Heureux de pouvoir compter sur quasiment tout son groupe, Luis Enrique a affiché sa grande confiance et sa détermination en conférence de presse à la veille de la demi-finale aller PSG/Bayern en Champions League. Voici ses propos en intégralité, retranscrits et traduits par nos soins.
« Le PSG et le Bayern sont les deux meilleures équipes offensives dans cette compétition, en tout cas en termes de buts. Est-ce que cette demi-finale est la promesse d'une double confrontation taillée pour les attaquants ?
« Non, au contraire. S'il y a des équipes qui attaquent très bien, il faut savoir comment défendre et ce sera la clé... Non, la clé sera d'attaquer de la meilleure des manières et de savoir défendre face à ce type d'équipe. Ce qui est clair, c'est que c'est un match attractif pour tous les supporters, avec deux équipes qui sont en train de faire une très bonne saison. »
On parle beaucoup de la montée en puissance du PSG en cette fin de saison. Je sais qu'à court terme, l'objectif est de gagner tous les matches. Mais à quel point cette montée en puissance est planifiée au début de la saison ?
« A l'exception de Ndjantou, tous les autres sont prêts »
« Ce sont des choses très simples. Tous les entraîneurs cherchent à arriver dans la partie finale de la saison dans les meilleures conditions. Là, nous sommes en demi-finale et tous les joueurs sont prêts. A l'exception de Quentin Ndjantou, tous les autres sont prêts. C'est la magie de la Champions League, qui donne une énergie spéciale aux joueurs. Tout le monde veut être là et profiter de ce type d'éliminatoire. C'est très positif pour les entraîneurs. Après, si tu arrives mieux ou pire, ça dépend de beaucoup de choses. Ce n'est pas du hasard. En ce moment, c'est clair que nous sommes dans un très bon moment et on est content que ce soit comme ça. »
Tous les supporters qu'on a croisés aux abords du Campus sont très, très confiants pour cette demi-finale. En gros, le discours c'est qu'il ne peut rien arriver au PSG. Est-ce que vous aussi vous pensez qu'il ne peut rien vous arriver face au Bayern ?
« On mérite d'être là, on est confiants, mais en même temps, on connaît la difficulté de jouer contre le Bayern »
« Ce que montrent normalement les supporters, c'est la confiance qu'ils ont dans l'équipe et c'est positif. Mais pour les personnes professionnelles que nous sommes et comme je l'ai répété lors de tous les derniers éliminatoires, il n'y a pas de favori dans ce type de match. C'était la même chose contre Chelsea ou contre Liverpool, les deux derniers éliminatoires qu'on a joués. Et quand tu arrives dans ce type de match, les petits détails sont importants. Il faut être prêt pour n'importe quel scénario. On mérite d'être là, on est confiants, mais en même temps, on connaît la difficulté de jouer contre le Bayern. »
On l'a dit et répété, le PSG va disputer sa troisième demi-finale consécutive. Est-ce qu'avec cette régularité que le PSG n'avait jamais connue, on peut dire qu'il fait aujourd'hui partie des grands d'Europe comme le Real Madrid ou encore le Bayern Munich ?
« Ça dépend de vous. C'est à vous de dire ça ou pas. Ce que je peux dire, c'est que c'est un vrai plaisir et je pense que c'est très mérité. Si je me rappelle de la première demi-finale qu'on a jouée contre Dortmund, on a frappé six fois au but (il veut dire sur les montants, ndlr). On a tout fait pour arriver à la finale, mais Dortmund a gagné les deux matches. Ils ont mérité d'être là. Et après ça, on est content de ce qu'on a fait. Mais pour être à ce niveau beaucoup de temps, tu as besoin d'être très ambitieux. Je pense qu'on l'est en tant qu'équipe et on veut aller un petit peu plus loin. »
Lors de ces deux matches contre le Bayern, l'enjeu numéro un est évidemment d'aller en finale. Mais il y a un autre enjeu qui est plus dans l'imaginaire de tous les amoureux du foot, c'est la confrontation entre les deux équipes les plus impressionnantes, les plus fortes offensivement sur la saison. Est-ce que pour vous, ça, c'est un enjeu supplémentaire ?
