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Paulo César : «Avec nos qualités, on peut gagner face à Lyon»

Publié le samedi 2 mai 2026 à 9:00 par Bruno Hermant
A l'aube de la dernière journée de phase régulière de l'Arkéma Première Ligue, le PSG a ouvert le Campus PSG aux médias pour l'entraînement de jeudi. Les joueuses et le staff de l'équipe féminine ont pu répondre aux nombreux médias présents, à savoir Anaïs Ebayilin, nommée pour le trophée UNFP de la meilleure espoir féminine, la capitaine Sakina Karchaoui et le coach Paulo César. Transcript complet de l'interview de Paulo César.
A l'aube de la dernière journée de phase régulière de l'Arkéma Première Ligue, le PSG a ouvert le Campus PSG aux médias pour l'entraînement de jeudi. Les joueuses et le staff de l'équipe féminine ont pu répondre aux nombreux médias présents, à savoir Anaïs Ebayilin, nommée pour le trophée UNFP de la meilleure espoir féminine, la capitaine Sakina Karchaoui et le coach Paulo César. Transcript complet de l'interview de Paulo César.

Comment ça va ? Et le groupe ?

« Moi, ça va très bien. Le groupe vit bien, ça va très bien depuis le mois de janvier. On fait de bonnes prestations, on travaille fort pour que les échéances qui viennent devant nous soient prêtes. »

Pour comprendre un petit peu comment vous avez réussi à changer ce groupe et le faire repartir de l'avant et avoir des échéances comme celles qui arrivent, la finale de Coupe de France, les playoffs, alors que c'était quand même pas très très bien parti.

« Oui, après on commence du départ. Le départ, c'est responsabiliser les joueuses par rapport à ce qu'elles peuvent reproduire sur le terrain, même si on avait un groupe assez jeune. Sur les trois dernières années, on est quand même le groupe le plus jeune du PSG. Et moi j'ai bâti là-dessus après la cohésion de groupe.

La cohésion de groupe dans le vestiaire, c'est très important, c'est quelque chose que j'apprécie. La relation humaine pour moi est primordiale. A partir du moment où tu as une relation humaine, je pense que toutes les choses autour avancent avec nous. Toucher les personnels qui travaillent autour de nous. Parce que c'est très important quand tu entres ici au Campus, que tu as des personnels à la sécurité au portail, que tu as les gens qui nettoient le sol, que tu as tout le monde... 

C'est important que ces personnes-là nous soutiennent aussi. Et moi je trouve que les filles, elles ont super bien fait. Et pas que à partir de janvier, parce qu'on parle beaucoup de janvier, mais depuis le début de saison, les joueuses, elles sont remarquables sur ça. Donc tous ces petits détails en dehors du terrain, auquel on a fait attention, font une grosse différence sur le terrain dans la durée.»

Comment vous avez su faire changer l'état d'esprit des joueuses ? Vous restez quand même sur une série très très positive, seulement de défaites face à L'OL. Est-ce qu'on peut dire qu'il y a un secret Paulo César ? Et ça y est, les joueuses l'ont intégré, s'en sont imprégnées ?

« Non, je n'ai pas de secrets. Je m'appuie sur la relation humaine comme je l'ai dit avant. Ce que je sais et que je suis sûr, c'est qu'il y a une très grande force dans ce collectif-là. Même s'il y a des joueuses jeunes, les cadres pour moi sont très important. Ce sont des joueuses internationales qui ont l'habitude de jouer des grands matchs.

Les jeunes qui arrivent, moi je les connais très bien parce que j'étais aussi à la formation et je sais ce qu'elles sont capables de faire. On réunit tout ça et avec un très bon groupe et avec un très bon quotidien, on vit bien et on travaille bien. Travailler bien, ça ne veut pas dire qu'on va rigoler tout le temps, ça veut dire qu'il faut travailler fort. Il faut essayer d'être juste dans tout ce qu'on fait au quotidien, essayer d'être attentif, professionnel.

Si moi, je pense que dans le fond, si les choses sont bonnes pour le club et pour l'équipe, au final, les choses vont bien se passer. Et quoi qu'il arrive, on n'a pas de souci d'avoir des mauvais résultats. On va toujours avoir des bons résultats parce que les filles se donnent à fond et elles se donnent à 100%.»

En parlant de justement de joueuses que vous connaissez très bien, cette année, il y a la deuxième édition des Golden Kids (récompense des meilleurs joueurs de centres de formation) et ils ont pour la première fois décidé d'intégrer les féminines. Sur les 6 nominés, il y en a 3 qui sont issues du Paris Saint-Germain, Léa Morissaint, Tanté Diakité et Noémie Fatier.

