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Statistiques, trophées, impressions : les 100 matches de Tuchel comparés à ses prédécesseurs

Publié le mardi 28 juillet 2020 à 19:07 par Théo Darbion
Comme l'a rappelé le PSG dans un bref article paru au lendemain du match sur son site officiel ; la finale de Coupe de France disputée - et remportée - face à l'ASSE marquait un événement majeur pour Thomas Tuchel. Le technicien allemand officiait en effet pour la centième fois (toutes compétitions officielles confondues) à la tête de l'équipe fanion. L'occasion de réaliser un bilan statistique pour son centenaire.

Officiellement installé dans ses fonctions au Paris Saint-Germain le 14 mai 2018, en remplacement d'Unai Emery ; Thomas Tuchel avait dirigé pour la première fois en match officiel la formation de la capitale le 4 août, à l'occasion d'un Trophée des Champions largement remporté (victoire 4-0) face à Monaco. Un peu moins de 2 ans plus tard, il disputait ce vendredi son centième match, lui aussi couronné d'un trophée : une victoire en Coupe de France face à l'ASSE qui sonne ainsi comme un joli « clin d'oeil » comme le rappelle le site du PSG.

Le natif de Krumbach rejoint ainsi un club de centenaires où il côtoie 10 autres figures emblématiques des bancs de touche parisiens : Just Fontaine, Georges Peyroche, Gérard Houllier, Artur Jorge, Luis Fernandez, Ricardo, Paul Le Guen, Antoine Kombouaré, Laurent Blanc et Unai Emery. Mais Tuchel s'incrit également, plus immédiatement, dans une lignée d'entraîneurs mis en poste sous l'ère QSI : Carlo Ancelotti, et les sus-cités Laurent Blanc et Unai Emery.

Alors que le projet porté par la direction qatarie approche sa dixième année et que les objectifs sportifs, en particulier en Ligue des Champions, sont plus d'actualité que jamais ; cette barre symbolique des 100 matches nous donne l'occasion d'effectuer un bilan comparé statistique, comptable et « moral » des performances de l'Allemand.

A la barre des 100 matches : quels résultats en compétitions nationales et européennes pour Blanc et Emery ?

Intronisé le 25 juin 2013, Laurent Blanc disputait son 100ème match à la tête du PSG le 15 mars 2015, à l'occasion d'une rencontre de Ligue 1 perdue à Bordeaux (défaite 2-3)

Voici ses bilans statistiques :

  • En Ligue 1 : 67 matches disputés,  42 victoires, 19 nuls et 6 défaites soit un pourcentage de victoire de 62,7%.  136 buts marqués et 50 encaissés (ratio de 2.7), soit une moyenne de 2 buts marqués par match pour 0.8 but pris. Enfin, 145 points engrangés soit une moyenne de 2.2 par match.
  • En Coupe de France, 6 matches disputés, 5 victoires et une défaite. 15 buts inscrits et 5 encaissés. 
  • En Coupe de la Ligue : 7 victoires en autant de matches. 14 buts marqués contre 5 encaissés.
  • Pour le Trophée des Champions : 2 participations et 2 victoires. 4 buts marqués et 1 but encaissé.
  • En Ligue des Champions : 18 matches disputés, 11 victoires, 4 nuls et 3 défaites soit 61% de victoires. 38 buts inscrits pour 19 encaissés (ratio de 2), soit 2.1 buts marqués et 1 but encaissé par match en moyenne.

Soit au total, pour ses 100 premiers matches : 67 victoires, 23 nuls et 10 défaites, soit 67% de victoires. En moyenne 2 buts marqués par match contre 0.8 encaissé, ce qui nous donne donc 207 buts pour et 80 contre (ratio de 2.6).

