De la sortie médiatique de Dembélé à Rennes en passant par les conférences de presse de Luis Enrique et les célébrations de buts de Désiré Doué et Achraf Hakimi à Monaco, les derniers jours du PSG nous ont offert une séquence inattendue, entre nervosité et volonté de ne faire qu'un.
C'est un ressort bien connu dans le monde du football et une façon de manager et de communiquer chère à Luis Enrique depuis qu'il est entraîneur. Quand le bateau commence un peu à tanguer, quand les critiques commencent à s'accumuler, l'Espagnol aime se payer les médias et leur reprocher leur manque de sérieux ou de vision.
Une manière de souder son vestiaire et de dire en gros : « c'est nous contre eux ». Ce ne sont pourtant pas les médias qui ont étalé sur la place publique, vendredi dernier, le ressentiment d'Ousmane Dembélé, qui est allé tout seul comme un grand dire au micro de Ligue 1+ après la défaite à Rennes : « Je pense qu'on doit mettre plus d'envie. On doit surtout jouer pour le Paris Saint-Germain pour pouvoir gagner des matchs. Parce que si on joue tout seul sur le terrain, ça ne va pas aller. On ne va pas gagner les titres qu'on veut. La saison dernière, on a mis le club du Paris Saint-Germain devant avant de penser à soi-même. Et je pense qu'on doit retrouver ça. »
La sortie de Dembélé, un tournant ?
Qu'il visait quelqu'un en particulier ou tout le monde ne change finalement rien dans le fond. Il a décidé de le faire sur la place publique, plutôt que dans l'intimité du vestiaire, ce que lui a d'ailleurs reproché Luis Enrique entre les lignes quand il a dit en conférence de presse que les déclarations de joueurs après les matches n'avaient « aucune valeur » et qu'il ne permettrait à aucun joueur de se placer au-dessus de l'institution.
Ce ne sont pas non plus les médias, mais plutôt les observateurs et supporters sur les réseaux, qui ont nommé Désiré Doué comme le possible joueur visé par Dembélé. Quand Luis Enrique dit avant Monaco : « Autour du PSG, il y a toujours beaucoup de bruit. Il faut l'accepter. Voilà », il a évidemment raison, mais il ne peut pas non plus occulter que c'est sa réaction après Rennes, suite à la sortie de Dembélé, qui a quelque part déclenché la polémique en donnant l'impression qu'il recadrait sèchement son cadre et que tout le monde n'était pas sur la même longueur d'onde.
Le fait de voir Désiré Doué et Achraf Hakimi célébrer leurs buts à Monaco avec les mains sur les oreilles ou avec un geste qui voulait dire « Fermez-là » n'est pas une invention des médias non plus. Ce sont les joueurs qui ont réagi comme ça et on ne les blâme pas, ils ont le droit d'avoir été vexés et de ne pas avoir apprécié les critiques, quand bien même ces critiques étaient largement justifiées et méritées les concernant.
Un vestiaire soudé comme jamais face aux critiques ?
Point intéressant, l'entourage professionnel de Dembélé et Doué, qui ont le même agent, a pris soin de vite démentir l'idée selon laquelle il y aurait un problème d'ego entre les deux. On veut bien le croire. Selon RMC Sport, et c'est une information intéressante, les joueurs du PSG ont eu l'impression dernièrement « que certains observateurs essayaient de les monter les uns contre les autres » suite aux déclarations d'Ousmane Dembélé, qui « ne visaient aucun joueur en particulier. »
« Désormais, le vestiaire essaye de se souder en devenant hermétique aux critiques », ajoute la radio. On en revient à Luis Enrique. On ira pas jusqu'à dire qu'il savait très bien ce qu'il faisait après Rennes au moment de répondre assez sèchement aux déclarations de Dembélé, mais si cette séquence a permis au vestiaire de se souder sur l'air du « nous contre le monde », alors l'Espagnol aura encore visé juste. Un groupe se construit aussi dans l'adversité, la difficulté et la capacité à répondre sur le terrain aux critiques. Doué l'a brillamment fait mardi. Le PSG l'a brillamment fait en deuxième partie de saison dernière également.