Article
Victoire sans l'être, génial Kvara, Bayern dominé, etc, 30 pensées rapides sur Bayern/PSG (1-1)
Au lendemain d'un Bayern/PSG (1-1) finalement bien différent de l'aller mais tout aussi appréciable, retour en 30 pensées rapides sur la partie, la grande bataille tactique, nos joueurs qui ont brillé, les Bavarois qui pleurent et quelques autres douceurs.

- Comme lors du match aller, l'équipe qui a dominé collectivement, sans pour autant avoir le ballon, n'a finalement pas gagné la partie. Le Bayern avait été meilleur que le PSG au Parc dans l'ensemble, Paris a été meilleur que Munich à l'Allianz Arena et le match nul peut même être vu comme une petite déception vu à quel point l'équipe de Luis Enrique a été en contrôle tout au long de la partie.
- La double confrontation peut finalement être résumée facilement : l'équipe qui a le mieux géré son moins bon match s'est qualifiée. Et à ce petit jeu, la victoire du PSG lors de l'aller a été un coup de maître.
- Alors que la remontée du Bayern au match aller a pu apparaître comme le moment qui allait coûter cher au PSG en vue du retour à Munich, ce sont finalement les 15 minutes de temps de jeu précédentes qui ont vu Paris passer trois buts au Bayern qui ont fait basculer la confrontation. Depuis ce trou, les Bavarois ont dû courir après le score et n'y sont finalement jamais parvenus.
- Sur l'ensemble de la double confrontation, Munich n'a été en position de qualifié potentiel que durant les sept petites minutes du match aller entre le penalty de Harry Kane (0-1, 17e) et l'égalisation rageusement arrachée par Kvaratskhelia (1-1, 24e). Au contraire, Paris a été dans le fauteuil de futur finaliste pendant plus des trois quarts de la confrontation.
- Au milieu des innombrables plaintes liées à l'arbitrage des joueurs et dirigeants du Bayern, on notera tout de même cette phrase très vraie de Manuel Neuer : « Nous n'avons pas créé de grosses occasions ».
- Manuel Neuer joueur le plus décisif du Bayern sur ce match retour, est-ce la faute de l'arbitre ? Ou vaut-il mieux se cacher derrière cette mauvaise excuse ?
- Qu'il eût été drôle que Neves marque de la tête quelques secondes à peine après sa fameuse main dans la surface. Uli Hoeness aurait-il enfin réussi à devenir plus rouge que le maillot de son équipe ?
- Une pensée émue pour l'équipe merchandising du Bayern qui s'est dit que c'était une bonne idée de lancer le nouveau maillot un soir de match contre les Champions d'Europe en titre. Le lancement a dû être excellent !
- Trois buts d'écart à l'aller contre Chelsea, pareil au retour à Stamford Bridge, deux buts d'avance à l'aller contre Liverpool, idem au retour, un but de marge contre le Bayern à l'aller, et... Harry Kane qui ne peut pas s'empêcher de montrer qu'il n'aime pas la symétrie au retour.
- Dans la lignée du match aller, le Bayern a plutôt dominé au milieu, en témoignent les énormes difficultés des Parisiens à tenir le ballon en seconde période, mais que Paris a été au-dessus dans les deux surfaces cette fois-ci. Le PSG a eu les meilleures occasions et n'a au contraire pratiquement rien laissé aux Allemands avant la 95e minute. Safonov a fait des arrêts, Neuer des miracles.
- Encore une fois, Luis Enrique et son équipe ont proposé une prestation défensive tout bonnement exceptionnelle. Car si le Bayern ne s'est pas créé de grosses occasions, c'est précisément car Paris a superbement défendu. Pratiquement aucun centre n'a pu être repris, presque aucune position de frappe facile n'a été donnée et le Bayern n'a jamais vraiment su mettre hors de position la défense parisienne, à l'image de ce qu'avait fait Paris à Liverpool après la pause au tour précédent.
- Si c'est évidemment son jeu au pied et cette fameuse recherche de touches qui restera dans les mémoires, Matvey Safonov est passé à quelques secondes d'enchaîner un troisième clean sheet consécutif à l'extérieur en ayant pourtant joué sur les terrains de Chelsea, Liverpool et du Bayern, face à des équipes pensées pour attaquer puisqu'elles devaient marquer pour égaliser sur la double confrontation.
- Luis Enrique avait superbement menti en conférence de presse d'avant-match en annonçant le même match qu'à l'aller. Son équipe était beaucoup plus prête défensivement, même si le plan de jeu n'avait pas énormément varié dans le fond avec beaucoup de marquage individuel notamment. Mais l'analyse faite de l'aller a été parfaite et les corrections, individuelles comme collectives, ont été excellentes et ont permis de retourner le rapport de force en faveur du PSG.
- Ce qui fait aussi la différence entre les deux équipes est la qualité des individualités du PSG face au but. Si Kane a tenu son rang et converti sa seule vraie occasion du match, comment ne pas repenser à Musiala qui tire pratiquement sur Safonov seul à l'entrée de la surface ?