Quant à son bilan comptable et moral :

  • En Ligue 1 : champion de la saison 2013/2014
  • En Coupe de France : sur l'exercice 2013/2014, sortie dès le second tour face au MHSC (défaite 1-2)
  • En Coupe de la Ligue : vainqueur en 2013/2014 face à l'OL (victoire 1-2)
  • Pour le Trophée des Champions : double tenant du titre ; 2013/2014 victoire face à Bordeaux (2-1) ; 2014/2015 : victoire face à l'EAG (2-0)
  • En Ligue des Champions : sortie en quarts en 2014 face à Chelsea (victoire 3-1 à domicile, défaite 0-2 à l'extérieur pour le retour)

On le voit, le palmarès de l'Alésien était déjà bien fourni sur le plan national pour son centenaire. Malgré une prestation terne en Coupe de France lors de sa première saison, Blanc est en course dans toutes les coupes nationales le 15 mars. En Ligue des Champions, véritable juge de paix des entraîneurs parisiens sous QSI, il s'est hissé au même niveau que son prédécesseur en accédant aux quarts et le projet est donc installé dans une forme de continuité pas si incompréhensible vu sa relative jeunesse. Si la sortie en 2014 face à la formation londonienne a forcément déçu, vu le scénario du match, l'exercice 2014/2015 est prometteur puisque le PSG a décroché un nouveau billet pour les quarts peu avant ce centième match.

Arrivé au club de la capitale le 28 juin 2016, Unai Emery disputait son 100ème match sur le banc de touche le 3 mars 2018, sur la pelouse de Troyes (victoire 2-0)

Voici ses bilans statistiques :

  • En Ligue 1 : 66 matches disputés, 51 gagnés, 8 nuls, 7 perdus soit 77,2% de victoires. Un ratio de 169 buts pour et 46 contre (ratio de 3.7), soit en moyenne 2.6 buts inscrits par match et 0.7 encaissé. Enfin, 161 points engrangés soit 2.4 par match en moyenne.
  • En Coupe de France  : 10 matches joués et autant de victoires. 38 buts marqués et 4 encaissés.,
  • En Coupe de la Ligue : 7 matches disputés et 7 victoires. 22 buts inscrits et 7 encaissés.
  • Pour le Trophée des Champions : 2 matches joués et remportés. 6 buts pour et 2 contre.
  • En Ligue des Champions : 15 matches joués, 9 victoires, 3 nuls, 3 défaites soit 60% de victoires. 44 buts marqués mais 20 encaissés  (ratio de 2.2), soit en moyenne 2.9 buts inscrits mais 1.3 but encaissé par match.

Soit au total, pour ses 100 premiers matches : 79 victoires, 11 égalités, 10 défaites, donc 79% de réussite. 279 buts marqués et 79 encaissés (ratio de 3.5) en moyenne 2.8 buts inscrits par match et 0.8 encaissé.

Quant à son bilan comptable et moral :

  • En Ligue 1 : dauphin de Monaco sur l'exercice 2016/2017
  • En Coupe de France : vainqueur de l'édition 2016/2017 face à Angers (victoire 1-0)
  • En Coupe de la Ligue :  vainqueur de l'édition 2016-2017 face à Monaco (victoire 4-1) 
  • Pour le Trophée des Champions : double vainqueur sur les exercices 2016/2017 et 2017/2018, face à Lyon (4-1) et Monaco (2-1)
  • En Ligue des Champions : sortie en huitièmes face au FC Barcelone (victoire 4-0 à l'aller à domicile, défaite 1-6 au retour)

On le voit, le Basque est d'une efficacité clinique sur les coupes nationales, s'adjugeant dès sa première saison les deux coupes avec des scores fleuves, et étant en lice pour les éditions 2017/2018 le 3 mars. Pour autant, c'est bien l'arbre qui cache la forêt tant son bilan sportif et moral paraît désastreux en Ligue 1 et en Ligue des Champions : Emery vient de passer sous les fourches caudines. Il a en effet interrompu la série de championnats consécutifs en finissant dauphin de l'irrésistible ASM sur la saison 2016/2017 après de mornes prestations. Bien que l'exercice 2017/2018 se déroule sous de meilleurs auspices  - en date du 3 mars, le PSG est en tête de Ligue 1 - cet échec dans le traditionnel pré carré du PSG version QSI reste en travers de la gorge.

Le bilan est encore bien moins reluisant en Ligue des Champions. Paris s'est littéralement fait humilier en 2016-2017 à l'occasion d'une remontada abondamment commentée et brocardée. Cet échec en huitièmes marque une régression sportive (après 4 années en quarts consécutives) et affecte durablement l'image du club de la capitale... Pire encore, malgré un mercato XXL et une ligne d'attaque pesant un demi-milliard, le PSG est pour ce centenaire en ballotage défavorable face au Real Madrid, à nouveau en huitièmes...

