Le possible report de Lens/PSG continue d'animer l'actualité en cette trêve internationale. Le président lensois Joseph Oughourlian est sorti du silence sur LinkedIn tandis que son directeur général s'est confié dans L'Equipe, dédouanant le PSG tout en mettant la pression sur la LFP.
Le report de Nantes/PSG, la saison passée, avait fait grincer des dents côté nantais, mais ce n'est rien en comparaison de l'indignation lensoise suite à la demande du PSG de reporter le Lens/PSG du 11 avril prochain pour mieux préparer son quart de finale de Champions League contre Liverpool (8 et 14 avril). Pierre Sage a exprimé son désaccord dès vendredi dernier, puis Lens s'est fendu d'un long communiqué lundi soir pour confirmer son envie de ne pas bouger la date de ce match.
Ces dernières heures, le président lensois Joseph Oughourlian, grand opposant de Nasser Al-Khelaïfi, a lui posté un message sur son compte LinkedIn alors que le conseil d'administration de la LFP, qui n'a pas besoin de l'accord de Lens, doit trancher la question du report de Lens/PSG, mais aussi de Brest/Strasbourg, ce jeudi matin.
Oughourlian se fait « peu d'illusions »
« Puissent les échanges être animés lors du prochain CA de la LFP (jeudi). Cela signifierait que, quand il s’agit d’équité, les idées peuvent se confronter… je me fais peu d’illusions ! », a posté le dirigeant lensois, comme pour dire que selon lui, l'affaire était déjà entendue et que la LFP allait accéder à la demande du PSG.
Joseph Oughourlian reproche depuis plus de deux ans à Vincent Labrune, président de la LFP, d'être à la botte de Nasser Al-Khelaïfi et du PSG. Oughourlian et Al-Khelaïfi s'étaient disputés violemment lors des échanges sur les droits TV de la Ligue 1, le premier reprochant au second de privilégier les intérêts de son club et de beIN Sports, au détriment de ceux du football français.
« On n'a rien contre le PSG, ils sont dans leur bon droit de faire cette demande »
Dans L'Equipe du jour, un autre dirigeant lensois s'est exprimé ce mercredi, le directeur général Benjamin Parrot. Et ce dernier a commencé par dédouaner le PSG : « Pour être clair, on n'a rien contre le PSG, ils sont dans leur bon droit de faire cette demande. Mais factuellement, le PSG a fait le choix de la Ligue des champions, comme Canal+, son diffuseur. Maintenant, si la LFP ne défend pas la Ligue 1, qui va la défendre ? Si elle ne défend pas la continuité et le respect de ce qu'est la L1, qui va le faire ? »
Le directeur général lensois soulève aussi une autre question intéressante : « Est-ce que ce même débat aurait lieu si Paris avait 15 points d'avance ? Ils feraient peut-être simplement tourner leur effectif », expose-t-il. Un argument qu'on peut lui retourner. Si Lens insiste pour jouer son match face au PSG le 11 avril, n'est-ce pas parce qu'il sait qu'il va affronter une équipe du PSG qui aura joué trois jours plus tôt un match très exigeant contre Liverpool en Champions League et qui aura forcément le retour, programmé trois jours plus tard, dans un coin de la tête ?
Enfin, à la question de savoir si Lens pourrait aligner son équipe U19 en cas de report du match en guise de protestation, le dirigeant lensois répond clairement : « À cet instant, ça n'a pas du tout été évoqué. On est plus des démocrates que des révolutionnaires, mais si on est perçus comme tel, c'est parce qu'on veut juste faire valoir le bon sens. Tout le monde s'efface parce que la force de l'habitude fait qu'on ne questionne plus. La LFP, généralement, se compare à l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, mais aucune de ces ligues n'a ce fonctionnement. »