vélodrome et du Trophée des Champions gagné aux tirs au but face à Marseille ? Et qu’est-ce qui vous sera utile demain face à Marseille au Parc des Princes ?

« Bah ça dépend... Si on analyse les deux matchs, ils ont été différents parce qu’ils ont beaucoup plus joué lors du match du Trophées des Champions mais je me rappelle qu’ils ont moins joué lors du match à Marseille, ils ont joué plus long. Mais la qualité individuelle et ce qu’il cherche à faire à chaque match est très similaire à ce que nous voulons. Et en ce sens là, je pense que ce sera un match ouvert, un match très difficile. Ils sont dans une position en championnat très compliquée : ils sont à neuf points derrière nous. Peut-être que pour eux, ça pourrait être un peu plus difficile. Nous chercherons à gagner ce match pour continuer à être premiers. Mais ce sera un match difficile compte tenu de la qualité individuelle et collective de l'OM. Nous le savons parce que nous les avons joués récemment. »

Demain, cela fera deux semaines que Dro Fernandez est un joueur du PSG ;  il vit donc sa deuxième semaine au club. Comment jugez-vous son intégration aujourd'hui ? Il était sur le banc contre Strasbourg la semaine dernière ; est-ce qu’on se rapproche de sa première apparition sous le maillot du Paris-Saint-Germain ?

« Je suis très content de la mentalité de Dro, mais il n’y a pas de précipitation »

« Peut-être, je ne sais pas. Je ne sais pas qui va jouer. (Il sourit) Je le sais mais je ne veux pas le dire. Mais je ne sais pas qui va jouer, combien de temps… Ce n’est pas important. Quand on signe un joueur comme Dro, avec beaucoup de qualités et un profil différent des (autres) milieux que nous avons, on le signe non pas pour un match, deux matchs ou deux semaines, mais pour quatre ou cinq ans. C’est ce que nous voulons. A chaque fois qu’on signe un joueur, et spécialement s' il est jeune, il faut savoir que le temps de maturité est différent. Et ce que je dois faire en tant qu’entraîneur, c’est d’observer son évolution. Je suis très content de sa mentalité, mais il n’y a pas de précipitation. Quand je verrai qu’il est prêt et qu’il peut aider l’équipe avec sa qualité, bien sûr qu’il jouera et le plus tôt sera le mieux. Mais je ne peux pas vous dire quand. »

Ce matin, on a appris une très mauvaise nouvelle concernant Quentin Ndjantou, qui va subir une opération chirurgicale. Que pouvez-vous nous dire là-dessus et se dirige-t-on tout simplement vers une fin de saison ?

« Malheureusement, il a fait sa récupération mais ça ne s’est pas passé normalement et il a eu ce problème. Il est très jeune. C’est un problème pour l’équipe parce qu’il a beaucoup joué et j’aime sa capacité à jouer dans différentes positions. Et sa capacité, et sa qualité. C’est une très mauvaise nouvelle pour lui en premier lieu, mais pour l’équipe et pour moi dans un second temps. »

On a vu Achraf Hakimi revenir de la CAN avec un peu de difficultés. Il est suspendu pour le match contre Marseille. Est-ce qu’il a une préparation spécifique pour justement qu’il reprenne un peu physiquement le top de sa forme. Lui avez-vous préparé un programme spécifique pour revenir  pour les matchs importants de Ligue des champions et de championnat ?

« La première chose qu’il doit faire, c’est se reposer. C’est-à-dire tout le contraire de ce que tout le monde vit. Les congés. J’ai beaucoup d’expérience dans le football et pour un joueur qui a joué la CAN, qui a obtenu un résultat selon moi brillant et qui a beaucoup joué après une blessure très grave, ce dont il a besoin, c’est le repos, de se libérer la tête et de retrouver l’amour de jouer au football. C’est pour nous le plus important. Je ne sais pas vous dire le nombre de jours, mais il aura du repos parce que c’est important. Et bien sûr que Hakimi sera un joueur décisif pour nous. Et ce que nous voulons, c’est d’avoir tous les joueurs dans leur meilleure condition possible. »

Après sa victoire en Coupe d’Afrique des Nations, on a eu un Ibrahim Mbaye qui a brillé sur l’aile droite avec Pacho, et vous l’avez déjà utilisé sur les ailes. Selon vous, à quel poste offre-t-il son meilleur rendement et que pensez-vous de son évolution au Paris-Saint-Germain depuis que vous l’avez intégré chez les pros ?

