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Messi, le quatuor offensif, Wijnaldum, les latéraux, etc, la conf' complète de Pochettino avant Metz/PSG

Publié le mardi 21 septembre 2021 à 19:36 par Fouzia
A la veille de Metz/PSG, l'entraîneur parisien Mauricio Pochettino était en conférence de presse pour évoquer la partie mais aussi bon nombre d'autres thèmes. De nouveau intéressant et ouvert, le coach est notamment revenu sur le cas Messi, la difficile adaptation de Wijnaldum, les performances de son quatuor offensif, la façon de choisir ses latéraux ou encore la présence des jeunes.

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Neymar a déclaré après le match contre Lyon qu'il sentait que l'équipe allait de mieux en mieux physiquement. Partagez-vous ce constat avec votre staff technique ?

« Les joueurs étaient contents de revoir certaines situations (de PSG/OL) qui prouvent que nous avons progressé par rapport à nos derniers matches »

(Il répond en français) « Nous sommes très contents de tout l’effectif, tous les joueurs. (Il poursuit en anglais) Nous sommes vraiment très heureux. L'équipe s’améliore, c’est ce qu’on voulait. Avec le temps, nous allons progresser encore plus. Nous sommes sur le bon chemin pour y arriver. La performance contre Lyon a été très bonne. Si on analyse la rencontre comme nous l’avons fait aujourd’hui avec les joueurs, on voit qu’il y a eu de très bonnes choses pendant ce match. Nous avons joué contre une très belle équipe de Lyon et les joueurs étaient contents de revoir certaines situations qui prouvent que nous avons progressé par rapport à nos derniers matches. »

Le PSG a marqué 6 buts de la tête, soit au moins le double de n'importe quelle équipe du championnat. C’est aussi un record en Europe : dans le top 5 cette saison. Comment l’expliquez-vous ?

(Il sourit et répond en français) « C’est parce que nous avons beaucoup travaillé, c’est pour ça. (Il poursuit en anglais) Nous avons de très bons joueurs de tête. Nous travaillons tous les aspects du jeu. Parfois cela se concrétise, d’autres fois non. Je pense que les joueurs méritent d’être là, qu’ils marquent ou qu’ils sauvent des situations. Tout ça dépend d’eux, ce sont eux les protagonistes du football. Notre travail, c’est de transmettre des idées, de nous assurer qu’ils se sentent tous bien mais ce sont eux les principaux acteurs du métier. »

Encore un match difficile face à Metz qui est dernier du classement et qui devra tout donner. On dit souvent que toutes les équipes font le match de l’année face au PSG, comment ça se traduit sur le terrain ?

« Nous savons très bien qu’en France, nous sommes l'équipe à battre. Les adversaires jouent sans pression face à nous parce qu’ils n’ont rien à perdre. Bien sûr, ils donnent le meilleur, ils sont tellement motivés, ils veulent tous montrer qu’ils jouent au même niveau que les joueurs du PSG. C’est un constat implacable. Nous sommes le PSG et nous devons être à la hauteur de cette motivation, des statistiques physiques, de l’envie. Cela dépend de nous. C’est une question de volonté, d’envie. Notre défi, c’est de réussir à faire ça. Si nous y arrivons, nous avons ensuite les qualités pour se rapprocher de la victoire. Le PSG est l’équipe à battre parce que nous sommes dans une excellente position. »

EN CONFÉRENCE DE PRESSE

Qu’en est-il de l’état de santé de Messi ? Est-il forfait pour demain ? Sa sortie face à Lyon était-elle dûe à sa blessure ou était-ce un choix de votre part comme vous l’aviez laissé entendre en conférence d’après-match ?

