A l'aube de la dernière journée de phase régulière de l'Arkéma Première Ligue, le PSG a ouvert le Campus PSG aux médias pour l'entraînement de jeudi. Les joueuses et le staff de l'équipe féminine ont pu répondre aux nombreux médias présents, à savoir Anaïs Ebayilin, nommée pour le trophée UNFP de la meilleure espoir féminine, la capitaine Sakina Karchaoui et le coach Paulo César. Transcript complet de l'interview d'Anaïs Ebayilin.
Quel état d'esprit est le groupe avec tout ce qui est en train de se profiler, les finales de Coupe de France, les play-offs qui se décident ? On sent qu'il y a du soleil, de la bonne humeur. On a l'impression que ce groupe vit bien.
« C'est ça, c'est ça. On a des gros matchs qui arrivent, donc on est concentrés sur ça. On s'entraîne bien, on fait en sorte que le groupe soit bien. Donc on essaie de peaufiner l'ambiance du groupe, ce qui va nous ramener à des résultats et aller chercher des trophées. On est en quête de trophées cette saison, donc c'est le bon moment pour pouvoir en chercher.»
Quel est le secret et d'où vient finalement la bascule ? Parce qu'avec un début de saison compliquée, une élimination de Ligue des Champions, beaucoup de gens qui étaient assez négatifs autour du groupe, à dire que c'était très mal parti. Et là, finalement, sur ces six derniers mois, on voit du jeu, des choses qui reviennent, comment vous êtes reconstruites ?
« Je pense que déjà le fait qu'on soit au pied du mur, on va dire. Il fallait avancer tout simplement comme on a fait des stages en Espagne. Ce qui a permis de se concentrer sur le groupe. Ensuite on a enchaîné des bons matchs, des bonnes performances, ce qui nous a mis dans le bain et nous rendre compte qu'on est un grand groupe, on a des joueuses professionnelles, des grandes joueuses.
Et avec la confiance de tout le monde, ça nous a permis maintenant d'être là où on est aujourd'hui. On a récupéré des points et on va en continuer. Il nous reste un dernier match. On va bien finir la saison dans le championnat et après on va aller chercher les trophées.»
Arrive PSG/Lyon, c'est toujours difficile. Comment on les fait tomber ? Parce qu'on sait que chez les jeunes, on les fait tomber, mais chez les grandes c'est un tout petit peu plus compliqué...
« C'est un grand match ce PSG Lyon. Il faut rester concentré du début à la fin. Voilà, c'est encourageant. Le dernier match qu'on a fait, malgré la défaite, on est allées les chercher. On était sur elles et elles ont craqué. Mais malheureusement, on n'a pas réussi à marquer ce but-là qui nous permettrait de gagner.
Mais on est proches, on le sent. On est confiantes entre nous. Donc on va sur ce match avec beaucoup de confiance et on espère en tout cas aller chercher cette finale parce qu'on est sûr de nos forces.»
Vous vivez une année exceptionnelle. Vous êtes titulaire avec le PSG, nominée en tant que meilleure espoir féminin aux Trophées UNFP, appelée avec l'équipe de France, bien installée dans le groupe pro.
« Oui c'est une bonne année pour moi. Mais voilà, c'est important de dire que c'est aussi grâce au groupe. Parce que je joue avec un groupe, je vis avec un groupe, je peux pas jouer toute seule sur le terrain donc je sais que c'est grâce à ce groupe là donc il faut que aux entraînements on mette de l'intensité pour pouvoir s'élever toutes les unes les autres.
Et c'est ce qu'elles ont fait pour moi, elles ont été là pour moi et on a toutes réussi à élever notre niveau de jeu. C'est moi, mais tout le monde, toutes les joueuses ont fait une bonne saison et il faut continuer là-dessus pour pouvoir aller chercher ces deux trophées.»
Equipe de France, PSG, c'était une situation indiscutable au sein de cette équipe. Qu'est-ce que le coach vous a apporté durant cette saison ?
« De la confiance. Je pense que c'est le plus important quand on revient d'une saison auparavant où ça a été compliqué pour moi, donc beaucoup de confiance. C'est ce qui m'a permis de revenir. On a pris notre temps, on a fait les choses bien. Et ça, c'est grâce à ça, je pense, le fait de me faire confiance, de me faire rentrer petit à petit dans le bain. Et maintenant, je suis là à aider mes coéquipières, donc c'est un plaisir pour moi.»
On voit dans votre jeu une maturité, votre mentalité de guerrière. Quel est votre objectif personnel ?
« Ne pas m'arrêter, il ne faut pas se mettre de barrières. Parce que si je me mets une barrière, je vais restreindre mes capacités. Je veux continuer à aller chercher des belles choses, faire des belles choses. Que ça réussisse ou non, en tout cas, il faut que je me donne à fond. Et c'est le plus important, je pense que c'est ça le secret, ne pas se mettre de barrière et continuer à foncer comme font les taureaux, tout simplement (rires).»