« Ah oui, c'est grâce à ces joueuses-là aussi qui font la force de cette équipe-là, qui ramènent une autre dynamique, une autre intensité dans les séances. Elles n'ont pas peur, elles ont de la confiance aussi de reproduire ce qu'elles font sur le terrain en s'entraînant, en match, même si Noemie a eu moins d'apparitions que Léa par exemple.

Mais ce sont des joueuses en qui j'ai beaucoup de confiance, ce sont des joueuses que les cadres ont accepté d'une façon "super bien". Et après ce rôle de les joueuses d'expérience, d'intégrer ces joueuses jeunes, est primordial dans le quotidien parce que ce sont les références pour les jeunes.

Je pense que quand elles sont au centre de formation, elles ont envie de voir Griedge Mbock, de voir Paulina Dudek, Sakina Karchaoui, Mary Earps, beaucoup plus proches. Là, elles ont cette possibilité. Donc là, je sais qu'elles sont en train d'observer, de regarder leur quotidien pour qu'elles puissent reproduire une partie de ce qu'elles font sur le terrain.»

Est-ce qu'on peut dire qu'Anaïs Ebayilin est la plus grande révélation de cette saison ?

« Anaïs, elle a un potentiel énorme. Il ne faut pas oublier qu'elle est encore très jeune. Mais je pense que dans le futur, elle va être un joueuse de très haut niveau. Elle est déjà à un très bon niveau. Mais voilà, je pense qu'il y a encore des choses à améliorer et elle va le faire.

Parce que c'est une fille qui est à l'écoute. C'est une fille qui prend ses marques, qui est en confiance. Et on va juste l'accompagner pour qu'elle soit encore plus performante et qu'elle nous aide encore plus.»

Il y a de grandes échéances qui arrivent, la finale de la Coupe de France et les play-offs. Comment sentez vous votre groupe ? Pensez vous qu'il sera capable de battre Lyon ?

« En fait, c'est un peu mitigé parce que tu as Strasbourg avant. Et moi je ne peux pas oublier ce match, parce que je pense que l'objectif de l'équipe, le mien et du club, c'est d'arriver à la deuxième place. Donc il faut que nous fassions notre partie du travail aussi contre Strasbourg. C'est le premier point. Après il y a une finale contre une grosse équipe, une équipe qui a beaucoup de joueuses de compétition de très haut niveau.

Nous, on a envie de changer la donne, bien sûr. C'est facile de dire qu'on a envie de gagner, mais je pense que l'autre côté aussi, elles ont envie de gagner. Nous, on va travailler, on va faire tout pour qu'on soit prêtes ce jour-là et qu'on puisse éventuellement écrire une nouvelle histoire.»

Est-ce qu'il n'y a pas un complexe d'infériorité entre cette série d'une dizaine de matchs pas gagnés du PSG face à Lyon ?

« Non, je pense que c'est quand même la réalité. La réalité, c'est qu'il y a une équipe de Lyon qui est forte, qui a recruté des joueuses pour gagner toutes les compétitions qu'elles vont disputer. Il faut être réaliste aussi. Je ne pense pas que les joueuses aient un sentiment d'infériorité.

On sait qu'aujourd'hui, nous, on n'a pas un effectif assez large comme Lyon, mais on a des qualités. Et avec nos qualités, on peut gagner. Ce n'est pas impossible de gagner contre une équipe de Lyon. Après, il faut aussi être réaliste que c'est une grosse équipe en face.»

On sait que l'écart face à Lyon s'est quand même un peu resserré entre le match début de saison, le second match de championnat et le match de Coupe de la Ligue dernièrement. On voit que le PSG est quand même beaucoup plus fort qu'en début de saison contre Lyon.

« Après, le contexte est différent. En début de saison, on a joué le troisième match de la saison contre elles. Si on se rappelle bien, on était bien durant 70 minutes à 1-1. Et là, il y a eu un trou noir. On va dire qu'on a pris des buts qui pouvaient être évitables. Après, la seconde rencontre, on est au Parc, devant notre public. On a envie de faire une bonne revanche. On a fait un très bon match.

Malheureusement, on a pris un but qui était aussi évitable. Après, à Abidjan, je trouve que notre équipe a bien joué dans les phases qu'on a préconisées. Mais l'équipe adverse était meilleure. Là, maintenant, on a les constats, on a les références des matchs qu'on veut mettre en place. Après, c'est à nous d'être prêtes et réaliser un bon match.