Installé dans ses fonctions le 14 mai 2018, Thomas Tuchel fête son centenaire sur le banc de touche parisien le 24 juillet 2020, à l'occasion d'une finale de Coupe de France remportée face à l'ASSE (victoire 1-0)

Voici ses bilans statistiques :

  • En Ligue 1 : 65 matches, 51 victoires pour 6 nuls et 8 défaites, soit 78.5% de victoires. 180 buts pour et 59 contre (ratio de 3), soit en moyenne 2.8 buts pour et 0.9 but contre par match.  Enfin, 159 points pris soit une moyenne de 2.4 par match.
  • En Coupe de France : 12 matches, 11 gagnés, 1 perdu. 43 buts pour et 10 contre.
  • En Coupe de la Ligue : 5 matches, 4 gagnés et 1 perdu. 16 buts pour et 5 contre.
  • Pour le Trophée des Champions : 2 parties jouées et remportées. 6 buts inscrits et 1 encaissé.
  • En Ligue des Champions : 16 rencontres disputées, 10 victoires, 3 nuls, 3 défaites soit 62.5% de réussite. 40 buts inscrits et 16 encaissés (ratio de 2.5), soit en moyenne 2.5 buts marqués et 1 encaissé par match.

Soit pour ses 100 premiers matches : 78 victoires, 9 nuls et 13 défaites ; d'où 78% de victoires. 285 buts marqués et 91 encaissés (ratio de 3.1) : en moyenne 2.9 buts pour et 0.9 but contre par partie. 

Quant à son bilan comptable et moral :

  • En Ligue 1 : double vainqueur, de l'édition 2018/2019 et de l'édition 2019/2020 (par décision des instances après l'arrêt du championnat).
  • En Coupe de France : en 2018/2019, défaite en finale face à Rennes (aux tab) ; en 2019/2020, frais vainqueur - le centième match de Tuchel - face à l'ASSE (victoire 1-0).
  • En Coupe de la Ligue : en 2018/2019, sortie en quart face à l'EAG (défaite 1-2).
  • Pour le Trophée des Champions : double tenant du titre, vainqueur face à l'ASM en 2018/2019 (victoire 4-0) et face à Rennes en 2019/2020 (victoire 2-1).
  • En Ligue des Champions : sur l'exercice 2018/2019, sortie en huitièmes face à Manchester United (victoire 2-0 à l'aller à l'extérieur, défaite 1-3 au retour à domicile).

Quel bilan comptable et moral tirer sur ses 100 premiers matches ? En tout état de cause, force est de rappeller que Tuchel bénéficie d'une singularité statistique inédite, qui déroule directement de la pandémie mondiale actuelle. L'arrêt du championnat et la décision des instances lui octroyent ainsi un second titre en Ligue 1. De plus, le premier match officiel de reprise, et également son centième, est la finale de Coupe de France remportée, ce qui lui offre donc ce trophée. Tuchel est ainsi statistiquement chanceux puisqu'au lieu de jouer son centenaire lors d'un banal match de Ligue 1 en mars, il obtient un coupe-circuit et deux titres qui pèsent dans son bilan comptable des 100 matches.

Si l'on faisait exception de ces deux titres, on pourrait en effet aller jusqu'à dire que le bilan comptable du technicien relève du strict minimum syndical pour la formation parisienne : une Ligue 1 et deux Trophées des Champions ; mais deux échecs en coupes nationales ! Pour autant, la saison 2019/2020 se déroule sous de meilleurs auspices puisqu'en plus du titre de champion de France et de la Coupe de France, le PSG est en finale de Coupe de la Ligue au cap du centenaire. Le bilan en Ligue des Champions, sur lequel les entraîneurs de la capitale sont généralement attendus au tournant, est tout aussi complexe et mitigé.

Tuchel s'est en effet fait sévèrement critiquer après un exercice 2018/2019 désastreux et un sabordage du PSG dès les huitièmes face à Manchester United : un historique d'échecs cuisants sinon plus à l'entame des phases finales qui semble décidément coller aux basques du club depuis trois saisons, et un projet en nette régression donc... Malgré tout, Tuchel dirige avec plus de succès son effectif sur l'édition 2019/2020 de la compétition continentale et signe en effet un retour en quart tant attendu (prévu face à l'Atalanta Bergame) après une double confrontation homérique face à son ancien club Dortmund.