« A partir de toutes les informations que nous avions, nous avons pris la décision de faire un changement »

« Le club a déjà communiqué sur sa condition. La situation est claire. Pour expliquer un peu le reste, nous qui sommes sur le banc observons tout ce qui se passe pendant le match. Nous avons vu que Leo testait, vérifiait son genou en faisant certains gestes. Il a refait ça après un tir. Nous étions très heureux de sa première mi-temps, de sa condition, de sa performance, la seule chose qui lui manquait c’était de marquer. Il a joué 75 minutes et comme je l’ai déjà expliqué, à partir de toutes les informations que nous avions, nous avons pris la décision de faire un changement. Voilà comment ça s’est passé. »

Depuis dimanche dernier, l'image de ce changement a fait le tour du monde. Cela vous a-t-il surpris qu'il y ait autant de polémiques et d'observations à ce sujet ?

« Non. Bien sûr, je comprends la situation et je l’accepte en tant que telle. Je n’ai pas été plus surpris que ça. Je suis dans une position où la priorité est toujours de privilégier le bien du joueur. Dans ce cas précis, comme je l’ai dit, avec toutes les informations internes à notre disposition, nous avons pensé que le mieux pour lui était de sortir après 75 minutes de jeu. Évidemment, tous les grands champions ont toujours envie de rester sur le terrain, ça se comprend parfaitement. C’est pour ça que je suis tranquille, ça ne me surprend pas, c’est normal de voir ce genre de situations. »

Il y a quatre matches à venir en deux semaines, dont deux en déplacement. Allez-vous gérer l’effectif en pensant à une rotation sur ces quatre matches, ou plutôt match par match ?

« Nous avons clairement planifié ça sur un mois, jusqu’à la trêve internationale »

« Nous avons clairement planifié ça sur un mois, jusqu’à la trêve internationale. Mais bon je vais le répéter : le plus important c’est le match qui arrive. Comme je vous le dis toujours, la priorité, ce sont les joueurs, leur bien-être, leur santé. Ça vient bien avant le résultat. C’est ma priorité en tant que personne, en tant qu’entraîneur. Ce sont les valeurs qui nous animent. L’objectif de cette gestion est de toujours gagner le prochain match. Pour nous, la priorité est de gagner contre Metz et continuer cette bonne dynamique en championnat pour avoir la confiance nécessaire pour aborder les autres compétitions avec plus de sérénité. »

Mbappe a été l'attaquant le moins trouvé du PSG avec 38 ballons touchés seulement contre Lyon, une première fois depuis 18 mois. On connaît la relation technique naturelle entre Neymar et Messi et celle entre Messi et Di Maria. Comment jugez-vous le match de Kylian et comment faire pour mieux l’intégrer à l’animation offensive générale ?

« J’aime votre question parce qu’elle nous permet de parler de ce qui nous plaît : le football, la tactique. Nous devons créer ces automatismes dont nous parlions avec le temps et les entraînements, en étant ensemble, pas seulement au moment de jouer les matches mais aussi pendant l’entraînement. 

« Nous arrivons à ce moment où nous devons intégrer Kylian à cette relation entre Neymar, Leo et Angel qui se connaissent bien »

Concernant le match contre Lyon, notre système était différent de celui utilisé jusque-là. Nous sommes passés d’un 4-3-3 à un 4-2-3-1 contre Lyon, avec de nouveaux repères sur le terrain et des façons différentes d’attaquer pour nos offensifs. C’est pour cette raison que je suis très content de la performance de l’équipe, surtout en première mi-temps où nous avons très bien fait circuler la balle vers l’avant, où nous avons créé des occasions et des situations dangereuses et où nous avons également eu une très bonne organisation défensive sous pression et récupéré beaucoup de ballons très haut, forçant ainsi Lyon à reculer au point de corner ou à récupérer des ballons très haut. Nous arrivons à ce moment où nous devons intégrer Kylian, comme vous l’avez dit, à cette relation entre Neymar, Leo et Angel qui se connaissent bien. Cela demande du temps mais je suis très heureux du travail réalisé contre Lyon. »

Depuis son arrivée au PSG, vous avez confié plusieurs rôles à Wijnaldum au milieu de terrain : il a joué à droite à Troyes, derrière les deux attaquants à Brest, et comme relayeur dans un milieu à trois sur plusieurs rencontres. Dans quel rôle le trouvez-vous le plus utile pour l’équipe ?

