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Sa saison compliquée, Neymar, Mbappé, la L1, l'entretien complet de Sarabia à El Pais

Publié le samedi 5 juin 2021 à 10:34 par Fouzia
Invité surprise de l'Euro 2020 avec l'Espagne, Pablo Sarabia s'est longuement confié au journal espagnol El Pais avant le début de la compétition. L'occasion pour lui de revenir sur cette convocation inattendue mais aussi de beaucoup évoquer sa saison compliquée, le fait de jouer avec Neymar ou Mbappé, la perte du titre en L1 ou encore les différences entre Pochettino et Tuchel. Voici son entretien en intégralté.

Pablo Sarabia (Madrid, 29 ans) est sûrement l'attaquant de la planète football qui a le plus de difficultés pour prétendre à des minutes de jeu dans son club. Au PSG, il a Neymar, Mbappé et Di María devant lui. Malgré ses trois blessures musculaires, le Covid, son statut de  remplaçant, et aucune convocation par le passé de Luis Enrique, ce dernier l'a inclus dans la liste des 24 joueurs de l'Euro. L'entraîneur a précisé qu’il avait également pensé à le sélectionner lors des deux derniers rassemblements. Le staff technique de l'équipe le considère comme un joueur performant dans la surface mais également autour avec sa capacité à attaquer les espaces. Pourtant, la convocation l'a tellement surpris qu'il avait déjà organisé des vacances avec sa petite amie.

Où aviez-vous l’intention d’aller pour les vacances ?
« Je devais aller au Mexique, puis rejoindre de la famille dans le sud de l'Espagne. J'ai troqué la plage pour Las Rozas [N.D.L.R. : lieu de rassemblement de la sélection espagnole], mais j'en suis ravi. »

Vous avez été l'une des grandes surprises de la liste. Avez-vous le sentiment d'être la dernière des options parmi les attaquants ?
« Pas du tout, je suis très tranquille au sujet de mon travail. Je sais pourquoi ils m’ont sélectionné et je crois en mon potentiel. »

Avec Neymar, Mbappé et Di María devant vous, êtes-vous l'attaquant au monde qui a le plus de difficultés pour prétendre à plus de temps de jeu ?
« C'est compliqué, mais également bon pour la concurrence, nous avons une grande équipe. J’ai rejoint Paris et la première année s'est très bien passée, j'ai contribué avec des buts [14] et des passes décisives [8], sachant qu'il est difficile, peu importe l’attaquant, d'avoir des minutes de jeu, mais j’ai réussi à en avoir. Cette année a été plus compliquée à cause de mes trois blessures et du Covid, que j’ai mal vécu parce que cela a affecté ma capacité de travail, mais finalement, j'ai eu des minutes de jeu et j'ai marqué des buts [6 buts et 4 passes décisives]. »

Comment gérez-vous le fait de savoir que ces joueurs joueront toujours même si leurs performances baissent ?
« Mentalement, il faut être très fort. Il y a des moments où on a l'impression de pouvoir jouer un peu plus, mais un footballeur doit se préparer à cela. En football, le mental compte pour 60 % quand on veut être meilleur chaque jour et être fort dans les moments difficiles, par lesquels nous passons tous. »

Vous êtes qualifié par les entraîneurs de « joueur de stats et de performance» .
« Le football, c'est des stats et de l'efficacité, et j'essaie d'apporter ce qui est indispensable pour une équipe. On demande aux attaquants des passes décisives et des buts, et aux défenseurs des clean sheets. »

Est-ce que la concurrence avec Neymar, Mbappé et Di María a fait de vous un meilleur joueur ?
« Oui, finalement, il y a deux aspects. Du point de vue footballistique, on progresse avec ces joueurs qui t’apprennent des choses. Ensuite, il y a l'aspect psychologique, pour affronter cette concurrence et monter encore d’un cran le niveau d’exigence pour pouvoir jouer des matches importants ou des finales. Cela aussi fait gagner en maturité. »

Quand on n’a pas les mêmes caractéristiques que Neymar ou Mbappé, que peut-on apprendre d’eux ?
« Simplement lors des exercices à l'entraînement, en observant leur façon de résister et de tenir ce rythme que d’autres joueurs n’ont pas. Ou leur prise de décision, ce qui m’aide ensuite au moment de marquer des buts ou faire des passes décisives. Pour les frappes par exemple, le côté le plus sûr quand tu te rapproches du but en diagonale, c’est le premier poteau mais tous les deux ont une meilleure frappe au second poteau. Ils t’incitent à tenter la même chose et finalement, tu t'améliores en observant leur toucher de balle. »

