C'est un Luis Enrique concentré et méfiant qui s'est présenté en conférence de presse à la veille de Chelsea/PSG ce lundi. Pas le moindre mot prétentieux, et au contraire beaucoup plus de prudence malgré le refus total d'imaginer du relâchement.
Pour se qualifier demain et ne pas passer son temps à défendre dans les 15 dernières mètres, quelle est selon vous la meilleure solution pour terminer le travail demain face à Chelsea ici ?
« C'est clair. Il est clair que l'on a joué seulement le premier match et il reste encore le deuxième. Les deuxièmes sont toujours différents et les matchs retour sont différents parce qu'il y a une équipe qui est en dehors de la compétition dans ce moment et qui veut préparer le match pour changer ça. Et c'est en ça que ce sont des matchs différents et très compliqués, bien sûr. On est prêt, on est habitué à jouer ce type de match et ce type de rencontre. Et ce à quoi on pense, c'est à performer de la meilleure manière. »
Après Monaco, vous admettiez que votre équipe était en difficulté. Vous avez évoqué la notion de confiance, vous disiez que votre équipe manquait de confiance. Est-ce que vous avez le sentiment là sur la dernière semaine et notamment grâce à ce match aller que votre équipe et globalement vos individualités, notamment offensives, ont retrouvé de la confiance en leurs possibilités ?
« La confiance, c'est une chose, c'est un truc spécial. Ce que je peux dire, c'est qu'on peut être meilleur ou pire dans les matchs. Mais ce que nous sommes, et on l'a montré pendant toute la saison et à chaque éliminatoire de Champions League, c'est une vraie équipe, très difficile et très costaud à jouer et qu'on est capable de jouer contre n'importe quelle équipe de très haut niveau. »
Ousmane Dembélé a spontanément évoqué le souvenir de Villa Park l'année dernière pour montrer un petit peu ce qu'il ne fallait pas faire et qu'il fallait aussi être capable de souffrir dans cette compétition. Est-ce que c'est un exemple que vous mentionnez spécifiquement dans vos causeries à votre groupe ou au contraire c'est plutôt le genre de souvenir qu'il faut plutôt laisser dans le passé ?
« Il y aura des moments pendant le match qui seront difficiles à gérer »
« Je pense que ça a été un exemple clair de ce que peut devenir un match de football. On a préparé le match de Birmingham comme celui de Chelsea avec l'intention de gagner, de marquer des buts. Mais il y aura des moments pendant le match qui seront difficiles à gérer et il faut savoir contrôler le match. Mais notre objectif, c'est de chercher à gagner le match. On aura des moments de souffrance, bien sûr. »
On a eu il y a quelques instants Ousmane Dembélé. Quelles sont les qualités de leader que vous appréciez chez le joueur et sur le terrain et en dehors ?
« Je pense qu'on a parlé largement d'Ousmane pendant cette année. Pour nous, si je pense comme entraîneur, c'est incroyable d'avoir un joueur comme lui. Il a été capable de changer sa mentalité parce que, comme on a changé la position d'Ousmane, que c'était un ailier clé et typique toute sa vie, il a vu et il a trouvé la possibilité de changer sa capacité à jouer de manière différente. Et en tant qu'entraîneur, c'est un vrai plaisir d'avoir un joueur comme Ousmane. Mais si je parle comme supporter, c'est toujours joli quand tu vois un match à la télévision et tu vois un joueur comme Ousmane, qui sait faire de tout avec le ballon et sans le ballon. C'est un vrai plaisir, je me répète. Mais ce sont des joueurs différents et pour nous, c'est très positif. »
Les pronostics, les statistiques vous donnent déjà presque qualifiés pour les quarts de finale. Est-ce que vous voyez un piège dans ce match retour ?
« Tu vas voir combien d'équipes qui avaient trois buts d'avance avant le match vont se qualifier »
« Je pense qu'il y a quatre matchs avec cette différence de trois buts. Tu vas voir combien d'équipes qui avaient trois buts d'avance avant le match vont se qualifier. Le football, c'est un sport incroyable. Si nous nous rappelons de ce qu'on a fait le dernier match contre Chelsea après quatre-vingt minutes, je pense qu'on était à 2-2 (NDLR : en fait, Vitinha venait de marquer le 3-2). Et après on a surmonté dans différents aspects du jeu Chelsea dans ces dernières minutes. Mais ça a été très équilibré pendant tout le match. Demain, on est prêt à jouer un match de la même manière et ce sera compliqué. Nous sommes habitués à jouer ce type de match parce que notre phase de groupe, c'est clair que c'était différent que ce qu'ont joué d'autres équipes. Mais la difficulté et la souffrance pendant le match seront là et il faut savoir les gérer. »
Coach, on a parlé de l'avantage pris par le PSG au match aller. Vous dites souvent que pour les grosses affiches, il ne faut pas être à 110%, comment faire pour éviter que votre équipe ne soit pas à 90% et qu'il y ait un éventuel petit relâchement auprès de certains de vos joueurs demain ?
