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Âme, Ramos, tirs au but, etc, 15 pensées rapides sur PSG/OM (2-2, 4-1 t.a.b.)
Alors que le PSG a arraché des mains de son rival de toujours un nouveau titre avec le Trophée des Champions 2025, retour sur ce PSG/OM au goût particulier en 15 pensées rapides.

- Il faut l'accepter et surtout l'apprécier, cette équipe du PSG a une âme très particulière, une âme qu'aucune autre équipe du club n'a jamais eue, avec un refus de la défaite digne des plus grandes formations de l'Histoire. Peu importe le scénario et l'adversité, elle parvient toujours à se mettre en position d'arracher quelque chose à la fin, même quand elle ne le mérite pas ou que tout semble aller contre elle. Lorsqu'est arrivé le moment des tirs au but quelques secondes seulement après l'égalisation, tout le monde, et particulièrement les joueurs marseillais, avaient déjà compris que Paris allait gagner.
- Si les ressources mentales sont immenses et la principale raison du succès ce jeudi, il faut en revanche s'inquiéter légèrement du niveau de jeu affiché en ce début d'année civile. La trêve a eu lieu et est censée avoir rechargé les batteries des joueurs, mais le contenu proposé ressemble tout de même énormément à ce que le PSG faisait déjà durant la première partie de saison, ce qui n'est pas très positif malgré les bons résultats d'ensemble. A un certain niveau, c'est l'aspect footballistique qui risque de coincer pour Paris.
- Alors qu'il était attendu que le PSG remette l'OM à sa place dans le jeu après avoir été vraiment très moyen au stade Vélodrome, c'est plutôt le contraire qui s'est produit. Évidemment, Paris a eu des séquences intéressantes et des temps forts mais dans l'ensemble, l'équipe de Luis Enrique est très loin d'avoir mis la tête sous l'eau à celle de Roberto De Zerbi, l'entraîneur parisien le reconnaissant d'ailleurs quand il l'avait nié au Vélodrome. Par rapport à ce que les deux équipes avaient prévu, l'OM s'en est probablement mieux sorti dans l'application de son plan de jeu que le PSG.
- Dans la tête des supporters de l'Olympique de Marseille, le coup franc de Cavani vient possiblement d'être remplacé par la reprise de volée de Gonçalo Ramos. Rendez-vous dans quelques années pour un autre moment iconique qui torturera les mémoires olympiennes et ravivera les plaies phocéennes.
- Le principal avantage d'avoir fait jouer ce match aussi loin réside possiblement dans la terrible pénibilité qu'a dû représenter le voyage de retour de l'Olympique de Marseille après une fin aussi cruelle.
- L'OM a, en schématisant, fait mal au PSG sur quatre types d'action assez précises : les corners offensifs qui avaient forcément été travaillés en amont vu le nombre d'occasions qu'ils ont générées, les sorties de balle en utilisant toute la largeur grâce au système tactique en 3-4-3 qui offrait des solutions au porteur même excentré, les passes axiales dans le dos des trois milieux de terrain parisiens et, enfin, le pressing haut bien exécuté et bien coordonné. Contrairement à ce que l'équipe phocéenne a pu proposer depuis une quinzaine d'années face au PSG, elle n'a jamais eu peur et a été très cohérente dans l'ensemble.
- Qu'il est pénible de jouer un jeudi, pourvu que le PSG ne regoûte jamais à l'Europa League ou ce genre de compétition jouée un peu trop tard dans la semaine ou un peu trop tôt avant le week-end.
- Le match de Lucas Chevalier est un paradoxe à lui seul. Le gardien français a été recruté pour son jeu au pied et sa capacité à mieux gérer l'espace devant lui que Donnarumma, ce sont pourtant deux domaines dans lesquels il a été déficient hier alors qu'il a été digne de l'Italien sur sa ligne et dans la séance des tirs au but. Maintenant qu'il semble avoir retrouvé un peu de confiance, Chevalier doit donc embrasser totalement tous les aspects demandés à un gardien de but du PSG, pas seulement briller sur sa ligne comme il a (enfin) su le faire ce jeudi. Mais qu'il parle moins quand même.
- Parmi les paradoxes parisiens figure en bonne place l'incroyable capacité des joueurs de Luis Enrique à triompher lors des séances de tirs au but, surtout que les tireurs en ratent très peu alors que Paris n'a pas converti un nombre conséquent de penaltys obtenus durant le temps réglementaire depuis maintenant plusieurs mois.
- On note d'ailleurs qu'une sorte de quintette apparaît côté tireurs parisiens au moment des séances de tir au but. Le trio portugais Vitinha / Mendes / Ramos, lorsque ce dernier joue, fait partie des tireurs certains, Doué n'est pas le dernier non plus à se présenter et Dembélé était probablement le cinquième tireur, ce qui est une nouveauté puisqu'il avait tiré avant Doué dans les séances précédentes. À moins que le Ballon d'Or n'ait ressenti un petit souci physique en fin de partie, ce qui expliquerait pourquoi il n'a pas été parmi les premiers tireurs alors qu'il est un habitué de l'exercice.
- Le second but du PSG est absolument formidable dans sa conception, avec le fait rare que le ballon ne touche pas le sol dans le camp marseillais de toute l'action, mais il faut également souligner la remise de la tête absolument exceptionnelle de Bradley Barcola qui est parvenu à se resituer par rapport au ballon dans les airs après une course pourtant intense puis réussi une déviation de la tête absolument parfaite pour l'incroyable Gonçalo Ramos. Il est logique de critiquer la défense marseillaise sur cette action tant les erreurs sont nombreuses mais le trio Vitinha - Barcola - Ramos a enchaîné trois gestes absolument parfaits à tour de rôle, ce qui explique aussi pourquoi cette action a fini au fond des filets.
- De par l'issue de la rencontre, le score, le scénario, le but inespéré de Ramos en toute fin de match, le match de Chevalier qui passe de fautif à héros, ce match PSG/OM a été une copie assez folle du PSG/Tottenham en Supercoupe d'Europe.
- Sur les 6 derniers titres qu'il a décrochés et à l'exception, forcément, de la Ligue 1, le PSG est passé par une séance de tirs au but à un moment de la compétition. Autrement dit, il a survécu à cette épreuve dans toutes les coupes qu'il a gagnées au cours des douze derniers mois. Il faut remonter au Trophée des Champions 2024 (remporté contre Monaco en janvier 2025) pour trouver une exception. Et ce jour-là, le PSG avait échappé à la séance de tirs au but de très peu puisque Dembélé avait marqué le but de la victoire à la 90e minute.
- Ce n'est pas lui faire offense que de dire que Gonçalo Ramos ne restera pas dans l'histoire des meilleurs 9 du PSG, son profil technique lui permettant difficilement d'être un intouchable du onze de départ. Mais son statut de meilleur remplaçant de l'histoire du club est déjà cimenté et tout bonnement intouchable.
- Non, PSG/OM ne sera jamais un match comme les autres et ce Trophée des Champions l'a bien rappelé.
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