Luis Enrique vous a sélectionné, entre autres, parce qu'il considère que vous êtes un joueur qui attaque très bien les espaces.
« J'essaie d'être toujours près de la surface pour pouvoir faire mal, pour savoir où se situe le danger. J'ai toujours été un joueur qui aimait marquer des buts et faire des passes décisives, mais en regardant des vidéos, au fil des saisons, tu arrêtes de faire des efforts qui n’apportent pas grand chose à l'équipe ou que d'autres joueurs peuvent assurer, et tu te concentres davantage sur la finalisation des actions, ce que doivent maîtriser les trois ou quatre meilleurs attaquants. »

En étant l’une des pépites du centre de formation de Madrid, vous étiez l’un des joueurs les plus en vue. Quel footballeur êtes-vous devenu ?
« Getafe a été un tournant, j'ai traversé une étape difficile, durant laquelle j’ai dû être plus physique, batailler dur et avoir plus de présence au niveau défensif, c'est ce que j'ai changé. Je suis un joueur qui travaille dur, je sais que l'important est d'être décisif et j'évite les parties du terrain où d'autres joueurs peuvent passer le ballon d'un côté à l'autre ou vers les attaquants. En formation, c'était différent, je suis plus complet aujourd’hui et je comprends mieux le jeu. »

A quelle place vous imaginez-vous dans le système de jeu de Luis Enrique ?
« C'est une question d'adaptation. L'entraîneur veut une équipe compétitive, qui a des idées très précises, met la pression très haut et joue de façon très verticale quand c’est possible. Quand je suis arrivé à Séville avec Sampaoli, j'ai dû m'adapter à une intensité de jeu élevée, puis au PSG, avec Tuchel, un jeu plus posé avec le ballon et maintenant, de nouveau à l'intensité. Dans tous les cas, avec l'Espagne, nous serons protagonistes avec le ballon et cela me plaît beaucoup. »

Tuchel a remporté la Ligue des champions avec Chelsea avec une façon de jouer différente de celle qu’il avait mise en place au PSG.
« C'est un football avec plus d'espaces, des transitions plus rapides. L'une des qualités de Tuchel est de savoir s'adapter à l'équipe dont il dispose. Il avait une équipe capable de mettre beaucoup d'intensité avec un pressing haut. Il a fait un excellent travail avec nous, l'année dernière, nous avons tout gagné sauf la finale de la Ligue des Champions. Il a de très bons concepts lorsqu'il s'agit de lire les matches et de donner des instructions aux joueurs en temps réel. »

Son départ vous a-t-il porté préjudice ?
« Je ne pourrais pas vous dire parce que la saison a été compliquée pour moi à cause de blessures auxquelles je n'étais pas habitué. Avec presque trois mois d’arrêt, il est très difficile de retrouver le rythme pour que le coach puisse t’accorder sa confiance en retour. Je sais que je peux contribuer davantage, comme la première année. Finalement, durant les minutes que j'ai jouées avec Pochettino, j’ai marqué des buts qui ont permis de gagner des points. Ce sont deux modèles de jeu distincts, mais on retrouve à chaque fois une équipe qui joue beaucoup avec le ballon. »

Vous avez décrit le PSG comme une grande équipe. Comment expliquez-vous qu'il ait perdu le championnat contre Lille ?
« Ce fut une année difficile où, sans manquer de respect à Lille qui a fait une très belle saison, nous avons perdu le championnat tout seuls. Honnêtement, il y a eu des matches que nous aurions dû gagner mais où nous avons failli, peut-être à cause d'un manque de concentration ou je ne sais quoi. Nous avons eu de nombreuses occasions de reprendre la tête mais nous n'en avons pas profité. »

En tant que joueur du championnat français, quel est votre avis sur l'Équipe de France, grande favorite du Championnat d'Europe ?
« Qu'ils ont de l'expérience, et en même temps de la jeunesse, des stars, des travailleurs... Et ils ont réintégré Benzema, qui s'associe très bien à Mbappé parce que les grands joueurs n'ont aucun problème à s'entendre. Et il n’y a pas qu’eux. Griezmann, Kanté, Pogba... Mais ils devront démontrer qu'ils sont une sélection très forte parce qu’en football, il y a parfois des surprises et en un match de qualification ou de phase finale, on peut être éliminé. »

Vous regardez beaucoup de football. Quelle sélection prenez-vous plaisir à voir jouer ?
« L’Angleterre. Ils ont des joueurs jeunes, mais avec beaucoup de potentiel. Et je veux nous voir nous aussi [l’Espagne], voir comment nous rivaliserons. »

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.
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