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Un autre regard sur PSG/Dortmund : de l’importance de bien répartir ses attaques

Publié le lundi 23 mars 2020 à 11:19 par Thibaut Brossard
Complètement délaissé à l’aller, le côté droit parisien a été beaucoup plus influent au retour du huitième de finale de Champions League. Retour en chiffres et en graphiques sur cette répartition des attaques du PSG lors de la double confrontation face aux Allemands du Borussia Dortmund.

Nous l’avons mis en évidence à plusieurs reprises depuis le début de saison : les attaques du PSG sont très déséquilibrées et penchent quasi systématiquement à gauche (41 %, 2ème taux de Ligue 1). La préparation des offensives se faisant aussi souvent par le centre (29 %, 1er de Ligue 1), le côté droit est délaissé et le PSG présente le taux d’attaque par le côté droit le plus faible de tout le championnat national (30 %).

17 % des attaques par la droite à l’aller

La première manche au Signal Iduna Park n’a pas dérogé à la règle avec une aile droite inexistante : 17 % des attaques seulement, soit le 2ème ratio le plus bas de la saison après le 12 % à Madrid !

Au match aller, non seulement les Parisiens ont délaissé le côté droit dans des proportions exceptionnelles, mais ils ont en outre concentré leurs attaques par le centre (41 %). Le positionnement en 3-4-3 a en effet rapproché Neymar et Di Maria de Mbappé et a engendré une forte concentration de joueurs dans l’axe. Pour la performance que l’on connaît…

Une attaque beaucoup mieux répartie et donc plus dangereuse au retour

Changement de décor au Parc des Princes avec le retour du 4-4-2. Premier constat : la répartition des attaques est beaucoup plus équilibrée :

Les attaques par la gauche sont toujours majoritaires et sensiblement égales à l’aller (41 %) mais on assiste à une bascule des offensives du centre vers la droite. Ces dernières, qui ne représentaient que 17 % des attaques le 18 février sont passées à 30 % près d’un mois plus tard dans la capitale française. La première grosse occasion (frappe de Cavani servi par Di Maria) et surtout le deuxième but (centre de Sarabia pour Bernat) sont d’ailleurs venus de ce côté.

Cela génère une « heatmap » bien plus équilibrée également, surtout comparé à celle du match aller où la chaleur se concentrait sur l’axe.

Cela se traduit au niveau individuel par des différences importantes entre les deux rencontres. La plus importante concerne l’écart de ballons joués par les deux créateurs d’occasions que sont Neymar et Di Maria.

Alors qu’il a complètement cannibalisé le jeu parisien à l’aller avec 90 ballons (soit plus que Mbappé et Di Maria réunis, 78), le meneur de jeu brésilien a réduit son influence sur le jeu au retour (70 ballons), sans perdre pour autant en efficacité (1 but, comme à Dortmund).

Le PSG plus dangereux quand Di Maria n’est pas éclipsé par Neymar

A l’inverse, El Fideo a vu son impact grandir en augmentant de 50 % son nombre de ballons joués (de 41 à 61) et en étant ultra décisif (passeur décisif sur le 1er but, avant dernier passeur sur le second but, passeur sur la grosse occasion de Cavani). L’écart avec Neymar n’est que de 9 unités au retour alors que l’Argentin est sorti à un quart d’heure de la fin. En répartissant mieux ses offensives au retour, le PSG s’est montré bien plus dangereux pour l’arrière-garde allemande, qui ne savait plus où donner de la tête, en particulier en première mi-temps.

Di Maria n’est d’ailleurs pas le seul, sur le flanc droit, à s’être montré plus disponible, ou davantage servi au retour. L’arrière droit parisien, Meunier à l’aller, Kehrer au retour, a également eu un volume de jeu beaucoup plus consistant au Parc des Princes puisque l’Allemand a touché 65 ballons contre 36 pour le Belge.

Neymar est un joueur hors normes, et il est légitime qu’il soit le dépositaire du jeu parisien, mais trop vouloir le surresponsabiliser (ou s’il se surresponsabilise lui-même) est contre-productif. Car les attaques parisiennes se concentrent sur un côté et rendent les offensives de l’équipe trop prévisibles, les défenses adverses renforçant leur système défensif de ce côté.

Or, le PSG a la chance de posséder, en Di Maria, un autre joueur au talent hors normes capable d’énormes différences sur le côté opposé à celui de Neymar. Il est donc primordial pour l’équipe de Thomas de Tuchel de mieux équilibrer ses attaques entre les deux côtés pour rendre encore plus folles les défenses adverses. C’est un peu l’histoire de cette double confrontation face à Dortmund.

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