- Alors que nous étions tous horriblement stressés avant le match, comment les joueurs pouvaient-ils l'être alors que Luis Enrique et son adjoint Rafel Pol arrivent en rigolant sur la pelouse quelques secondes avant le coup d'envoi ? Ce groupe est d'un autre monde.
- Le seul réel ajustement fait par Luis Enrique entre l'aller et le retour, en termes de positionnement, est l'inversion des positions entre Doué et Dembélé sur le front de l'attaque. Dommage de ne pas avoir eu une explication sur ce choix qu'il a remis en cause lui-même dès la mi-temps en inversant de nouveau les deux joueurs.
- Comment ne pas revoir dans le dribble de Désiré Doué le long de la ligne de sortie de but l'action iconique de Karim Benzema sur la pelouse de Vicente Calderon un soir de mai 2017, là aussi en demi-finale de Champions League ? La même situation d'apparence impossible transformée en occasion de but par une alliance de maîtrise technique et de malice en utilisant parfaitement les contours du terrain.
- Il est particulièrement satisfaisant de voir le discret Willian Pacho être élu homme du match. L'Equatorien est une muraille à lui seul mais sa personnalité effacée en fait un des joueurs les plus souvent oubliés des récompenses individuelles. Cette fois-ci, tout le monde a vu.
- Heureusement pour le Bayern que Fabian Ruiz n'avait pas de rythme vu la partie qu'il a envoyée...
- Michael Olise s'était baladé au Parc, il n'avait probablement pas prévu la double lame Nuno Mendes/Fabian Ruiz de ce mercredi. Et quand les deux ont changé de poste, l'ailier du Bayern n'a pas gagné au change avec Hernandez et Beraldo pour limiter son influence. Aux grands joueurs, les grands remèdes.
- João Neves a été à un rien de marquer un troisième but en trois matches contre le Bayern cette saison, encore une fois sur un centre où il surgit de nulle part. Ce n'est même pas une question de duel ou de timing cette fois-ci, mais le Portugais est terriblement malin dans ses déplacements.
- Sur le coup-franc en question, on a d'ailleurs revu l'action du 3-2 contre Manchester City qui avait changé beaucoup de choses. Mais Manuel Neuer n'est pas Ederson dans le but.

- Il est beau de voir Marquinhos, figure du PSG de QSI qui a tout connu, se retrousser les manches et partir au combat comme un jeune premier, à jouer pratiquement arrière droit face à un ailier bien plus rapide que lui. Evidemment que voir tous les attaquants presser entraîne toute l'équipe, mais il est aussi appréciable de voir le capitaine montrer l'exemple de la sorte.
- Warren Zaïre-Emery avait encore cette saison l'âge pour jouer la finale de Youth League qui a eu lieu il y a quelques jours. Ce jeune de 20 ans a heureusement décidé d'être le deuxième meilleur latéral droit de la planète sur ses heures creuses de milieu de terrain.
- João Neves est bien ce footballeur moderne qui allie l'agressivité et le style défensif d'un Gattuso à l'agilité et la technique d'un milieu offensif comme Pablo Aimar, dont Neves dit s'être inspiré. Le milieu total, avec le jeu de tête en plus.
- Joshua Kimmich doit être terriblement pénible sur le terrain pour que même le si fair-play Marquinhos explose ainsi de la sorte au coup de sifflet final
- Que le match de Khvicha Kvaratskhelia est immense sur son côté gauche. Kompany avait décidé d'éviter à Stanisic une deuxième soirée délicate, c'est donc Laimer qui a pris à la place. Le Géorgien parvient pratiquement à faire quelque chose avec chaque ballon reçu, qu'il soit facile ou particulièrement compliqué. L'action où il passe proche du 0-2 est d'ailleurs très parlante puisqu'il convertit un ballon aérien entre trois défenseurs tous plus grands que lui en un face-à-face avec Neuer avec deux touches de balle et un simple déplacement. Tout simplement inarrêtable, ou génial.
- L'enchaînement entre Kvara et Ruiz sur le premier but est un modèle de jeu simple, rapide, efficace mais pourtant terriblement précis techniquement. Kvara reçoit initialement le ballon dos au but et dévie vers Ruiz d'un extérieur du pied droit sans aucun contrôle, ce qui est déjà une prouesse. L'Espagnol lui envoie alors une passe dans l'espace parfaitement dosée qui permet au Géorgien, pas si rapide dans le fond, de garder ce temps d'avance jusqu'au bout. Simplicité, précision, efficacité, il ne restait plus qu'à lever la tête et à conclure. Avec un joueur pareil, évidemment que cela allait finir par une énorme situation, mais la qualité du une-deux au départ est exceptionnelle.
- Une pensée pour l'auditeur du podcast de CulturePSG qui nous a annoncé fièrement avant le match aller qu'il se tatouerait le logo de l'OM sur le torse si Beraldo jouait une minute de la double confrontation. Tu vas être beau sur la plage cet été.
- Il semble évident que ce PSG et ce Bayern Munich vont se recroiser à l'avenir vu la qualité des deux équipes. Messieurs les Bavarois, nous vous proposons de faire comme d'habitude : vous gagnez les matches de poules et nous prenons ceux qui comptent.
Cet article vous a plu ? Partagez le :