« Gini est arrivé lui aussi dans l’équipe avec un manque de préparation. Il  a besoin lui aussi de temps. Ensuite, il y a une chose importante à savoir : tout transfert correspond à une nouvelle situation sportive mais également familiale, humaine, et cela impacte tout joueur arrivant au club, surtout sans la période de préparation de pré-saison. En effet, cette dernière ne sert pas uniquement à travailler les automatismes, le physique et la tactique d’un joueur, elle sert aussi à permettre l’installation de la famille.

« Tant que sa famille n’est pas installée dans sa nouvelle vie, il est difficile pour un joueur d’avoir l’esprit tranquille »

Donc quand les joueurs arrivent tard, qu’ils doivent être compétitifs, qu’ils doivent apprendre à se connaître, qu’ils doivent s’entraîner, quand leurs familles doivent trouver un domicile, une école pour les enfants, il y a tellement de paramètres qui entrent en compte - et je ne dis pas que c’est une excuse - qu’il faut se montrer très patients, très compréhensifs. Ce temps d’adaptation est nécessaire au club, aux coéquipiers et aux familles. Tant que sa famille n’est pas installée dans sa nouvelle vie, il est difficile pour un joueur d’avoir l’esprit tranquille pour montrer toutes ses qualités. Nous savons que Wijnaldum peut nous apporter beaucoup de choses différentes dans le jeu. »

Les joueurs qui ont beaucoup joué sont-ils en pleine forme physique ou commencent-ils à avoir des petits bobos comme Herrera ou Kimpembé ?

« C'est une chose que je répète depuis très longtemps, depuis que je suis arrivé en janvier où la charge de travail était déjà très importante en raison du confinement et des multiples compétitions dans lesquelles nous évoluons. Cela représente un travail important pour le staff médical, le service performance et le staff technique. Tout le monde travaille de concert au club pour identifier les besoins et aider les joueurs à récupérer. Si nous voyons le moindre problème concernant un joueur, nous essayons de lui offrir l’opportunité de se reposer. Nous avons un effectif de 35 joueurs qui ne peuvent pas tous jouer mais dont nous sommes vraiment contents, qui mériteraient tous de jouer, mais malheureusement les places sont limitées. C’est un travail que nous réalisons au quotidien, avec tous les services, d’identifier et d’anticiper les risques (de blessures). Nous ne sommes évidemment pas infaillibles mais nous essayons de faire au mieux pour chaque joueur. »

Demain, vous jouez contre Metz, une équipe qui, en plus de jouer bas, utilise un marquage individuel intensif. Lors de votre dernière confrontation, une des clés a été de sortir les défenseurs de leur zone pour créer de l’espace en profondeur pour Mbappé. Pensez-vous qu’une des clés demain pourrait être le travail de vos défenseurs et de vos milieux pour trouver Mbappé ?

« Oui, nous allons affronter une équipe semblable, qui utilise le marquage individuel, surtout pendant notre phase de progression défensive. Nous avons eu du mal à Bruges qui a un système similaire, pas identique mais similaire, et où nous avions manqué de mobilité, surtout pour ressortir la balle proprement et trouver nos joueurs offensifs. Je pense que ce sera ça la clé, comme vous dites. Nous travaillons et réfléchissons au meilleur moyen de (répondre à cette situation, N.D.L.R.). C’est une nouvelle saison, c’est vrai, mais comme ils ont gardé le même entraîneur, ils risquent de suivre la même ligne directrice. Donc oui, une des options sera d’exploiter les espaces que nous créerons, surtout dans la profondeur en nous appuyant sur nos wing-backs (latéraux-ailiers, N.D.L.R.) ou la projection de nos milieux de position, pour que nos offensifs comme Mbappé, Draxler, Neymar ou Icardi puissent les exploiter. »

Plusieurs joueurs ont occupé le poste de latéral depuis le début de la saison mais toujours avec un profil plutôt offensif d’un côté et plutôt défensif de l’autre. On a vu Hakimi-Diallo ou Kehrer-Mendes ce weekend. Est-ce important pour vous dans le système de toujours avoir un latéral plutôt offensif et un autre plutôt défensif ?

