Plusieurs candidats à la mairie de Paris ont évoqué le sujet de la vente du Parc des Princes au PSG ces derniers jours, à quelques jours désormais du premier tour des élections municipales. Du coût des travaux de rénovation au prix de vente pur et dur du stade en passant par le timing d'une éventuelle vente, voici ce qu'il faut retenir des principales annonces et promesses des candidats.
Si ce n'est évidemment pas le sujet principal de la campagne électorale à Paris, le dossier du Parc des Princes et de son éventuelle vente au PSG s'est invité dans le débat parisien ces derniers mois. Anne Hidalgo avait un temps discuté avec le PSG d'une vente du stade, avant de changer d'avis et de braquer le club, qui étudie depuis la possibilité de construire un nouveau stade ailleurs, à Massy ou Poissy.
Tous les principaux candidats à la mairie de Paris ont fait part de leur volonté, ces dernières semaines, de renouer le dialogue avec la direction du PSG afin d'entamer des négociations en vue d'une vente du Parc des Princes. Rachida Dati (LR, Modem, UDI, Horizons, Renaissance) et Emmanuel Grégoire (PS, Ecolo, PC), les deux grands favoris à la mairie de Paris, sont dans ce cas et se sont de nouveau exprimés sur le sujet ces derniers jours.
Dati estime à 100 M€ le coût des travaux du Parc des Princes
Au micro de BFM TV, Rachida Dati a annoncé jeudi dernier que le coût d'une rénovation du Parc des Princes était d'au moins 100 millions d'euros. « Sur les travaux, aujourd’hui c’est 100 millions d’euros au moins pour refaire les travaux. Le Parc des Princes est très vétuste », a-t-elle confié, avant de confirmer qu'en cas de vente au PSG, c'est bien évidemment le club qui s'occuperait de payer les travaux : « Si vous le vendez au club, bien évidemment que le PSG prendra en charge les travaux. Donc je le dis, nous entamerons des négociations pour la vente du Parc des Princes au PSG. Parce que moi je souhaite que ce club reste à Paris. »
Mais l'autre grande question est de savoir pour quelle somme la mairie de Paris accepterait de vendre le stade au PSG et sur ce point crucial, l'ancienne ministre de la Culture ne s'est pas mouillée : « Le chiffre qui est sorti (40 M€, ndlr) n’a jamais été confirmé. En réalité, on n’a jamais évalué le prix du Parc des Princes. Il faut lancer une expertise et aujourd’hui nous n’avons pas les éléments. Monsieur Grégoire (adjoint sortant et candidat PS à la mairie) avait rencontré le président du PSG, mais on n’a jamais eu les éléments d’évaluation du Parc de Princes. »
Emmanuel Grégoire, justement, s'est confié à SoFoot la semaine dernière et a longuement été interrogé sur le Parc des Princes et sa valeur. En novembre 2022, alors qu'il était le premier adjoint d'Anne Hidalgo, Grégoire avait declaré ceci au Parisien : « La vente, on ne l’a pas exclue catégoriquement. Mais c’est au juste prix oui. Le PSG en propose 40 millions d’euros. C’est moins cher que Paredes. Franchement ?! Vous pensez vraiment que le Parc vaut moins que Leandro Paredes acheté 50 millions d’euros ? Ce n’est pas sérieux. Il y a une forme de pression qui n’est pas responsable. »
La valeur du Parc ? « Entre 0 et 1 milliard » selon Grégoire
Relancé par SoFoot sur cette déclaration, Grégoire a botté en touche et n'a pas voulu donner de prix précis du Parc des Princes : « Je ne vais pas vous le dire. D’abord parce que ce serait irresponsable de ma part pour deux raisons. La première, c’est que dans des négociations, on discute avec la personne, on ne lance pas le truc en l’air. La deuxième, c’est extrêmement encadré en droit, puisque la valeur doit être validée par les domaines qui dépendent de l’administration du ministère des Finances et du Budget. Il y a deux dimensions dans la valeur, celle en tant que maire où je dis que c’est une bonne affaire pour les Parisiens et donc celle validée par les domaines. C’est entre 0 et 1 milliard d’euros, voilà ! »
Une sacrée fourchette donc... « Nasser a dit que le Parc des Princes ne vaut rien sans le PSG, donc j’imagine que la borne basse est 0, répond Grégoire. La borne haute, c’est 1 milliard parce que c’est à peu près la valeur foncière du lieu si on détruisait le stade pour construire des immeubles. En fait, ça ne vaudra pas un milliard, je ne veux vendre qu’à des conditions particulières : protéger l’enceinte sur le plan patrimonial et que ça reste un stade de foot réservé à l’équipe première. Avec une clause particulière, qui veut qu’en cas de dissolution ou de faillite de l’entreprise PSG, la ville dispose d’une clause de retour pour être acheteur prioritaire. On va leur proposer des choses très convaincantes. »
Le Parc vendu au PSG d'ici la fin de l'été ?
Assumant totalement aujourd'hui sa volonté de vendre le Parc des Princes au PSG, Emmanuel Grégoire a également fait une sacrée promesse concernant le timing d'une éventuelle vente du stade au club : « En cas d’élection, j’ai dit vouloir boucler les négos d’ici la fin de l’été au plus tard. Pour être très clair, avant le début de la nouvelle saison. Une fois que je serai maire, je prendrai le dossier personnellement en mains. Le seul truc qui peut faire capoter, c’est le montant que propose le PSG. S’il n’est pas conforme à l’intérêt patrimonial des Parisiens, je dirai non. »
Les élections municipales auront lieu en France le 15 mars 2026 (premier tour) et le 22 mars 2026 (second tour). Dans les récents sondages, Grégoire est annoncé en tête au premier tour, mais derrière Dati au second tour en cas de triangulaire ou de quadrangulaire. De son côté, le PSG a fait part de son envie de trancher entre Massy et Poissy d'ici la fin de l'année 2026, à moins que la vente du Parc des Princes ne soit vraiment relancée d'ici-là. Les prochains mois s'annoncent décisifs dans ce dossier qui dure depuis des années.