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« Même en Youth League, le PSG est l'équipe à battre », l'entretien exclusif avec Jean-François Vulliez avant Bratislava

Publié le mardi 8 septembre 2026 à 23:23 par Ilies Peeters
Avant le match des pros ce mercredi soir au Parc des Princes, les U19 du PSG démarreront leur campagne de Youth League face au Slovan Bratislava au Campus de Poissy (14h30). Avant le lancement de la coupe d'Europe des moins de 19 ans, Jean-François Vulliez, entraîneur des Parisiens, nous a accordé un entretien exclusif.
Avant le match des pros ce mercredi soir au Parc des Princes, les U19 du PSG démarreront leur campagne de Youth League face au Slovan Bratislava au Campus  de Poissy (14h30). Avant le lancement de la coupe d'Europe des moins de 19 ans, Jean-François Vulliez, entraîneur des Parisiens, nous a accordé un entretien exclusif.

Jean-François Vulliez a accordé un long entretien à CulturePSG en CE début de semaine. Juste avant l'entrée en lice des U19 du Paris Saint-Germain en Youth League ce mercredi après-midi face au Slovan Bratislava, l'entraîneur de l'équipe Espoirs a évoqué cette nouvelle aventure, avec un groupe bien différent de celui de l'an passé, qui avait atteint les demi-finales de la compétition. Gestion des jeunes, passerelles avec les professionnels, méthodes de Luis Enrique ou encore surclassement : il détaille le fonctionnement et la philosophie du club.

L'entretien de Jean-François Vulliez

Pour commencer, comment se sont passées ces premières semaines de la saison, à la fois collectivement et pour vous ? Entre le mercato, les nombreux départs, les matches amicaux, le début du championnat U19 et les premiers rendez-vous des Espoirs, comment sentez-vous l’équipe ?

« Ça s’est bien passé. Avec une équipe Espoirs, on sait qu’on va avoir des mouvements, notamment au PSG, avec des joueurs qui montent avec l’équipe professionnelle. Notre objectif est de pouvoir entraîner les joueurs de la meilleure façon possible et de les faire progresser pendant cette préparation.

On savait que certains joueurs allaient revenir avec nous. Les matches de préparation servent donc à construire collectivement, avec les entraînements, pour préparer au mieux les rencontres de compétition. Des matches comme ceux contre Manchester City ou Monaco sont à la fois des matches de préparation et, dans notre approche, de vrais matches de compétition. Il faut les jouer comme tels, même si nous pouvons parfois répartir les temps de jeu afin que tous les joueurs soient ensuite dans les meilleures conditions pour performer. »

Les Espoirs ont battu Manchester City et Monaco en amicaux, tandis que les U19 ont également bien commencé leur championnat. À l’approche de la réception du Slovan Bratislava en Youth League, estimez-vous le groupe prêt ?

« Oui, nous sommes prêts. Certains joueurs ont démarré l'été avec les professionnels et sont ensuite revenus avec nous. Il leur a fallu un peu de temps pour retrouver les habitudes de l’équipe Espoirs. Les matches contre City et Monaco ont été de bons rendez-vous en termes de niveau et d’intensité. Nous avons ensuite pu enchaîner, notamment avec la Premier League International Cup, tandis que les U19 ont commencé leur championnat. Tous les joueurs ont pu accumuler du temps de jeu. Début septembre, je pense donc que nous avons atteint un niveau qui nous permet d’être compétitifs dans les différentes compétitions. »

Pour ces jeunes joueurs, la Youth League reste-t-elle une compétition à part ? Que représente-t-elle pour eux ?

« C’est un groupe qui naît et se construit spécifiquement pour la Youth League »

« Déjà, c’est un groupe qui naît et se construit spécifiquement pour la Youth League. J’ai le groupe Espoirs, avec des joueurs qui ne sont pas tous éligibles à cette compétition, et Thomas Leyssales a le groupe U19. Nous avons donc chacun une partie du futur groupe de Youth League. C’est un travail de coopération entre les deux staffs.

L’idée, deux jours avant le match, est de réunir le groupe et de le faire entrer au mieux dans la compétition, notamment sur le plan mental. C’est une compétition très médiatisée, très exposée, et tous les jeunes veulent la jouer. Il faut les préparer à cette exposition supplémentaire, aux personnes qui vont leur parler du match, à tout ce qui l’entoure. Notre rôle de managers est de les accompagner pour qu’ils soient performants, mais aussi pour qu’ils s’éclatent et prennent du plaisir dans ce qui reste la plus grande compétition européenne de jeunes.