« Non, pas forcément. Ça dépend de l’état de forme des joueurs et surtout de la relation entre nos attaquants Leo, Angel, Neymar et Kylian, comme contre Lyon. Nous devons surtout trouver cet équilibre qui manque tant entre les phases offensives et défensives. Par exemple, Nuno (Mendes) vient à peine d’arriver, il ne s’est pas beaucoup entraîné. Ni nous (staff technique) ni ses coéquipiers ne le connaissons vraiment, nous devons donc apprendre à le connaître, à l’entraînement comme en compétition. 

« Il est même certain que nous pourrons évoluer à l’avenir avec deux joueurs offensifs dans les couloirs, c’est l’idée »

En tout cas, pas nécessairement : il est même certain que nous pourrons évoluer à l’avenir avec deux joueurs offensifs dans les couloirs, c’est l’idée. En tenant compte des états de forme et de leur lieu de provenance, nous avons parfois opté pour Hakimi-Diallo ou Thilo (Kehrer)-Nuno comme lors du dernier match, pour trouver, en fonction de la partie du terrain où nous voulions attaquer le plus, Angel sur l’aile ou Neymar qui rentre dans l’axe, ce qui peut permettre à Nuno de monter, et maintenir en même temps un équilibre plus défensif. Mais en termes d’évolution tactique footballistique, notre idée est que ces joueurs évoluent ensemble (offensivement, N.D.L.R.). 

Avant, tu avais normalement toute la pré-saison pour faire ce genre de tests. Quand les choses étaient encore normales, tu avais six ou sept semaines et de nombreux matches amicaux pour travailler avec toute ton équipe et avoir cette flexibilité que nous aimons. Aujourd’hui nous devons tester les choses directement en match, des choses qu’on n’a parfois même pas pu tester à l’entraînement et qu’on a juste étudiées en vidéo. C’est une situation qui ne nous plaît pas mais nous devons nous adapter à ces nouvelles conditions de travail qui sont complètement dingues comme nous le répétons souvent. »

Pour la première fois dimanche, vous n’avez pas convoqué de joueurs du centre de formation dans le groupe parisien. Quel est votre avis sur le niveau général des jeunes, comme Xavi, Edouard, Nathan… ? Quelle est la place des jeunes parisiens dans votre projet de jeu à court et moyen terme ? 

« Dans un projet comme celui du PSG, il faut peut-être plus de patience »

« Il est évident que ce n’est pas facile pour les jeunes. Nous avons un effectif important, ce n’est pas facile de s’y faire une place. En tant que staff technique, nous pensons que l’identité d’un club se construit à travers les jeunes qui sortent de la formation, plutôt qu’à travers ceux qui arrivent d’ailleurs. Il est toujours positif d’avoir des références de ta formation et nous pensons que c’est une bonne chose. Après, dans un projet comme celui du PSG, il faut peut-être plus de patience. C’est un projet que tout le monde connaît, dont l’ambition est de gagner les meilleures compétitions au monde, comme la Ligue des Champions.

Pour le moment, compte tenu des circonstances, (les jeunes) n’ont peut-être pas la possibilité d’être titulaire ou de jouer, mais je suis sûr qu’avec du temps, ils pourront acquérir une certaine solidité qui serait parfaite pour le club. Nous espérons que, d’ici quelques années, le club pourra intégrer beaucoup plus de jeunes de la formation, déjà parce qu’il y a beaucoup de talent ici, mais aussi parce que ce serait une belle chose pour les supporters et le club. C’est en tout cas ce que nous souhaitons dans le futur. »

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