L'entraîneur brésilien du PSG féminin s'est présenté face à la presse avant la rencontre au sommet face au leader lyonnais. Pour le compte de la 14e journée d'Arkéma Première Ligue, Paulo César s'est exprimé sur la rencontre, sachant le défi à relever mais qu'il n'estime pas impossible. Surtout, il précise que son groupe a bien évolué depuis le mois de septembre et la gifle reçue face au club adverse lors du match aller (défaite 6-1).
Avez-vous fait un point sur le groupe avant cette rencontre ? Disposez-vous de tout votre effectif ?
« Oui, désormais toutes les joueuses sont disponibles. Je récupère Noémie Fatier et Léa Morissaint, qui étaient en sélection U19. Nous avons simplement une absence : Tanté Diakité, qui souffre d’un petit problème au genou. À part cela, tout le monde est apte.»
Comment prépare-t-on un choc face à une très forte équipe lyonnaise ?
« On le prépare comme tous les autres matches. Il y a 12 équipes dans le championnat, donc 11 adversaires très forts et importants à affronter, même si Lyon est premier aujourd’hui. On n’aborde pas ce match avec une exigence ou une méthode différente : on essaie d’utiliser nos armes pour voir comment on va aborder cette rencontre dimanche. C’est un Classique, tout le monde le sait. C’est un match très attendu, surtout après le résultat du match aller. Je pense que les filles sont prêtes à répondre présentes. C’est un rendez-vous qu’on ne peut pas rater, car il est important pour nous et pour la suite.»
Justement, qu’avez-vous retenu du match aller et qu’avez-vous envie de mettre en place cette fois-ci ?
« Lors du match aller, pendant 55 minutes, le score était de 1-1. Nous avions maîtrisé la possession, avec un rapport quasiment équilibré. Ensuite, nous avons perdu en confiance et en concentration, notamment sur le deuxième et le troisième but. À très haut niveau, ce sont les détails qui font la différence. Il faudra donc rester concentrés. Je trouve que les joueuses ont beaucoup progressé dans ce domaine et nous allons continuer dans ce sens.»
Le PFC a récemment pris des points face à Lyon. Pensez-vous que c’est aussi possible pour vous ?
« Bien sûr que c’est possible. Il n’y a pas d’équipe imbattable. Lyon est très efficace en championnat, c’est une équipe qui sait gagner, c’est sa force. Elle possède de grandes qualités individuelles et un collectif très solide. Mais nous avons aussi nos armes et nos qualités. Nous sommes en construction, il ne faut pas se cacher derrière ça, mais essayer de faire le maximum pour proposer un vrai match. Et puis, nous jouons à la maison.»
Avec les points de pénalité, vous n’avez pas vraiment de joker. Est-ce un élément important dans votre approche ?
« Sportivement, je ne travaille pas avec ces points perdus. C’est une réalité administrative que nous ne contrôlons pas. Le club fait le nécessaire pour contester ou discuter cette sanction. Avec les joueuses, nous avançons match après match. Faire des calculs maintenant n’a pas de sens. Si on commence à se justifier, je peux aussi dire que sans cette pénalité, nous serions très proches de Lyon. Mais ce n’est pas ma manière de fonctionner. Je reste serein, car les joueuses répondent présentes sur le terrain. L’objectif est clair : être en playoffs. C’est assumé. On travaille sportivement, match après match, et ce match face à Lyon est très important. Avec nos supporters, je pense que nous avons la possibilité de faire quelque chose de bien.»
Plusieurs joueuses reviennent de blessure. Comment les sentez-vous, notamment face à une équipe qui demande beaucoup d’énergie ?
« Paulina Dudek revient d’une longue blessure, mais elle revient très bien. Elle a pu enchaîner du temps de jeu et retrouve progressivement ses repères. Florianne Jourde aussi reprend normalement malgré un petit souci. Toutes les joueuses revenues sont dans une phase de transition, pour retrouver du rythme et des minutes. À l’entraînement, l’engagement est très bon. C’est ce qui fait progresser l’équipe et le collectif.»
Comptez-vous adapter votre jeu ou rester fidèle à votre identité ?
« Je ne vais pas changer ma manière de jouer, et mes joueuses non plus. Les détails seront déterminants, notamment dans les phases de transition, d’un côté comme de l’autre. J’espère que mes joueuses seront efficaces dans ce qu’elles proposent. Elles doivent conserver la même dynamique et le même état d’esprit. Si c’est le cas, les choses se passeront bien.»
Vous parlez souvent de reconstruction et vous êtes toujours très positif envers vos joueuses. Est-ce important pour vous ?
« Oui, c’est essentiel. Quand c’est difficile, c’est difficile pour tout le monde, et je suis le premier responsable. Je félicite mes joueuses, car ce sont elles qui courent, qui s’engagent au quotidien, souvent dans l’ombre. Je suis très fier de ce qu’elles proposent. La reconstruction prend du temps, mais il y a beaucoup de choses positives. Ce n’est pas encore suffisant, donc nous restons exigeants. Le championnat ne s’arrête pas au match contre Lyon : ce n’est qu’une étape.»
Êtes-vous toujours dans la positivité ou savez-vous aussi hausser le ton ?
« Ce sont plutôt les joueuses qui pourraient répondre. Personnellement, je n’ai pas besoin d’être dur ou méchant. Elles ont déjà vécu des choses compliquées. J’ai fait évoluer ma méthode de travail, car la stabilité et la cohésion du groupe sont plus importantes que le résultat immédiat. Je suis convaincu que ce que nous construisons aujourd’hui amènera des résultats positifs durables.»
À quelques heures de la fin du mercato, peut-on attendre des renforts ?
« Je tiens à dire que je suis très content du groupe que j’ai. Il y a eu le départ de Froya Dorsin, la fin de carrière de Crystal Dunn pour raisons personnelles, mais j’ai beaucoup échangé avec la direction. Elle connaît mes souhaits. Après, ce sont des décisions qui ne m’appartiennent pas. Le marché est compliqué, il y a peu de joueuses disponibles. Quoi qu’il arrive, je travaille avec les joueuses présentes et j’ai confiance pour la deuxième partie de saison.»
Y a-t-il une ambiance particulière dans le vestiaire avant ce match très attendu ?
« Les joueuses sont en confiance, car il y a une vraie progression collective. Elles savent qui elles vont affronter, mais ça reste un match de football. L’état d’esprit sera fondamental, tout comme l’efficacité et la qualité du jeu proposé. Si nous sommes ensemble, avec la bonne mentalité, les choses peuvent très bien se passer.»