« Les jeunes sont très sérieux lorsqu’ils ont la possibilité de travailler avec un entraîneur comme moi, ou un staff comme le nôtre, parce que nous donnons la confiance et la chance à un joueur de jouer, non pas quelques minutes ou un match, mais beaucoup de matchs. Et après ça, ces jeunes joueurs savent que nous sommes très exigeants avec eux. Je voudrais et je veux beaucoup plus de ces jeunes joueurs que nous avons dans l’équipe. Si tu as la confiance, tu dois donner plus. Et c’est ce que je cherche à trouver chez les joueurs. Ibrahim peut jouer partout : sur les côtés, dans l’axe… Il a même joué, il y a deux matchs, en tant que milieu. Il peut jouer partout, c’est ce que j’aime chez les joueurs. En ce sens là, je suis content, mais j’en attends plus. »

Comment faites-vous pour gérer l’intensité et ne pas tout envoyer d’un coup, que ce soit pour sur match ou sur la saison ? On sait que c’est en février/mars qu’il faut être au maximum, comment appuyer au bon moment pour faire très très mal ?

« Bah c’est facile... Utiliser les mots, c’est facile pour motiver. Mais ce qui est clair pour moi en tant qu’entraîneur, c’est de chercher à évaluer ou juger où nous en sommes, si nous pouvons nous améliorer, si on méritait davantage, ou si l’adversaire méritait plus. De faire une évaluation exacte et réaliste pour savoir où nous en sommes, dans quelle phase est l’équipe. Je cherche à être honnête avec les joueurs, avec l’équipe. Je me répète mais nous arrivons à cette étape où arrivent les moments importants, les mois importants de ces deux compétitions [L1 & LdC]. Et c’est le moment où nous devons encore donner plus. »

Hakimi semble jouer avec une usure mentale mais aussi physique. Je crois savoir qu’il joue avec des douleurs. Vous avez parlé de repos. Allez-vous faire comme la saison dernière et donner des semaines de vacances en décalé pour les joueurs : une fois avec Achraf, une fois un autre joueur qui joue beaucoup ? Ça avait semblé bien marcher la saison dernière…

« J’ai parlé avec lui pratiquement tous les jours. Et chaque fois qu’un joueur récupère d’une blessure grave, il doit toujours jouer avec des douleurs. Ce sont des douleurs, ce n’est pas la santé quand tu es professionnel à haut niveau. Il a joué avec l’équipe nationale avec des douleurs, il joue avec nous avec des douleurs. Comme tous les joueurs. Tous les joueurs professionnels doivent récupérer vite (de blessure) et au début de cette récupération, ils jouent avec des douleurs. C’est normal, c’est la vie, ce n’est pas la santé. Ce que je cherche à donner à mes joueurs, c’est ce que je pense qu’ils méritent. Ou ce dont ils ont besoin. Et dans ces cas-là, ça dépend des matchs (il fait le signe) d’avant. Ils aiment jouer au football et il faut être attentifs à ce dont ils ont besoin. Mais normalement, il ne s’agit pas de s’entraîner davantage ou de faire une pré-saison… C’est plus mental (il met ses index sur ses tempes). Il faut savoir gérer ça et ça dépend de chaque joueur, mais normalement, on est attentif à ça. »

Il y a quelques semaines Roberto De Zerbi déclarait qu’il ne comprenait pas foncièrement son équipe parce que lorsqu’il alignait beaucoup plus d’attaquants sur le terrain, il ne prenait pas beaucoup de buts et que lorsqu’il mettait beaucoup moins d’attaquant sur le terrain, il prenait plus de buts. Est-ce que vous avez une analyse là-dessus par rapport à demain et quel type de jeu pensez-vous qu’il adoptera demain face à vous ?

« C’est une question à poser à Monsieur de Zerbi, pas à moi. Mais ce à quoi je m’attends ? Son équipe est toujours une équipe qui aime avoir le ballon et qui a cette capacité à jouer en attaquant, et avec les joueurs qu’il a, des joueurs comme ça, c’est normal. Je me répète, mais j’aime les entraîneurs avec cette mentalité, parce que c’est une mentalité que j’aime avoir. Plus offensif, moins défensif, ça dépend de différentes choses. On cherche à contrôler les choses que nous pouvons contrôler, et je ne peux pas savoir ce qu’ils feront pendant le match. C’est important de pouvoir s’adapter à ce qu’ils font (habituellement) pour avoir au maximum le ballon. C’est un match très motivant pour nous. Et c’est un match d'une importance vitale. »

Toujours sur Roberto de Zerbi l'entraîneur. Vous l'avez très souvent défendu quand on vous interrogeait sur lui et sa philosophie de jeu. Il a pu être régulièrement remis en cause ces dernières semaines à Marseille justement comme en parlait mon confrère. Trouvez-vous qu'on est dur avec lui, qu'on a du mal à saisir cette mentalité de jeu qu'il essaye de mettre en place du côté de l'OM ?

« Non. Simplement, je cherche à faire le contraire de ce que les journalistes font. C'est facile (il sourit). Tu critiques De Zerbi, je le défends. Tu critiques un entraîneur, je le défends. C’est normal. Mais nous tous, entraîneurs - De Zerbi, moi et tous les entraîneurs de Ligue  et Ligue 2 - nous savons que quand nous gagnons, nous sommes incroyables et quand nous perdons, nous sommes catastrophiques. »


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