A la veille d'un PSG/Metz qu'il a jugé piégeux malgré l'écart au classement, Luis Enrique était en conférence de presse et il a logiquement commenté la partie, mais aussi quelques sujets du moment comme les penaltys ratés du PSG ou la course au titre.
Demain, il s’agit d’un match de championnat intercalé entre deux rendez-vous de Ligue des Champions. Comment comptez-vous l'aborder ? Y aura-t-il une gestion des temps de jeu ?
« On va gérer le match de Metz comme ce qu'il est : un match très important. Il faut mettre la pression sur Lens et gagner les trois points. Je ne me rappelle d’aucun match contre le dernier du classement sans problème. Ce type de matchs est toujours difficile. Il faut savoir changer de compétition et préparer le match, parce qu'on a besoin de gagner les trois points. »
La course au titre s'annonce un peu indécise avec Lens qui justement met la pression. Est-ce que dans ce genre de scénario, une équipe comme Lens, pas forcément habituée à gagner des titres ou à lutter pour ce genre de place, bénéficie d'un petit surplus de motivation par rapport à vous qui avez tout gagné ? La position d'outsider est-elle un petit avantage pour ?
« Il y a trois ou quatre matchs, nous avons parlé avec les joueurs de la difficulté de gagner cette Ligue 1 »
« Je ne sais pas, je ne suis pas sûr... Il faut voir ce qu'il va se passer dans les prochaines semaines. Mais ce qu'ils ont montré, c'est qu’ils sont une vraie équipe. Ils ont gagné beaucoup de matchs, c'est incroyable le nombre de matchs qu'ils ont gagnés. Ils méritent d'en être là. C'est, pour nous, motivant. Il y a trois ou quatre matchs, nous avons parlé avec les joueurs de la difficulté de gagner cette ligue parce que nous sommes plus ou moins sur la même trajectoire que l’année dernière mais eux se sont beaucoup améliorés. En ce moment, c’est une motivation pour nous. Il faudra gagner beaucoup de matchs pour remporter ce championnat. »
On a appris dans le point médical du jour qu’Ousmane Dembélé effectuera un travail en salle ces prochains jours. Vous nous disiez après la dernière rencontre que c'était un coup reçu une nouvelle fois à ce mollet gauche. Êtes-vous rassuré de son état de forme et de l'état de cette petite blessure selon le point médical ?
« C'était un coup. je pense qu'on connaît parfaitement les joueurs. Nous avons toujours pour principe de ne prendre aucun risque avec aucun joueur. On cherche à gérer de la meilleure des manières chaque joueur. Mais les blessures font partie du football de haut niveau, il faut le savoir. »
Le fait d'avoir un peu plus de concurrence pour la première place au classement de Ligue 1 modifie-t-il votre management et les turnovers ? L'année dernière, avec de l'avance, vous pouviez faire un peu plus de rotation. Cette saison, est-ce que ça change ou pas ?
« Je pense que ce qui a changé un petit peu ma mentalité cette année par rapport aux deux précédentes, c'est le nombre de blessures que nous avons eues. Je ne peux pas changer beaucoup de joueurs en ce moment. Je pense que cette saison, on a eu en moyenne trois blessures par match. Cela signifie que je ne peux faire de turnover ou de rotation. Mais c’est une condition qui a été clef tout au long de la saison. Cette année, il faut profiter de ça et chercher à gérer ça au mieux. C'est évidemment une condition différente de celle de ces deux dernières années. »
Si on compare cette saison au même moment l'année dernière, vous avez 5 points de moins en championnat, vous êtes toujours en course en Ligue des Champions et vous avez été éliminés en Coupe de France. Quelle est selon vous la principale différence entre cette saison et la précédente ?
« Tout d'abord, c'est toujours difficile de comparer que ce soit deux équipes différentes ou la même équipe lors de saisons différentes. Cette année a été particulière puisqu'on a joué notre premier match pratiquement sans entraînement. Je ne peux pas et je ne veux pas me trouver de quelconques excuses : que ce soit les blessures ou la fatigue ou autre… C'est la situation quand tu es entraîneur ou joueur du PSG et il faut l’affronter. Mais c’est tellement particulier que tu ne peux pas faire de rotation parce qu’il y a trois blessures par match en moyenne. Je pense que notre équipe a montré de la résilience : il y a deux ans, l’année dernière et cette saison aussi. On peut voir la performance des joueurs de l’équipe et la manière d’affronter les problèmes. Je pense que cette résilience est une qualité très difficile à avoir dans une équipe et nous l’avons. »
Cette semaine footballistique a été marquée par un épisode lors du match Benfica - Real Madrid avec Vinicius Junior [qui s’est plaint d’avoir été insulté de “singe” par le joueur argentin Gianluca Prestianni]. L’avez-vous vu et en avez-vous parlé avec le groupe ? Quel est votre regard sur ça ?