Au cap des 100 matches, quelles comparaisons effectuer entre Tuchel et ses prédécesseurs, quelles conclusions tirer, que lui souhaiter ?

Tuchel statistiquement plus performant en Ligue 1 et en Ligue des Champions

Habituels exercices favoris des scrutateurs pour évaluer les coachs parisiens, la Ligue 1 et la Ligue des Champions sont deux des terrains de jeu où Tuchel s'illustre comparé à ses prédécesseurs.

Le technicien allemand affiche « le meilleur ratio pour un coach dans l'élite dans l'histoire du club ». Du haut des ses 78.5% de réussite, il devance Unai Emery (77,2%) et Laurent Blanc (62.7%). Une croissance progressive du pourcentage de victoire entre chaque coach qui peut naturellement s'expliquer par une certaine maturité du projet sportif parisien qui connaît ses gammes sur le plan national. Le contrat est sur ce point rempli. Même constat pour la Ligue des Champions, où Tuchel, du haut de ses 62.5% de victoires, devance Blanc (61%) et Emery (60%).

Globalement, seul le Basque fait mieux que l'Allemand en pourcentage total de réussite (79% contre 78%), grâce à sa grande maîtrise sur les coupes nationales. Blanc complète le tableau du haut de ses 67%. On peut alors s'intéresser aux statistiques de buts et les comparer pour expliquer ces différences entre les entraîneurs.

A la barre des 100 matches, seul Emery fait en Ligue 1 mieux que Tuchel avec son ratio colossal de 3.7 buts marqués par but encaissé. La performance de l'Allemand est malgré cela plus qu'honorable, pour ne pas dire tout aussi luxueuse, puisque son ratio est de 3. Blanc clôture à nouveau le tableau avec son 2.7. On, le voit, l'évolution successive des coachs parisiens tend à favoriser le jeu offensif en Ligue 1 et à infliger un lourd tribut aux adversaires, quitte à se découvrir derrière, surtout pour la formation de Tuchel qui encaisse presque un but par match (0.9) en moyenne.

C'est néanmoins en Ligue des Champions que Tuchel va tirer son épingle du jeu. S'il encaisse en moyenne le même nombre de but par match que Blanc (1), il est plus solide qu'Emery (1.3). Globalement, il est celui de ce trio de coachs parisiens qui semble avoir trouvé le plus juste équilibre statistique entre attaque et défense et il affiche ainsi logiquement un ratio bien plus intéressant : 2.5 buts inscrits pour chaque but encaissé, contre respectivement 2.2 et 2 pour Emery et Blanc. Utile pour gagner des matches.

Tuchel en demi-teinte sur le bilan comptable, mais sauve son bilan moral en 2020

Sur le strict bilan comptable, difficile d'établir un classement définitif : du haut de ses 100 matches, Blanc arbore déja 4 trophées (Ligue 1, Coupe de la Ligue, double Trophée des Champions), tout comme Emery (Coupe de France, Coupe de la Ligue, double Trophée des Champions). Tuchel se démarque certes de peu (5 trophées : double vainqueur de Ligue 1, Coupe de France, double Trophée des Champions) mais c'est à remettre en perspective avec la bonne fortune statistique dont il jouit...

Globalement et moralement, si les coupes nationales (sans parler du Trophée des Champions) sont deux exercices chers aux clubs - en particulier la Coupe de France où s'illustre historiquement Paris - et pourraient donc être considérés comme des standards de tout entraîneur ; la Ligue 1 est réellement un juge de paix tant le PSG QSI est habitué à dominer. Sur ce point, Emery pourtant chirurgical en coupes semble définitivement entâché de son échec face à l'ASM...les cerises mais pas le gâteau. Tuchel qui dispose de la concurrence en championnat sans trop donner de sueurs froides (double vainqueur) et décroche une Coupe de France en reprise paraît ainsi avantagé sur le plan comptable et moral, même si les deux coupes perdues d'entrée de jeu restent un accroc non-négligeable sur son palmarès. C'est ainsi Blanc qui est peut-être le plus « régulier » sur le plan national avec sa Coupe de la Ligue et sa Ligue 1. A souligner cependant qu'aucun coach n'arrive à briser le signe indien qui pèse sur le poste version QSI et à réaliser un sans-fautes national pour ses 100 premiers matches.

