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City condamné dans le cadre du fair-play financier, un cas bien différent du PSG

Publié le samedi 15 février 2020 à 14:39 par Philippe Goguet
Régulièrement présentés comme des clubs cousins de par leur généreux actionnaires issus du Moyen-Orient, le club anglais de Manchester City qui vient d'être exclu pour deux ans de la Ligue des Champions par l'UEFA pour non-respect du fair-play financier n'a toutefois pas grand-chose à voir avec le PSG. Si les deux clubs ont effectivement été confrontés au dispositif de contrôle financier de l'instance européenne, les faits reprochés à Manchester City sont bien différents de ceux qui ont pu l'être au PSG par le passé.

City lourdement puni, une première en Europe

Alors que beaucoup pensaient cela impensable, l'UEFA n’a pas hésité à punir fortement un poids-lourd du football européen dans le cadre du non-respect du fameux fair-play financier, le dispositif de contrôle de l’UEFA mis en place depuis pratiquement une dizaine d’années. Hier, l’instance européenne a annoncé avoir exclu Manchester City des deux prochaines éditions des coupes d’Europe plus une amende de 30 millions d’euros, soit la plus grosse jamais accordée pour une faute pareille. La nouvelle a fait du bruit, et le président de la ligue espagnole Javier Tebas s’est vite félicité de cette exclusion, demandant dans la foulée celle du PSG.

Car si le Qatar, actionnaire majoritaire du PSG, et les Émirats Arabes Unis, à la tête de Manchester City via le Sheikh Mansour qui possède le club, sont en compétition sur pratiquement tous les tableaux, ils sont souvent rapprochés en ce qui concerne le football, l’investissement massif des deux pays du Moyen-Orient ayant bousculé l’establishment du paysage footballistique européen depuis maintenant près de 10 ans. Pour autant, face au fair-play financier, les deux clubs ont agi de manière bien différente et la sanction de City ne peut ainsi s’appliquer directement au PSG.

Deux attitudes opposées face à l'UEFA

La période qui vaut au club anglais cette lourde sanction va de 2012 à 2016, une période pour laquelle le club de la capitale a également longtemps été inquiété, mais les faits reprochés et la façon dont les deux clubs ont géré leurs relations avec l’UEFA n’ont strictement rien en commun. Concernant cette dernière partie, le PSG a toujours été dans la collaboration la plus totale avec l'instance, multipliant les allers-retours jusqu’à Nyon (Suisse) où est le siège et présentant tous les documents nécessaires durant les diverses enquêtes subies par le club de la capitale.

Au contraire, Manchester City n’a jamais hésité à affronter directement l’UEFA et les Football Leaks publiés ces dernières années avaient montré une attitude particulièrement agressive du club citizen, celui-ci réfléchissant très clairement à aller devant la justice pour attaquer le dispositif de contrôle financier de l’UEFA. L’instance européenne n’a d’ailleurs pas hésité à taxer de « mauvaise foi » le club britannique, mettant également en avant le fait que les officiels du club avaient tenté de tromper les enquêteurs de l’UEFA. Une attitude qui est donc complètement à l'opposée à celle du PSG.

Des faits bien différents

Restent les faits reprochés. Le principal point d’achoppement entre l’UEFA et le PSG concernait le fameux contrat QTA (Qatar Tourism Authority) et le montant qu’il rapportait au club parisien, ce dernier l'estimant légitime et tentant de le prouver avec des études faites par un cabinet d’audit extérieur quand l'UEFA opposait d’autres études, elles aussi réalisées par des sociétés indépendantes. Les fameux rapports d’OCTAGON, qui estimait le contrat QTA à moins de 5M€ par an, contre Nielsen, bien plus favorable au club de la capitale et légitimant les montants touchés.

Dans cette histoire, Paris allait bénéficier de deux points clés, à savoir les guerres internes de l’UEFA et un vice de procédure. Là où l’enquêteur de l’UEFA Leterme, à la tête de la chambre d’instruction, s’était appuyé sur les chiffres proposés par Nielsen et avait donc donné raison à Paris, le président de l'instance de contrôle financier des clubs de l'UEFA (ICFC) José Cunha Rodrigues était revenu sur cette décision et avait tout tenté pour la faire annuler. Problème, l’UEFA n’avait que 10 jours pour faire appel après avoir officialisé l’accord avec le PSG et ce délai avait été dépassé, Paris s’en sortant de cette façon et entérinant ainsi ses comptes pour la période 2015/2017 alors que la précédente période, 2012 à 2014, avait déjà été réglée quelques années auparavant.

Du côté de Manchester City, le cas du sponsoring est bien différent car ce n’est pas un mais bien plusieurs contrats qui sont dans le viseur de l’UEFA. Là encore, ce sont les Football Leaks qui ont fait mal aux Citizens. Parmi les révélations faites, on apprenait notamment que c’est l’actionnaire majoritaire du club, le cheikh Mansour, qui payait indirectement les entreprises afin que celles-ci sponsorisent son propre club. Une fraude pour le moins évidente du fair-play financier qui vaut aujourd’hui à City d’être exclu de la Ligue des Champions à partir de la saison prochaine.



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