« (Il souffle avant même la fin de la question et fait la moue un moment avant de répondre à contre cœur visiblement) Ce que je peux dire sur ce sujet : c’est rien d’important [NDLR : Il semble plutôt vouloir dire “Ce que je peux dire sur ce sujet n’a aucune importance”]. »
Petit focus sur Vitinha et Warren Zaïre-Emery qui ont beaucoup joué. Vous disiez plus tôt que par rapport aux blessures, c'était très difficile de faire des changements. Pensez-vous que, pour le match de demain, ces deux joueurs pourraient souffler ou n'avez-vous d'autres choix que de les aligner ?
« Chaque fois qu’on a joué contre Metz par le passé, que ce soit à l’extérieur ou à domicile, il y a eu des problèmes »
« Je pense toujours à la même chose : chercher à gérer ça de la meilleure manière… C'est normal, Warren et Vitinha sont ceux qui ont le plus joué. Chaque fois que je les aligne pendant un match, ils jouent et ils jouent très bien donc (je me dis) “continue, continue” parce qu’on a besoin de ce type de performances. Mais c’est vrai, je pense tous les jours à leur donner du repos mais il faut gagner contre Metz. Et chaque fois qu’on a joué contre Metz par le passé, que ce soit à l’extérieur ou à domicile, il y a eu des problèmes. Et demain, il y aura des problèmes. C’est pour ça que même si j’aimerais donner du repos à Warren et Vitinha, ce sera bien sûr difficile. »
La qualité de jeu de votre équipe a un peu baissé cette saison, notamment à cause de l'absence de préparation et de certaines blessures comme celle de Fabian Ruiz. Qu'allez-vous mettre en place pour retrouver un top niveau de jeu ?
« “Top niveau” ? Mais vous avez vu le dernier match ? Top niveau. Ce que vous voulez, et je le comprends, c’est que nous jouions comme au Mondial des clubs en gagnant 4-0 contre toutes les équipes. On a perdu également, contre Botafogo. Mais ce que vous voulez, c’est impossible. Pour moi, cette saison et sur le dernier match [contre Monaco], une équipe qui perd 0-2 après 20 minutes de match et qui est capable de gagner ce match [2-3] de la manière dont on a joué, c’est incroyable. Pour moi, je suis très content, très heureux de ce que j’ai vu dans ce match et aussi du fait que face aux difficultés, l’équipe a continué à jouer, à avoir de la résilience pour chercher à gagner le match. Le match nul à la mi-temps [2-2], c’était incroyable pour moi. Je suis très heureux de ce que j'ai vu et de la manière dont les joueurs gèrent les difficultés. »
Comment expliquez-vous la différence de réussite du PSG entre les séances de tirs au but sur les dernières compétitions où chaque tir ou quasiment finit au fond et les pénaltys en championnat ou en Champions League où la réussite n’est pas la même ?
« C’est vrai qu’il n’y a peut-être pas de spécialiste très défini mais on a beaucoup de joueurs qui peuvent les frapper »
« Ce que je peux dire, c'est que je connais les stats puisque vous me les rappelez tout le temps, surtout si elles sont négatives : après le match, en conférence de presse… Je vous connais, pas de problème, pas de souci. Ce que je peux dire, c’est qu'on a raté des pénaltys et c'est normal. Les tireurs sont des buteurs, c’est normal. On cherche à faire en sorte que l'équipe ait beaucoup de possibilités : beaucoup de joueurs (différents) en ont frappés. On s'est montrés présents dans les moments très difficiles, dans les séances de tirs au but de matchs très importants et on a gagné des finales avec ces (mêmes) joueurs. C’est vrai qu’il n’y a peut-être pas de spécialiste très défini mais on a beaucoup de joueurs qui peuvent les frapper : Vitinha, Ousmane, Désiré Doué, Nuno Mendes, João, Gonçalo Ramos, Kang-In Lee, Hakimi… C’est vrai qu’en ce moment, il y a des petits problèmes mais on va surmonter ça grâce à la qualité de mes joueurs. »
Cela fait plusieurs semaines qu'on n’a plus vu Chevalier comme titulaire de ce Paris Saint-Germain. De ce que vous voyez à l’entraînement; comment se sent-il et comment continue-t-il à progresser dans ce nouveau club pour lui ?
« La mentalité et la manière dont les trois gardiens s’entraînent, c’est très beau, très positif. Ils sont prêts et je ne sais pas ce qui se passera à l'avenir. Je suis très content, et je vous le répète tous les jours, d'avoir trois gardiens de ce niveau. L'équipe a confiance dans les trois. On verra à l'avenir ce qu'il va se passer. »