« Si on parle de ce qu'on montre en tant qu'équipe, nous sommes là, au-dessus, il n'y a aucune équipe meilleure que nous »
« Mais il ne s'agit pas seulement des statistiques offensives. Si tu regardes les stats défensives et offensives, nous sommes les deux meilleures équipes d'Europe. Peut-être qu'Arsenal a fait cette saison un incroyable boulot. En termes de régularité, le Bayern est un petit peu devant nous, parce qu'ils ont eu beaucoup de bons résultats, ils ont perdu seulement deux matches. Mais si on parle de ce qu'on montre en tant qu'équipe, nous sommes là (il monte sa main au-dessus de sa tête), au-dessus, il n'y a aucune équipe meilleure que nous. Je l'ai dit quand on ne s'est pas qualifié (directement) après les huit premiers matches de la phase de ligue, je vous le répète, je n'ai vu aucune équipe meilleure que nous. Je pense qu'on a beaucoup de respect pour les autres équipes. On en a eu avant pour Liverpool et Chelsea, et on en a aussi pour le Bayern Munich, qui a beaucoup de joueurs de très haut niveau, un entraîneur qui sait tirer le meilleur de chaque individualité pour former une vraie équipe. Et je pense que c'est une demi-finale passionnante. »
Il y a quelques incertitudes au milieu entre Vitinha, Zaïre-Emery, Ruiz. Qu'est-ce qui vous fera prendre la décision pour les trois joueurs que vous allez aligner au milieu ?
« Quel que soit le joueur, tout le monde est prêt »
« La loterie, demain, ce sera la loterie ! Je ferai comme ça (il mime de tourner les boules d'un loto). Tout le monde est prêt. Je suis très content. Quel que soit le joueur, tout le monde est prêt. Et ça veut dire que demain, je ferai comme d'habitude en choisissant les meilleurs joueurs pour démarrer le match. Mais attention, pour gagner cette demi-finale, on va avoir besoin de tous les joueurs qui peuvent jouer. Et sur ce point, je pense qu'on est plus que prêts. »
On a beaucoup parlé du domaine offensif pour le Bayern Munich. Ils ont deux ailiers très offensifs avec Luis Diaz et Olise. Est-ce que ça peut changer un peu la manière de jouer d'Hakimi et de Nuno Mendes, qui eux aussi sont très offensifs normalement ? Est-ce qu'ils peuvent rester un peu plus défensifs pour ce match-là ?
« Qu'est-ce que tu en penses ? »
Que vous n'allez pas changer.
« Tu penses qu'on a gagné la Champions League avec Nuno et Hakimi en défense ? »
« Ah ! (il rigole) Tu penses qu'on a gagné la Champions League l'année dernière avec Nuno et Hakimi en défense ? Bien sûr qu'ils doivent défendre et même très bien défendre, parce qu'il y a ce type de joueurs face à eux. Mais il faut plus attaquer que défendre si nous voulons gagner. Et demain, on va essayer de le faire. Mais on connaît cette difficulté et il faut savoir défendre. Mais on n'a pas à négocier, on veut gagner ce premier match et on veut gagner le deuxième. Quel que soit le résultat du premier. »
Vous l'avez dit précédemment, les joueurs sont très motivés au moment d'aborder ces gros rendez-vous. Comment vous fonctionnez quand c'est comme ça ? Est-ce que quand il y a des gros matches qui arrivent, est-ce que vous faites des causeries plus courtes, plus longues ? Ou est-ce que vous laissez quand même une part d'autogestion à votre groupe ?
« Ce sont les matches les plus faciles à gérer en tant qu'entraîneur »
« Aujourd'hui, c'est Rafel Pol qui a fait la causerie, comme d'habitude. Ça dépend de ce que nous cherchons. Mais le travail de l'entraîneur, c'est plus. Quand tu joues contre une équipe qui n'est pas motivante, et je ne veux dire aucun nom... Quand tu joues une demi-finale de Champions League, il ne faut pas d'entraîneur (pour motiver son équipe). Je peux même aller à la maison, tout le monde est prêt, tout le monde sait ce que nous devons faire, parce que nous l'avons fait les trois dernières années. Ce sont les matches les plus faciles à gérer en tant qu'entraîneur. C'est vrai qu'il faut avoir un entraîneur pour calmer. Au lieu de motiver et de chercher à exciter, il faut au contraire calmer, relâcher, voir les choses que nous faisons bien et rester calme. Il s'agît plutôt de trouver le bon équilibre. »
Vous avez un peu parlé de Vincent Kompany, c'est un jeune entraîneur qui est en train de se révéler au haut niveau. Quel regard vous portez sur lui ? Et nous en France, on a une tendresse particulière pour Michael Olise du côté du Bayern. Qu'est-ce que vous pensez de ce joueur ? Est-ce que c'est un joueur qui vous plaît ?
