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Avant Mediapro, le précédent Setanta Sports

Publié le lundi 26 octobre 2020 à 11:07 par Bruno Hermant
Alors qu'il semble en difficulté financière importante, le groupe télévisuel Mediapro, diffuseur de la Ligue 1 et de la Ligue 2 française pour les quatre prochaines saisons, a demandé une réévaluation du montant qu'il verse à la LFP pour diffuser les rencontres, et pourrait faire défaut en cas de refus. Un cas qui rappelle le précédent entre la Premier League anglaise et la Scottish Premier League avec le diffuseur Setanta Sports Great Britain. Rappel des faits.

Nous sommes en 2009. Le football anglais n'a pas encore obtenu les contrats télévisuels faramineux qui dépassent les 2 milliards de livres sterling. Les matchs de Premier League anglaise et de Scottish Premier League (Écosse) sont diffusés par Sky Sports et la branche britannique du média irlandais, Setanta Sports. Début juin, un rapport daté du 7 suggère que Setanta Sports Great Britain pourrait être contraint par la loi de verser les sommes dûes à la Premier League, le média ayant omis d'effectuer les paiements sur les droits télévisuels de juin. Ce qui a pour conséquence directe pour les clubs anglais et écossais d'être confrontés directement à des difficultés financières, l'argent budgété n'ayant pas été versé mais toutefois bel et bien été dépensé. Et le retard de paiement de Setanta a provoqué plusieurs crises. Trois jours avant, pour pallier les possibles faillites, la Scottish Premier League annonçait qu'elle paierait les sommes dûes aux clubs les plus fragiles financièrement, qui attendaient l'argent avec impatience pour leur éviter une banqueroute.

Douze jours après ce premier rapport, le 19 juin, le média est dénoncé, il n'a pas payé les 30 millions de £ (35M€ environ) qu'il devait à la ligue anglaise. Déjà en négociations avec d'autres diffuseurs, la Premier League annonce par l'intermédiaire d'un porte-parole : « C'est avec un regret considérable que nous annonçons que Setanta n'a pas été en mesure de respecter ses obligations. En tant que tel, l'accord de licence existant entre nous a été résilié avec effet immédiat ». Les droits des 46 rencontres en direct que possédaient Setanta pour la saison 2009/10 sont revendus à ESPN le 22 juin.

Ce même jour, alors qu'il est annoncé un possible rachat de Setanta Sports GB par la branche mère irlandaise, le média perd aussi tous les droits télévisuels de la Scottish Premier League, n'ayant pu payer les 3M£ - soit 3,5M€ environ - à la ligue, qui sont revendus à Sky Sport et ESPN. La veille, BT TV, service de télévision numérique, sorte de Canal Satellite local, annonçait qu'il ne vendait plus les chaînes Setanta Sports à ses clients. Les chaînes Setanta Sports cessent d'émettre le 22 juin à 18h pour la plupart des canaux, Setanta GB coulera les jours qui suivent, laissant 430 employés sur le carreau avec une dette de 288M£ et 261M£ de prêts bancaires en cours.

Impact pour les clubs 

En Écosse, le contrat liant la ligue à Setanta Sports a été quasiment racheté aux mêmes conditions par ESPN et Sky Sports pour la saison en cours. Mais le contrat suivant, qui courrait de 2010/11 à 2013/14, qui devait passer de 54,5M€ à 125M£ au total pour quatre saisons, lui, n'a pas été conclu de la sorte. Malgré un accord à la hausse en 2009 pour un montant de 65M£ pour les cinq saisons à venir, et une prolongation en 2011 de cinq saisons de plus pour une commercialisation à compter de la saison 2012/13, l'accord a dû être modifié de nouveau, les Rangers ayant déposé le bilan et ayant été rétrogradés en 4e division. ESPN vendait par la suite ses droits à BT Sport dès février 2013.

En Angleterre, des clubs ont aussi eu des soucis pour gérer cette période incertaine, on pense à Portsmouth, englué dans de graves problèmes financiers avec un actionnaire bancal, le franco-israélien Alexandre Gaydamak, puis racheté par Sulaiman Al-Fahim, un homme d'affaires émirati durant ce même été, mais qui n'a pas su payer les salaires de ses joueurs et a été contraint à la faillite en fin de la saison, au terme d'un exercice difficile menant notamment à la relégation, quasiment officielle dès le début de saison avec une pénalité de 9 points infligée par la Premier League pour salaires impayés.

S'il est possible que les droits soient laissés vacants par Mediapro pour non-paiement, seront-ils rachetés au même prix ? Quel sera l'impact pour les clubs français dont le PSG ? Si au final, peu de clubs ont été impactés, il reste néanmoins des cas qui ont mené indirectement à des dépôts de bilan la ou les saisons qui ont suivi. Une histoire qui est de toute manière très loin d'être terminée.

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.


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