Sur le plan personnel, c'est votre première saison en tant que coach principal de l'équipe. Comment vous la vivez ?

« Avec beaucoup d'enthousiasme, beaucoup d'émotion parce que c'est un club que j'aime bien. C'est un club que j'ai choisi quand j'ai quitté le Brésil. C'est ma première année, j'ai beaucoup d'expérience en tant qu'ancien joueur, mais aussi dans le club à partir du moment où j'ai effectué 5 ans dans les équipes de la formation. J'ai eu un temps d'observation assez complet.

J'en profite, j'essaie de mettre ma caractéristique et ma vision du foot pour les filles. Je pense que j'ai plutôt réussi. Si on parle de points, on a envie de parler aussi des résultats importants pour vous aussi. Là on parle en termes de points, on est à 53 points avec les 9 points perdus. On a plus de points que les 3 dernières années. Le tout avec un match de moins encore à jouer.

Moi, je suis fier que les filles puissent reproduire ces performances. Parce que les filles, elles ont aussi accepté ce challenge de s'occuper du sportif et de souder ce vestiaire. Et c'est ça dont je suis le plus fier. Et après, voilà, ma première année, c'est très positif ce que j'ai vécu et ce que j'ai vu jusqu'à maintenant.»

Vous prenez du plaisir, justement, sur le bord du terrain. À chaque fois, vous bougez beaucoup.

« J'ai envie de jouer, mais je ne peux pas. Donc, j'essaie de l'aider de la meilleure façon que je peux, ce n'est que par la voix, pour l'encouragement. Après, voilà, ça reste quand même notre limite. Je pense que les filles, sont meilleures à ce moment-là que moi pour jouer.»

Anaïs nous a dit qu'elle allait bien vous faire courir pendant les toros...

« Ça, Anaïs mais il en y a d'autres aussi. Mais bon, après, ça fait partie du jeu. Les toros, j'aime bien pour qu'on soulage un petit peu la tête, pour qu'on entre dans la séance avec un état d'esprit plus relâché. Ça fait partie aussi de cette cohésion. Ça fait partie aussi de ce travail qu'on fait au quotidien.»

Au niveau du jeu, on voit des belles combinaisons. On voit des cadres qui sont très performants. On voit Romée et les attaquantes qui sont efficaces en termes de but. On peut dire que l'équipe a une base solide.

« Oui, je pense que le groupe a compris la façon et le modèle du jeu qu'on préconise. Il sait qu'il y a des moments où on va jouer verticalement parce qu'on a des joueuses qui vont vite. Il y a des moments où on va jouer combinés en fonction de l'équipe qu'on met en place. C'est ce qu'on préconise.

Après, oui, tu as des joueuses qui jouent devant comme Romée Leuchter, comme Merveille Kanjinga, comme Tara Elimbi-Gilbert aussi, qui a pris quand même une importance énorme sur le groupe aussi par rapport à ses prestations. Voilà, on essaie de mettre en place les choses par rapport aux caractéristiques des choses qu'on a en main. Et là, depuis le mois de janvier, ça fonctionne très bien et on va continuer comme ça pour que les choses puissent sourire pour nous à la fin du mois de mai.»

Elles sont beaucoup plus solides en ce moment, est-ce que c'est un vrai motif de confiance pour les échéances à venir ?

« Sur la première partie, on a pris pas mal de buts dans nos organisations sur la transition. On a travaillé pendant la trêve, on a travaillé pendant notre stage en Espagne. Les filles ont bien compris l'équilibre d'équipe que je voulais. Et c'est ça qui a fait notre force. Aujourd'hui, sur la deuxième partie, si je ne me trompe pas, on n'a pris que 8 buts et on en a marqué 42. Donc c'est quand même très positif.

Je félicite aussi ma défense parce que c'est très important. Ce n'est pas facile aussi de défendre comme nous. On doit défendre pour apporter pour le milieu et pour l'attaque. C'est un travail collectif, c'est un travail de tout le monde, de la gardienne jusqu'à la première attaquante. Collectivement, les joueuses qui entrent aussi sur le terrain gardent une dynamique assez importante.

Je suis très content de ce groupe-là, même si le groupe est jeune. Si on discute depuis le début de saison, il y avait beaucoup de doutes sur ces joueuses-là. Je pense qu'il y a pas mal de joueuses jeunes et cadres qui ont confirmé leurs performances.»


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