« J'aime tous les joueurs du Bayern Munich, pas seulement Olise »
« J'aime tous les joueurs du Bayern Munich, pas seulement Olise. Ils sont individuellement de très haut niveau, tous internationaux et en tant qu'équipe, ils ont montré leur niveau. Vincent Kompany, c'est un entraîneur de très haut niveau. Il a montré ça en Angleterre. Il est entraîneur du Bayern Munich depuis deux ans et on a vu dès le début quel type d'équipe il voulait, la difficulté que c'était de jouer contre eux. C'est une des équipes que j'aime le plus voir, parce qu'ils jouent tout le temps en attaque avec un nombre de buts incroyable. C'est très joli de voir ce type d'équipe. Et j'aime normalement tous les entraîneurs, mais spécialement les entraîneurs offensifs. Et il est sans aucun doute l'un d'eux. »
Place à une question en anglais. Luis Enrique répond en anglais.
Vous avez vraiment fait un gros parcours jusqu'à présent. Qu'est-ce que vous pensez qu'il faut pour gagner une deuxième Champions League ? Qu'est-ce qui est différent dans votre équipe par rapport à l'année dernière ?
« C'est différent parce que la première, c'était vraiment un soulagement de la gagner. Maintenant, c'est une autre histoire. C'est une motivation parce que rentrer dans l'histoire, c'était grand, mais maintenant, on a faim. On est excités aussi. On est vraiment enthousiastes de jouer ce match, de jouer ces deux matches. Et on a vraiment hâte de jouer demain. »
Un journaliste brésilien pose ensuite une question en français. Luis Enrique répond en français.
Marquinhos a joué 12 fois en Ligue 1 cette saison et demain, ce sera son 13e match en Champions League. Pourquoi Marquinhos a joué plus la Ligue des Champions que la Ligue 1 ?
« Parce qu'on a besoin de tous les joueurs pour chercher à être compétitif dans les deux compétitions qu'il reste. Et il faut savoir gérer la charge des minutes. Normalement, quand nous prenons ce type de décision, ça veut dire qu'on a contrôlé individuellement chaque cas. Et Marquinhos, c'est un joueur de très haut niveau, avec beaucoup d'expérience. Il est le capitaine, c' est un joueur très important pour nous. Et chercher à trouver la meilleure version de Marquinhos dans les moments et dans les matches plus importants, je pense que ça a été clair pour nous. Je pense qu'on a apprécié ça pendant la saison et je pense que Marquinhos aussi. »
Une question maintenant d'un journaliste mexicain, en anglais. Luis Enrique répond en anglais.
On parle beaucoup de l'importance de la présence de Vitinha demain. Qui est selon vous l'âme du Bayern ?
« Kimmich, Olise, Luis Diaz, Laimer, Upamecano, Tah, Neuer, Stanisic... Tout le monde, ils sont tous importants. Quand on parle de ces gros matches, on parle des individualités, mais c'est une grande erreur. Que ce soit pour le PSG ou le Bayern, c'est l'équipe avant tout. Évidemment, il y a des joueurs incroyables. Ce sont les stars, mais l'équipe est la clé. Et je pense que les deux équipes sont des exemples de ce que je suis en train d'expliquer. »
Enfin, une dernière question en espagnol. Luis Enrique répond dans sa langue natale.
Nous parlions plus tôt avec Kvara du fait qu'on commençait à l'appeler Kvaradona ici en France, comme c'était déjà le cas lorsqu'il jouait à Naples. Vous aussi vous l'appelez comme ça ?
« Kvaradona, mais aussi d'autres noms. Je lui donne plein de noms. C'est un surnom très original et très sympa qui lui a été donné à Naples. Et c'est toujours très sympa de se souvenir de Maradona, d'une ville comme Naples et d'un club comme le Napoli. Et oui, pour en revenir à Kvaradona, on plaisante souvent sur les surnoms. Kvara est un joueur très important pour nous, pas seulement pour sa qualité footballistique, mais aussi pour ce qu'il dégage en tant que personne. Et ceci est beaucoup plus important. »