« Non, c'est impossible d'avoir du relâchement en Champions League. Impossible ! Chelsea aura la capacité à créer des occaisons. Mais c'est impossible d'avoir, comme tu l'as dit, du relâchement. S'il vous plaît, ce n'est pas un espace (NDLR : pas sûr de ce qu'il dit), c'est un match de football de Champions League, c'est impossible. Mais s'il y avait égalité, ce serait normal. Profiter de ce moment de souffrance pour changer la dynamique, je pense que que c'est peut-être la clé. Ce que nous cherchons, c'est de contrôler les matchs, mais ce sont des matchs impossibles à contrôler parce que c'était toujours difficile de jouer ce type de match et c'est très différent de ce que nous avons fait lors du matchs aller. »
La suite des questions venait des journalistes anglais, d'où des thèmes très différents.
Je veux faire référence à une déclaration de l'année précédente, le 7 mai, après le match contre Arsenal. Vous aviez dit que c'est la meilleure ligue, c'est la Premier League, mais que le PSG venu de Farmers League a gagné 4 matchs contre les équipes anglaises l'année dernière. Donc comment vous comparez le PSG qui a démontré qu'il est capable de battre n'importe quelle équipe en Premier League ?
« C'était une blague et cette blague me suit tout le temps. Mais bon, vous savez, c'est toujours un plaisir de pouvoir jouer contre les équipes anglaises. C'est le top niveau. Et à chaque fois, on peut montrer notre niveau, nos principes, nos standards de jeu, ce qu'on est capable de faire. Et c'était marrant l'année dernière parce qu'on a joué quasiment toutes les équipes anglaises et cette année, on dirait que ça se reproduit. On essaie de dépasser, de battre toutes ces équipes rivales. Mais sinon, il n'y a rien. C'était vraiment une blague. On fait de notre mieux pour respecter tout le monde, chaque équipe qu'on rencontre. C'est ça notre approche. »
Est-ce que vous pouvez nous dire comment vous dirigez votre équipe, en tant qu'équipe championne d'Europe ? Est-ce que c'est essentiel d'avoir un leader ?
« On a un avantage aujourd'hui, mais on sait que cet avantage peut disparaître très rapidement »
« Oui, c'est une motivation de jouer et de gérer ce genre de match dans ce type d'environnement, dans des stades pleins avec tous vos fans qui sont là pour pousser. Mais nous, en tant qu'équipe, qui défend son titre, c'est une réelle motivation. On essaie de se concentrer sur les choses importantes et sur les détails. C'est très important, c'est toujours important lorsqu'on joue contre des équipes qui ont le même niveau que vous. Et on va essayer, on va faire de notre mieux. On a hâte de jouer ce genre de match. Et oui, on a un avantage aujourd'hui, mais on sait que cet avantage peut disparaître très rapidement donc il faut qu'on se concentre là-dessus. »
Le mois dernier, Chelsea disait que vous n'étiez pas un coach qui pourrait correspondre à Chelsea. Est-ce que vous pensez que Chelsea pourrait être un club pour vous ?
« Je joue demain un match très important. Je n'ai pas vraiment bien compris votre question, mais peu importe, ce n'est pas important. Je suis le coach du PSG. Je suis très fier d'être le coach du PSG. Et c'est ça vraiment la chose la plus importante aujourd'hui. »
On a vu lors du dernier match contre Newcastle l'arbitre coincé au milieu des joueurs de Chelsea avant le coup d'envoi. S'il se passe la même chose contre vous, comment vous réagirez ?
« J'étais un peu surpris lors du dernier match. Liam (Rosenior) a parlé de ce match avec une grande maturité. Tout peut se passer, mais s'il y a du respect, si tout le monde est respectueux, l'équipe de Chelsea et les joueurs, il n'y aura aucun problème. »
Je veux encore vous demander quelque chose à propos de Liam Rosenior. C'est un moment un peu difficile, ils ont des blessures. Comment vous pensez que Liam s'adapte par rapport à ça ?
« J'ai assez de problèmes, vous savez. C'est le moment de parler du match de demain et du PSG. Je respecte beaucoup Liam en tant qu'entraîneur, évidemment. J'espère qu'il aura beaucoup de succès, mais après demain. »
Vous avez pu parler avec João Pedro de ce qu'il s'est passé pendant la Coupe du monde des clubs, à propos de cet incident après le match ? Et Chelsea a des problèmes de blessures, ils en ont aussi avec leurs gardiens. Est-ce que ça vous donne une autre opportunité d'exploiter l'absence de Reece James ?
« Pour la question d'avant, je faisais une blague, mais en réalité non. Si je réponds ça avec une question, avec une blague, ça ne va peut-être pas marcher. Je n'ai rien à rajouter à la situation avec Pedro. Par rapport à la deuxième question, je me concentre sur le PSG, je n'ai rien à dire sur Chelsea. »