En Ligue des Champions, Blanc est comptablement et moralement quasi intouchable face à ses deux successeurs.

C'est la Ligue des Champions qui est néanmoins le passage obligé pour les entraîneurs du PSG, ces quelques échéances qui sont attentivement - et logiquement - scrutées vu les ambitions déclarées du club. Sur ce plan, Blanc est comptablement et moralement quasi intouchable face à ses deux successeurs. Au soir de son centenaire, il est double quart de finaliste : certes en 2014 son élimination à Chelsea en quarts a déçu, mais le technicien alésien s'est rattrapé en 2015 en éliminant ce même Chelsea en huitiièmes au terme d'un match héroïque, et a donc décroché un nouveau bon pour une tentative en quarts. Le bilan continental d'Emery à la même jauge des 100 matches est clairement bien moins reluisant.

Symbole tragique de son annus horribilis, la remontada de 2016 est une véritable humiliation pour les Parisiens qui sont éjectés par la petite porte dès les huitièmes. Pis encore, au soir de son centième match, les Parisiens sont à nouveau en ballotage défavorable face au Real Madrid cette fois, à l'issue d'une nouvelle prestation apathique sous les ordres du technicien basque...l'occasion de pondérer un peu les statistiques pures, notamment en termes de ratio de victoires et de buts, puisque si le PSG se spécialise dans les corrections en phase de poules, les matches à élimination directe ne sont pas du même calibre.

On retrouve ainsi sensiblement le même problème lors de la première saison de Tuchel, qui sort lui aussi piteusement en huitièmes face à Manchester United malgré des poules très correctes. L'Allemand sauve néanmoins la face par rapport à son prédécesseur sur son deuxième exercice : le retour en quart tant attendu est obtenu pour son 99ème match, et prouve que Paris peut lui aussi remonter un score dans les matches qui comptent.

Que peut-on souhaiter à Tuchel ? 

Dans l'absolu, le Tuchel « idéal » jusqu'à la fin de son bail en 2021 serait un amalgame entre ses prédécesseurs et lui. S'il va au terme de son mandat, il serait un des entraîneurs les plus durables du projet QSI avec 3 ans passés au club, comme Blanc.

On peut en premier lieu appeler de nos voeux la perpétuation de son excellence en Ligue 1 en remportant un troisième titre ; pourquoi pas en allant chercher les records de buts (269) et de points (268) de Blanc qu'il devance pour l'instant à la barre des 100 matches.

On peut aussi lui souhaiter l'efficacité d'Emery sur les coupes nationales

On peut aussi lui souhaiter l'efficacité d'Emery sur les coupes nationales, le plus prolixe grâce à son sans-fautes en deux ans. Il va sans dire que le Trophée des Champions mouture 2020/2021, pour lequel l'Allemand a validé son billet, est une récompense qui fera saliver les supporters parisiens puisque l'affiche sera un alléchant Classique avec l'OM. Tuchel est aussi à quelques jours d'aller chercher une potentielle première victoire en Coupe de la Ligue, et peut espérer accrocher une nouvelle Coupe de France (suppression de la Coupe de la Ligue) à son tableau de chasse en 2020/2021. Trois trophées qui feraient du bien à son palmarès après son double échec inaugural, dépasseraient Emery et le classeraient second derrière Blanc en termes de trophées nationaux (Blanc en détient 11, Emery 7 et Tuchel peut en espérer 9 au sortir de son mandat).

Enfin, qu'attendre de Tuchel en Ligue des Champions ? Avec son accession en quart, il fait déja mieux que son prédécesseur immédiat. On peut au moins espérer qu'il fasse aussi bien que Blanc, à savoir maintenir a minima la formation parisienne en quarts l'an prochain. Bien évidemment, un parcours poursuivi en demies et en finale, et pourquoi pas une victoire à la clé modifierait considérablement la place de l'Allemand dans cette hiérarchie morale des coachs parisiens. D'autant que le format inédit du Final 8 à venir et le tirage relativement clément peuvent laisser rêveur...