C’est aussi un groupe qui va beaucoup évoluer. La saison dernière, parmi les onze joueurs qui avaient débuté contre l’Atalanta lors de la première journée, seuls quatre étaient encore titulaires en demi-finale. Il y aura des mouvements liés aux performances, aux blessures et aux événements d’une saison. Le message est donc simple : ce n’est ni le groupe Espoirs ni le groupe U19, c’est un groupe de Youth League qui se construit et qui va vivre une aventure ensemble. »

Justement, que retenez-vous du parcours de la saison dernière jusqu’à la demi-finale face au Real Madrid ? En quoi peut-il servir de modèle cette année ?

« Le premier élément important est que les joueurs, qu’ils appartiennent au groupe Espoirs ou au groupe U19, aient du temps de jeu de manière très régulière. L’entraînement est essentiel, mais un joueur progresse aussi et surtout grâce à la compétition.

« L’idée est d’écrire une histoire ensemble »

Ensuite, il faut créer une dynamique de groupe autour de cette compétition qui revient périodiquement, entre les compétitions nationales. À chaque fois, un nouveau groupe se réunit et vit une nouvelle étape. L’idée est d’écrire une histoire ensemble.

Nous allons ouvrir un premier chapitre contre Bratislava. Il peut y avoir onze chapitres si nous allons jusqu’à la finale. L’année dernière, nous en avons écrit dix. On utilise un peu cette analogie du livre, de l’odyssée : voyager ensemble, aller de terre en terre chercher la performance et gagner des matches.

Dans un premier temps, l’objectif est de se qualifier, de passer l’hiver et de retrouver la Youth League en février. On raconte donc cette histoire pour la Youth League, puis les joueurs retournent chacun dans leur groupe, où une autre histoire continue. C’est le fil rouge de notre dynamique. Comme dans une série, il faut avoir envie de revenir à l’épisode suivant. Mais ce sont les joueurs qui écrivent l’histoire. »

Vous insistez beaucoup sur le collectif. Les succès récents de l’équipe première et le management de Luis Enrique ont-ils une influence sur la formation et la post-formation ?

« Quand les adversaires affrontent le PSG, ils veulent battre le club qui a gagné la Coupe d’Europe »

« Bien sûr. D’abord en termes d’image : aujourd’hui, quand les adversaires affrontent le PSG, ils veulent battre le club qui a gagné la Coupe d’Europe. Même si nous jouons en Youth League, nous sommes le PSG et nous sommes une équipe à battre. Cela doit nous donner de la force, de la motivation et de la confiance.

Le management de Luis Enrique, la confiance qu’il donne à son groupe et l’importance qu’il accorde à l’esprit d’équipe doivent aussi se retrouver au niveau de l’Academy, pas seulement chez les Espoirs mais dans toutes les catégories, et notamment en Youth League.

Si l’on veut obtenir des résultats, il faut un alignement total entre ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce que l’on attend des joueurs. Dans les matches difficiles, la différence peut se faire parce que l’équipe est alignée en termes d’état d’esprit, de valeurs et de performance.

Ce n’est donc pas forcément le “meilleur joueur” qui va jouer. Évidemment, si le meilleur joueur a un très bon état d’esprit, travaille et performe, il jouera. Mais s’il ne s’entraîne pas bien ou s’il fait des bêtises à l’école ou dans le cadre éducatif du Campus, il ne jouera pas, parce qu’il n’est pas aligné avec l’esprit de l’équipe, du Campus et du PSG.

Les victoires de l’équipe professionnelle en Ligue des Champions facilitent notre travail parce que nous avons un modèle. Nous devons nous aligner sur ce modèle, avec la même exigence et la même détermination. »

Et les jeunes voient aussi que ce modèle fonctionne au plus haut niveau…

« Exactement. Quand vous managez une équipe, vous devez prendre des décisions à chaque match. La saison dernière, pendant notre parcours en Youth League, nous avons parfois décidé de ne pas convoquer de très bons joueurs parce qu’ils ne s’entraînaient pas suffisamment bien ou parce qu’il y avait des problèmes extrasportifs. Cela nous a réussi et cela doit faire partie de notre exigence.