Vous avez déjà vécu deux grosses blessures ces trois dernières saisons. Comment faites vous maintenant pour rejouer sans avoir d'appréhension ? Il y a plus de prévention, plus de travail par rapport à ça ?
« C'est ça, plus de prévention, beaucoup de travail en salle. On a un beau campus qui nous permet de bien travailler, que ce soit sur la récupération ou même sur le travail en salle. Mais après, moi, je pense qu'il ne faut pas avoir peur. Je suis revenue d'une grosse blessure mais il faut mettre le contact parce que c'est en se restreignant que l'on se blesse encore plus.
Et en plus de ça, j'ai des grandes joueuses avec moi qui se sont faites des grosses blessures. Je pense à Paulina Dudek, je pense à Griedge Mbock. Elles ont été là pour moi, que ce soit dans l'aspect psychologique, ce qui m'a permis d'être là et d'être forte, de ne pas avoir peur.»
Parce que vous faites peur aux adversaires !
« (rires) Ca fait plaisir. C'est un objectif. Pas faire peur humainement, mais sur le terrain, il faut montrer qu'on n'est pas amis. En fait, on est là, on est les uns contre les autres. Et après, quand le match est fini, on peut rigoler, on peut être tranquille. Mais sur le terrain, il n'y a pas d'amis.»
Finalement, vos coéquipières vous ont beaucoup aidé au Niveau de l'intégration, du conseil, etc.
« On le voit bien aussi avec les jeunes joueuses qui sont arrivées, qui sont intégrées dans le groupe pro maintenant. Ça a été fait pour tout le monde, ça a été pour moi. Il y a des jeunes, je pense que vous l'avez vu sur l'entraînement, il y a beaucoup de jeunes qui se sont entraînés avec nous aujourd'hui.
Il faut les intégrer parce que c'est l'avenir du Paris Saint-Germain. C'est important de se concentrer sur l'avenir. Mais maintenant, on se concentre aussi sur les matchs qui sont à venir et elles vont nous aider. Elles vont nous aider pour bien s'entraîner, pour faire des bonnes performances.»
Vous avez un peu le rôle de grande soeur maintenant auprès des jeunes du groupe professionnel, le symbole de la formation du PSG féminin.
« On s'est déjà parlé par rapport à ça, par rapport au fait que j'ai signé tôt mon premier contrat. Tout s'est fait très rapidement pour moi, mais ça reste quand même des amis. Donc il n'y a pas de cette relation de je suis plus grande, elle est plus petite. On est tranquille, on parle. Elles m'ont posé beaucoup de questions, ce qui leur a permis de savoir des choses sur le haut niveau.
C'est un plaisir pour moi d'être considérée comme le symbole de la jeunesse au Paris Saint-Germain. Mais il faut se concentrer maintenant sur les matchs qui sont à venir. Il faut qu'elles se concentrent sur elles pour qu'elles puissent avoir l'opportunité de jouer les prochains matchs. Parce que ça se joue au niveau, ça ne se joue pas à l'âge, les performances et surtout le fait de jouer les matchs.»
Je me permets une question sur Paulo César, vous le connaissez depuis longtemps. On le voit là en train de sauter dans tous les sens. Dans les entraînements, tout à l'heure, il est en train de donner les consignes. On connaît les coachs qui sont un peu en retrait. Lui, Il y va.
« Il met beaucoup de cœur dans ce qu'il fait. C'est important pour nous de sentir le fait qu'il soit là pour nous et qu'il est investi aux séances. Il a l'habitude de faire les taureaux avec nous, on aime bien le faire courir (rires). Ça nous met directement dans le bain. Ça nous met sur le fait qu'il est là, il est présent pour nous et c'est un plaisir.
Et aussi, il a été adjoint, donc je pense qu'il a l'habitude d'être dans les séances. Il faut qu'il reste lui-même, c'est ce dont on a besoin. Et ça met beaucoup d'envie, beaucoup d'énergie dans les entraînements.»
Quel est votre message pour les supporters avant cette finale ?
« D'y croire, de continuer à y croire. Nous, on est confiantes, on a besoin d'eux et on va tous être ensemble pour jouer ce match-là. Parce que ce n'est pas que nous qui jouons, c'est aussi le staff et les supporters.»
Vous parliez d'avenir, quel est le votre du coup ? Parce que vous arrivez en fin de contrat, si on a bien compté...
« Je savais que c'était une question qui allait tomber (rires). Non, ce n'est pas moi qui gère tout ça. Moi, mon travail, c'est de jouer sur le terrain. J'ai des agents pour ça, qui travaillent là-dessus. On discute pour avoir la meilleure décision.
Moi, mon avenir, c'est le match qui arrive, Strasbourg, et ensuite le match contre Lyon. C'est là où je vais me donner à fond et je vais montrer que je suis une joueuse du Paris Saint-Germain.»