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Un Pochettino au coaching bien différent en L1 et en C1

Publié le samedi 23 octobre 2021 à 20:15 par Philippe Goguet
Alors qu'il est possible de faire cinq changements (et même six en cas de commotion) par match, l'entraîneur du PSG Mauricio Pochettino n'est pas vraiment un grand utilisateur des règles post-Covid : non seulement il fait peu de changements, mais il les fait en plus tardivement. Tout du moins en L1, le coach argentin se montrant bien plus réactif en C1.

Cinq changements rarement utilisés au PSG

En sortant Lionel Messi à un quart d'heure de la fin de PSG/Lyon en septembre dernier (2-1), Mauricio Pochettino a probablement fait le remplacement le plus médiatique de la saison, la sortie du sextuple Ballon d'Or étant commentée par toute la planète alors qu'elle sera finalement justifiée par un souci médical. Mais si sa décision a été très discutée, le coach argentin n'est pourtant pas vraiment un fan des changements en général, et ce alors que les règlements lui permettent pourtant d'en faire cinq par match depuis le Covid-19, et même six depuis peu en cas de commotion cérébrale suspectée.

En Ligue 1, le coach du PSG est parmi ceux qui utilisent le moins cette possibilité de changer jusqu'à cinq joueurs. Sur les dix premiers matches et malgré l'un des effectifs les plus imposants du championnat de France, Pochettino n'a fait ses cinq changements qu'à trois reprises. Seuls trois coaches en ont fait moins (Gourvennec avec Lille, Pélissier avec Lorient et Antonetti avec Metz) avec deux matches seulement. A l'opposé, Petkovic de Bordeaux a utilisé ses cinq remplacements à chaque fois et Kovac de Monaco comme Puel de Saint-Etienne neuf fois sur dix.

Un coach qui tarde à faire le premier changement

Si Pochettino n'aime donc pas bousculer son équipe en cours de match, il n'est pas non plus très prompt à le faire puisque, comme l'a compilé L'Équipe, l'entraîneur argentin change en moyenne son premier joueur à la 71e minute seulement ! C'est le seul de L1 à attendre les 20 derniers minutes d'un match pour procéder à son premier remplacement, Pélissier le faisant quant à lui à la 68e et Puel dès la... 47e minute. Avec un premier changement aussi tardif, il n'est donc pas vraiment surprenant que le coach parisien (et le lorientais Pélissier dont le profil se rapproche le plus sur ce point) n'utilise donc pas très souvent cinq remplaçants.

L'entraîneur parisien compense toutefois cette absence de remplacements pendant le match par des changements entre les deux matchs. Aucun coach de l'élite ne change autant son onze de départ d'une rencontre à l'autre avec 4.33 titulaires qui changent d'une partie à l'autre. Seul Kovac, quant à lui très prompt à changer en cours de match, arrive également au-dessus de la barre des quatre titulaires qui tournent (4.11 changements d'un match à l'autre).

Un Pochettino bien plus réactif en Champions League

Si ces chiffres en Ligue 1 décrivent un entraîneur frileux dans son coaching en cours de match, le coach argentin adopte une toute autre approche en Champions League, comme les trois premiers matchs de la saison ont pu le prouver. A Bruges, Pochettino n'a pas hésité à sortir deux joueurs dès la pause (Wijnaldum et Paredes) tandis que le troisième remplacement (Mbappé) a eu lieu dès la 51e minute avec la sortie de Mbappé. Son dernier changement, Mendes pour Diallo, sera plus conventionnel puisqu'ayant lieu à la 75e minute. Surtout, deux des changements à Bruges ont eu lieu sur blessure (Wijnaldum et Mbappé), ce qui fausse forcément l'analyse.

Le dernier match contre Leipzig offre en revanche un bel aperçu de coaching précoce encore jamais vu en L1. Dès l'heure de jeu et alors que son équipe était menée 2-1, Pochettino n'a pas hésité à faire deux changements, avec Wijnaldum et Danilo remplaçant Herrera et Gueye, afin de bousculer son schéma tactique. A titre de comparaison, le même Pochettino n'avait pas bougé avant la 76e minute de jeu lors de la défaite à Rennes (0-2), avec un soudain... triple changement.

Rennes ayant doublé la mise dès la 46e minute, il avait donc fallu une demi-heure pile à l'argentin pour réagir quand il ne lui en a fallu que quatre minutes mardi soir pour tenter quelque chose, avec une vraie réussite qui plus est puisque Paris va s'imposer 3-2 en partie grâce à ce double changement qui a vite porté ses fruits. A l'image de son équipe, l'entraîneur parisien aurait-il deux approches différentes selon la compétition ? La thèse s'entend, mais au moins autant qu'une autre beaucoup plus simple : c'est lorsque son équipe est en difficulté que le coach bouge le plus vite et Paris l'est beaucoup moins souvent en L1 qu'en C1.

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