Les jeunes connaissent les règles dès le départ. Il faut constamment valoriser le groupe, parce qu’il évolue tout le temps : un joueur sort, un autre arrive, mais la performance collective doit rester la même. Cela valorise le fait d’être au service du groupe et crée aussi une saine concurrence. Il n’y a aucune certitude d’être dans le onze ou même dans les vingt si l’on ne travaille pas.

« Il existe une forme de méritocratie liée aux performances avec les U19 ou les Espoirs »

Et même pour les plus jeunes qui sont internationaux, chacun doit faire ses preuves dans sa catégorie avant de venir jouer en Youth League. Être international U17 ou U18 ne donne pas automatiquement un droit à jouer cette compétition. Il existe une forme de méritocratie liée aux performances avec les U19 ou les Espoirs. »

Cette saison, la Youth League concerne principalement la génération 2008, avec la possibilité d’intégrer des joueurs nés en 2007 (NDLR : Ndjantou par exemple). Doit-on s’attendre à voir des 2007 dans votre équipe ?

« Nous avons le droit d’aligner jusqu’à trois joueurs nés en 2007 parmi les vingt joueurs d’une feuille de match. Si nous avons la possibilité de les utiliser, nous le ferons. L’idée est aussi d’avoir des joueurs qui possèdent un peu plus d’expérience pour encadrer les plus jeunes qui découvrent la compétition.

Il doit y avoir une forme de transmission. C’était notamment le cas la saison dernière avec Thomas Cordier, qui était né en 2006 et qui apportait son expérience. Nous pouvons reproduire ce modèle cette année, en fonction de nos besoins et de la disponibilité des joueurs : certains peuvent être blessés, d’autres avec les professionnels, etc. »

L’objectif immédiat est donc clairement de sortir de la phase de ligue et d’atteindre la phase finale ?

« Oui. Comme je vous l’ai dit, nous construisons un livre. L’idée est d’écrire les six premiers chapitres de cette phase de ligue, puis de pouvoir se dire qu’on va écrire la suite, du septième au onzième. Évidemment, tout le monde rêve dans un coin de sa tête de gagner la Youth League. Nous avons vécu une belle épopée la saison dernière, nous sommes le PSG, les joueurs ont de l’ambition et le staff également. Mais il faut d’abord passer ces six premiers matches face à des adversaires de qualité, prendre des points et aller chercher la qualification.

Le groupe progresse. Il a notamment réalisé un plutôt bon match à Crystal Palace (NDLR : en Premier League International Cup, défaite 2-1). J’espère que nous aurons un bon niveau mercredi et que nous pourrons gagner ce premier match. Ensuite, il y aura Villarreal et d’autres oppositions de très haut niveau.

« Ces matches doivent faire progresser les joueurs et les enrichir culturellement, en les confrontant à des cultures tactiques différentes »

Ces matches doivent faire progresser les joueurs et les enrichir culturellement, en les confrontant à des cultures tactiques différentes. Au-delà des résultats, la Youth League sert à vivre des expériences et à se développer. Grâce à cette compétition, beaucoup de joueurs ont trouvé des projets professionnels la saison dernière. Notre ambition reste évidemment de gagner et de nous qualifier, mais aussi de placer les joueurs dans le meilleur contexte psychologique et mental pour qu’ils performent et continuent à progresser. »

En tant qu’entraîneur des Espoirs et de cette équipe en Youth League, qu’est-ce qui vous rend le plus fier : le parcours jusqu’en demi-finale la saison dernière ou le fait de voir autant de joueurs avoir ensuite trouvé un projet professionnel ?

« Ma plus grande satisfaction, c’est d’avoir vécu une aventure avec ce groupe, de les avoir fait progresser et de les voir trouver des projets professionnels. Notre métier consiste notamment à accompagner cette dernière étape, qui n’est pas évidente : passer du football de jeunes au football adulte. Ce sont deux mondes complètement différents. La satisfaction est de voir les joueurs progresser, trouver un projet professionnel et pouvoir continuer leur développement dans d’autres clubs.

À 18, 19 ou 20 ans, on n’est pas encore forcément prêt. Le deuxième contrat professionnel est souvent le plus difficile à aller chercher. Les statistiques montrent qu’une partie seulement des joueurs signent ce deuxième contrat. Au PSG, nous avons évidemment de très bons joueurs et j’espère qu’ils pourront construire une vraie carrière. »


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