Après la victoire à Monaco à l'issue d'un scénario fou, avec un début catastrophique et une fin joyeuse, c'est un Luis Enrique bien conscient d'avoir évité le pire qui s'est exprimé en conférence de presse. L'entraîneur n'a pas tenté de cacher les débuts ratés de son équipe mais il a aimé le rebond, symbolisé par Doué. Il a aussi évoqué le cas Dembélé, de nouveau blessé mais apte selon lui. Voici ses propos complets, retranscrits et traduits par nos soins.
Êtes-vous surpris par votre équipe ? Par le fait de remonter deux buts, de surmonter différents obstacles, avec le penalty raté et la blessure d'Ousmane Dembélé ? D'être surpris par les ressources mentales et l'aspect psychologique de votre équipe ?
« C'est difficile d'avoir confiance à 2-0. Ce sont des moments particuliers, spéciaux, difficiles à gérer »
« Normalement quand une équipe commence le match de cette manière, le plus logique, c'est de perdre le match et de continuer à être catastrophiques. Et je dois dire que c'est impossible d'avoir confiance quand on commence le match de cette manière. Parce que les deux premières fois que (les Monégasques) ont déjoué notre pressing, ils sont passés dans notre moitié de terrain et ils ont marqué les deux premiers buts. Ils ont réalisé deux très bonnes actions. Après, c'est difficile d'avoir confiance à 2-0. Ce sont des moments particuliers, spéciaux, difficiles à gérer.
Mais on a encore su réagir. Les joueurs ont montré leur niveau et leur aspect mental. En plus, on a raté un penalty alors que c'est un moment spécial pour reprendre confiance. Mais je dois dire que sur les six dernières fois où nous avons joué ici (à Monaco), c'est (seulement) la deuxième fois que nous gagnons. Ça montre la difficulté que cela représente de jouer ici. À la fin, je suis content du résultat, je suis content de ce que l'on a montré. C'est dommage qu'on n'ait pas marqué un but de plus parce qu'on a créé beaucoup d'occasions, [et plus] spécialement quand on a joué à 11 contre 10. »
Ce match a été marqué aussi par la blessure de Ousmane Dembélé. Ce n'est pas la première fois qu'il ressent des gênes, qu'il est titulaire et qu'il ressort… Est-ce qu'il y a une gestion particulière pour lui ? Pouvez-vous nous en dire plus parce que cela semble une situation un peu floue ?
« C'est le football, c'est normal. On cherche à gérer chaque joueur de manière individuelle. Nous connaissons clairement l'aspect difficile pour chaque joueur. Mais, c’est tout. »
N'avez-vous pas pris de risques ? Était-il apte à débuter?
« Aucun risque avec Dembélé, il s’est entraîné normalement »
« Aucun risque. Il s’est entraîné normalement. Il faut attendre demain après les examens pour savoir la nature exacte de la blessure, s’il y a une blessure ou s’il ne s'agit que d’un coup reçu. Après 15 minutes, il n’arrivait plus à courir. On a fait ce qu’on pouvait mais on cherche à gérer ça de la meilleure des manières. C'est vrai que dans le football de haut niveau, il y a les blessures et des joueurs plus habitués à ça [que d’autres] mais on sait gérer tout ça de la meilleure manière. »
On attendait beaucoup Désiré Doué sur cette rencontre. Il avait réalisé une prestation un peu compliquée à Rennes. Qu'avez-vous pensé de sa réaction et de sa performance avec deux buts et une passe décisive ?
« Ce que nous savons, c'est que nous sommes une équipe très jeune. L'année dernière, nous étions une équipe que personne ne s’attendait à voir gagner. Ce qui veut dire que la pression est [désormais] différente : tout le monde sait que nous pouvons gagner, contre n'importe quelle équipe. Et c'est une pression différente à gérer.
Je suis très content pour Désiré parce que la semaine dernière, tout le monde a critiqué Doué et les joueurs. Et ce soir, il a été sensationnel. Il a montré son caractère et sa personnalité de joueur. Il est très jeune mais il a une personnalité d'un niveau spécial. Je suis très content pour lui. Il a aidé l'équipe au meilleur des moments, et c'est très important pour nous. Mais nous restons une équipe très jeune. Nous aimons (qu’il y ait) cette attente (“pression”) d’une nouvelle victoire [en Ligue des Champions] et c'est ce que nous chercherons à faire jusqu'au dernier match. »
Défensivement, qu'avez-vous pensé du match de vos joueurs ? Vous parliez du début du match… Est-ce que vous n'étiez pas prêts ?
« A 2-0, normalement, c’est difficile à surmonter, très difficile »
« Je pense que nous sommes l'une des équipes, en championnat et en Ligue des Champions, qui défend le mieux. Il y a des statistiques qui peuvent le montrer. Mais comme d'habitude, le football est spécial, particulier. La première minute, tu vois l'action qu'ils ont menée : incroyable, très difficile à défendre. Et on commence le match de la pire des manières. Après, la deuxième fois qu'ils ont une occasion, ils marquent le but et tant mieux pour eux. Et après c'est un match tellement différent, qu'on a pu renverser mais que normalement… (il s’interrompt) . Je me répète mais normalement, c’est difficile à surmonter, très difficile.
Je voudrais en profiter et souligner à quel point nos supporters sont incroyables. Que ce soit comme joueur ou comme entraîneur, je n’ai jamais vu des supporters de ce niveau incroyable. Quand nous étions en train de perdre 2 à 0, je n’entendais que nos supporters, tout le temps. Tout le temps. Normalement les supporters d'une équipe qui perd 2 à 0 commencent à critiquer, à siffler. Au contraire, nos supporters sont là tout le temps, incroyables. Je veux leur dédier cette victoire. (En espagnol) Nous sommes infiniment reconnaissants envers nos supporters. (Il traduit la même phrase en français approximatif) On a un crédit infini auprès de nos supporters. »
Finalement n'avez-vous pas des regrets de ne repartir qu'avec un seul but d'avance au vu de la seconde période ?
« Ce n'est pas le pire évidemment, parce que le match a changé avec l'expulsion de Golovin. Après ça, on a eu beaucoup d'occasions parce qu'ils ont défendu en bloc bas. Mais c'est dommage pour nous de ne pas avoir marqué encore un but parce qu'on a eu des occasions très claires et qu’on aurait pu marquer. Mais quand on voit comment on a commencé le match, je suis content du résultat. Le match à Paris sera difficile, compliqué. Mais c’est une autre histoire, ce sera une autre histoire. »
À 2-0, qu'est-ce que vous vous dites ?
« Que je voudrais rentrer à la maison (rejoindre) ma femme et mes enfants. C’est très facile… »