Néanmoins, pour reprendre le vieil adage de Sir Alex Ferguson, "Attack wins you games, defense wins you titles" qui semble tout à fait digne de considération, en particulier en Ligue des Champions, on peut aussi espérer que Tuchel stabilise quelque peu sa défense parfois friable sur les matches clés. Un but encaissé par match européen en moyenne contre 2.5 marqués, ce n'est clairement pas mauvais comparé à ses prédécesseurs ; mais la statistique est à pondérer tant le bloc collectif peut sembler parfois erratique sur le terrain, ce qui ne pardonne que très peu face aux grosses écuries, en particulier pour une hypothétique suite de parcours...

Un modèle nommé Carlo ?

On l'avait jusqu'à présent laissé de côté dans notre analyse puisqu'il n'avait pas atteint la jauge des 100 matches sur le banc de touche du PSG, mais force est de convoquer ce coach parisien emblématique pour le comparer à Tuchel.

C'est son bilan européen qui nous intéressera ici, et qu'on rappelle donc succinctement :

  • En Ligue des Champions : 10 matches joués, 6 gagnés, 3 nuls et 1 défaite soit 60% de victoires. 20 buts marqués et 8 encaissés (ratio de 2.5) soit en moyenne 2 buts marqués et 0.8 encaissé par match.
  • Parcours : édition 2012/2013, sortie en quarts face au FC Barcelone (double confrontation nulle, 2-2 à domicile à l'aller, 1-1 au retour)

De prime abord, on pourrait ne pas comprendre l'intérêt de le comparer à Tuchel, tant le technicien transalpin semble en retrait en termes de victoires ou de puissance de feu offensive. 

C'est pourtant sur les plans comptable et moral que la comparaison est plus fertile. Pour sa première saison pleine et pour sa première campagne européenne à la tête de l'équipe de la capitale, le Mister avait créé la sensation en se hissant d'emblée en quarts. Mieux encore, la jeune formation parisienne, pas encore tout à fait rodée et sans une pléthore de véritables stars avait su tenir la dragée haute aux écuries européennes. La sortie en quarts sous les honneurs face au Barca s'était ainsi déroulée sans que Paris ne perde !

Plus généralement, on se souvient du collectif relativement léché en ces premiers temps qataris et de l'efficacité défensive (seulement 0.8 buts encaissé par match en moyenne, plus basse moyenne pour un coach QSI en C1) que déployait avec maestria le technicien, y compris en phases finales. Son ratio de 2.5 buts marqués par but encaissé est ainsi identique à celui de l'Allemand, mais avec deux approches différents (encaisser moins ou marquer plus).

Quelles conclusions en tirer pour Tuchel ? Du haut de son hydre en attaque, les fameux quatre fantastiques qui pour la plupart ont développé des automatismes certains, Tuchel peut légitimement croire en ses chances de marquer plus que l'adversaire. Pour autant, des observateurs dénoncent souvent un bloc équipe pas assez soudé, coupé en deux et une culture défensive globalement peu présente (certes pas aidée par la qualité de la ligne arrière), assez rédibhitoire sur les matches couperets. 

S'efforcer de restaurer un peu cette sérénité défensive - quitte à grappiller seulement quelques centièmes, des gains marginaux en buts encaissés - observée fréquemment chez Ancelotti sans sacrifier son attaque de feu (l'Italien se voyait fréquemment reprocher son manque d'éclat), et fédérer fortement son groupe autour de l'objectif - surtout en cette période supposée d'union sacrée des joueurs - pourrait ainsi être un axe de travail pour Tuchel, une sorte de progression logique qu'on attendrait de lui pour faire passer un palier au club de la capitale.

A quelques semaines à peine d'un quart de finale inédit et hautement attendu face à l'Atalanta Bergame, formation réputée pour ses prouesses offensives cette saison ; la clé du match pourrait ainsi bien se trouver dans les buts que n'encaisseront pas les équipes. Tuchel a en tout cas toutes les cartes en main pour s'inscrire un peu plus dans l'histoire du PSG en allant tutoyer des sphères continentales que le club parisien n'a plus fréquentées depuis plus de deux décennies.

Vous pouvez retrouver les commentaires de l'article sous les publicités.


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